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Les Abbassides tirent leur nom de al-Abbâs, oncle de Mahomet, dont ils se veulent les descendants, alors que les Omeyyades n'appartenaient pas à la famille du Prophète. Ils veulent au départ un État plus profondément musulman, où les Iraniens islamisés auront une part égale à celle des Arabes. Au cours de la révolution contre les Omeyyades, leur chef Abû Muslim réunit autour de lui, en plus des Arabes hostiles à la dynastie régnante, des indigènes iraniens, de petites gens, des esclaves enfuis. Il triompha en 750 à la bataille du Grand Zâb, après plus de trois ans de guerre.
Le premier calife abbasside fut Abû al-Abbas, dit as-Saffah (750-754). Ses trois successeurs furent :
Ils eurent à lutter contre de nombreuses oppositions au sein du vaste empire qu'ils héritaient des Omeyyades. Ils perdirent très vite l'Occident : dès 756 l'Espagne se donna un prince omeyyade. Au Maghreb, des États kharidjites (et autres) se constituèrent. En 800, le califat dut passer un accord avec les Aghlabides, qui régnaient en Tunisie et à Tripoli : ces derniers reconnurent l'autorité de Bagdad en échange de leur autonomie.
Les Abbassides disaient vouloir appliquer l'Islam idéal, préconisant une société sans classes, sous l'autorité d'un chef politico-religieux issu de la famille du Prophète. Les juges ou cadis (qâdî) furent nommés par le calife; ils devaient appliquer la sharîa (loi religieuse). Dans un cadre moins religieux, un vizir (wasîr) fut chargé de réorganiser l'administration. Il y avait en effet de nombreux fonctionnaires, divisés grosso modo en deux clans de secrétaires (kuttâb) : les chrétiens nestoriens, liés au sunnisme et défenseurs de l'autorité du calife ; les musulmans chiites, souhaitant au contraire affaiblir le souverain.
Autre pilier de l'État : l'armée, composée de Khorassaniens fidèles au souverain, mais aussi d'Arabes souvent moins fidèles, notamment ceux des régions proches des frontières.
Au fil des siècles, le pouvoir des califes s'affaiblit peu à peu, victime notamment des affrontements constants entre sunnites et chiites, mais aussi de nombreuses révoltes. Les derniers califes abbassides étaient plus des suzerains que des souverains. En s'emparant de Bagdad le 10 février 1258, les Mongols mirent fin à la dynastie et exécutèrent le dernier calife, Mustasim. Les survivants du massacre furent accueillis en Égypte, où ils perpétuèrent symboliquement la dynastie abbasside.
Califes Abbassides de Bagdad
Califes Abbassides du Caire