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Les adaptations de l'alphabet arabe à d'autres langues sont très nombreuses. C'est en effet le deuxième système d'écriture segmentale utilisé dans le monde après l'alphabet latin. En effet, l'arabe et son alphabet ne sont pas seulement la langue et l'écriture d'un peuple mais aussi d'une religion, l'Islam. La majorité des pays conquis autrefois par des peuples arabophones puis convertis à l'Islam ont utilisé, ou utilisent encore, son alphabet. Celui-ci, cependant, étant un abjad, il n'est pas forcément adapté à la phonologie des langues qui ont décidé de s'en servir, lesquelles ne sont pas non plus systématiquement sémitiques. Il a donc fallu procéder à des adaptations, surtout réalisées par l'adjonction de diacritiques (des points le plus souvent) sur des lettres existant déjà. Dans nombre de pays concernés, l'arabe étant resté une langue liturgique pratiquée, il a donc existé une double utilisation de l'alphabet :
| Table of contents |
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2 Dialectes berbères 3 Langues persanes 4 Langues indiennes 5 Langues turques 6 Articles connexes |
La création de nouvelles lettres dans nombre de langues non sémitiques montre une démarche rationnelle s'appuyant sur des connaissances parfois précises en phonétique : l'arabe, par exemple, ne possède pas de son [g], qui est la version sonore du son [k] (c'est-à-dire un [k] accompagné de résonances glotales) ; [k] est lui-même écrit kāf ككك ك en arabe, langue où il représente un phonème à part entière (consulter « prononciation de l'arabe »). Le persan, qui possède un [g], a juste adapté la lettre kāf pour transcrire la variante sonore : گگگ گ. D'autre part, des lettres arabes notant des phonèmes absents dans la langue empruntant l'alphabet ont naturellement servi à noter des sons proches que ne connaît pas l'arabe : le wāʾ و [w] note [v] en turc ottoman, langue qui ignore [w].
Le principal problème rencontré pour l'adaptation de l'alphabet arabe reste le fait qu'il s'agit d'un abjad, qui ne note donc pas les voyelles ; or, si la structure grammaticale de l'arabe permet de les restituer, ce n'est pas le cas dans les autres langues. Les moyens choisis pour pallier cette difficulté sont nombreux : création de nouvelles lettres, utilisation de matres lectionis (consonnes notant l'allongement des voyelles) ou encore de lettres arabes « inutiles » pour la langue empruntrice sont parmi les procédés les plus courants. Beaucoup d'ambiguïtés, cependant, subsistent.
Enfin, la langue sacrée étant l'arabe du Coran, les lettres « inutiles » ont été conservées afin de permettre la notation exacte des textes religieux et de termes y liés, sans pour autant que celles-ci soient prononcées comme en arabe : dans la majorité des langues non sémitiques, il n'existe pas de consonnes emphatiques ; celles-ci sont donc réalisées comme des simples : c'est le cas en ourdou, où le ṭāʾ ططط ط (arabe [t̙ˤ]) vaut simplement [t], et en persan où le ḥāʾ ححح ح [ħ] est prononcé [h] (ou rien). En sorte, l'alphabet arabe utilisé dans d'autres langues est souvent redondant.
Cet article ne donne pas les alphabets complets pour chaque langue mais se contente d'indiquer les principales innovations et les différences les plus frappantes. Le détail est bien sûr plus complexe.
Principales innovations :
Introduction
Les graphies sont à lire comme suit : chaque lettre est notée d'abord sous sa forme indépendante puis répétée trois fois, afin de faire apparaître les formes initiale, médiane et finale. Les lettres indiquées seules ne changent pas de forme ou ne sont jamais liées à la lettre qui suit. Les transcriptions phonétiques suivent les usages de l'API. Les caractères Unicode utilisés n'étant pas des plus fréquents, certaines polices ne les contiennent pas, d'autres ne savent pas les afficher en contexte ; dans ce dernier cas, l'affichage pourrait laisser croire, à tort, qu'ils ne se lient pas dans l'écriture. Enfin, est indiquée en italique la transcription traditionnelle quand celle-ci s'éloigne de la transcription phonétique.Dialectes berbères
[À compléter]Langues persanes
Le langues concernées sont le persan, le pastho, le kurde et le baloutchi, toutes langues indo-européennes. Le persan est un modèle de départ duquel se sont inspirées les autres langues.Persan
Principales innovations :
Pashto
Principales innovations :
Kurde
En Turquie, le kurde s'écrit aussi en caractères latins ; dans les pays de l'ancienne Union Soviétique, en cyrillique. L'alphabet arabe reste une écriture littéraire et religieuse.
Toutes les voyelles sont notées.Baloutchi
[À compléter]Langues indiennes
Le sindhi, l'ourdou, la kâshmîrî et la panjâbî (principalement au Pakistan pour ces trois dernières) utilisent l'alphabet arabe. Le cas de l'ourdou est notable : avec le hindî, ils ne forment qu'une seule et même langue, à part quelques divergences lexicales (arabismes et persianismes en ourdou, sanskritismes en hindî) ; leur principale différence réside seulement dans leur écriture. L'alphabet arabe utilisé pour l'ourdou est adapté de la variante persane.Sindhi
La variante utilisée pour cette langue ne suit pas entièrement le modèle ourdou. Elle ne montre pas une grande régularité dans l'emploi des diacritiques (les aspirées, à cet égard, sont représentatives : elles peuvent être notées par des lettres diacritées simples ou des digrammes).
Ourdou (nastaʿlīq)
Principales innovations :
Note : afin d'éviter les confusions entre le h d'aspiration des consonnes et un [h] indépendant, il est d'usage de garder à la forme ھ le statut de lettre d'aspiration, tandis que le h indépendant se trace ﮨ à l'initiale (on peut aussi employer le caractère normal), ﮩ en position médiane. Ainsi, پھول phūl, « fleur » s'écrit avec un h d'aspiration, mais ہے hai (ou هے), « (il) est », et یہاں yahāṃ, « ici », prennent un h indépendant ;
Kâshmîrî
Le modèle est celui de l'ourdou ; la notation des voyelles, cependant, est beaucoup plus précise, sachant que les brèves ne sont souvent que des diacritiques. De fait, elles ne sont écrites que dans un texte entièrement vocalisé.Panjâbî (shahmukhi )
[À compléter]Langues turques
Avant que Mustafa Kemal Atatürk ne déclare, le 28 novembre 1928, que le turc s'écrirait au moyen de l'alphabet latin, celle-ci l'était depuis des siècles au moyen des caractères arabes, suivant un modèle proche du persan ; on parle alors du « turc ottoman » (osmanlı türkçe). D'autres langues turques parlées par des peuples musulmans ont elles aussi autrefois (ou encore) utilisé l'alphabet arabe.Turc ottoman
La transcription donnée est en fait l'orthographe turque actuelle en caractères latins.Articles connexes