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Art Martial japonais essentiellement défensif.
L′aïkido (合気道) est un budo (art martial japonais), fondé par Morihei Ueshiba au cours du XXe siècle, entre 1930 et 1960, mais basé sur des écoles d'arts martiaux bien plus anciennes (essentiellement le jujustu de l'école Daïto ryu et l'escrime ou kenjutsu). Il est le résultat de la volonté de Maître Ueshiba de rendre l'étude des arts martiaux accessible au plus grand nombre. Le premier Dôjô créé par Maître Ueshiba s'appelle l'Aïkikaï et se trouve à Tokyo, dans le quartier de Shinjuku. Morihei Ueshiba est fréquemment surnommé O senseï (littéralement "grand professeur") par les pratiquants, en raison de la maîtrise qu'il avait des arts martiaux.
La forme actuelle de l'aïkido doit beaucoup à Kisshomaru Ueshiba, le premier doshu (référent mondial pour la pratique) et fils du créateur. En effet, l'aïkido était essentiellement enseigné sous la forme d'une expérience, par la pratique. Cette manière d'enseigner, typique de écoles traditionnelles (ryu), était peu adapté à la mentalité moderne et à la volonté de diffusion internationale. Kisshomaru fit donc un grand travail de "verbalisation", en mettant en place une nomenclature des techniques et en mettant en avant la transmission verbale en plus de la démonstration par l'exemple.
En parallèle, la volonté d'un enseignement traditionnel s'est développé. En adéquation avec l’esprit dans lequel est né et s’est développé l’aïkido de Maître Ueshiba, nombre d’enseignants internationaux se sont regroupés en fondant ISTA (International School of Traditional Aïkido), une structure sans cadres, ni dirigeants. Lieu d’échange autour d’un aïkido authentique, ISTA est le seul endroit où, comme cela s’est toujours déroulé au Japon, il n’y a aucune autorité administrative au-dessus du professeur. ISTA se place dans un courant radicalement différent de celui proposé dans les structures fédérales existantes : elle suit, sans en dévier, la voie tracée par O Sensei.
L'aïkido se compose, pour l'essentiel, de techniques de défense à mains nues utilisant la force, ou plutôt l'agressivité et la volonté de nuire, d'un adversaire. Ces techniques visent non pas à vaincre l'adversaire, mais à réduire sa tentative d'agression à néant.
L'aïkido peut être considéré comme la concrétisation du concept de légitime défense : une réaction proportionnée et immédiate à une agression. En fait, dans l'esprit de l'aïkido, il n'y a pas de combat, puisque celui-ci se termine au moment même où il commence. Conformément à cette logique, il n'existe pas de compétition d'aïkido.
Le terme aïkido (aikidô en japonais) est composé de 3 kanji signifiant:
L’aïkido est pratiqué par des femmes et des hommes de toutes tailles et âges. C’est l'un des arts martiaux les plus difficiles et plusieurs années de pratique sont nécessaires pour être capable de se défendre. D’après certains maîtres, l’auto-défense n'est de toute manière pas un but dans l'aïkido.
L’aïkido traditionnel rejette la compétition. On le pratique pour lui-même. L'emphase est mise sur le développement du corps, de la pensée et de l'esprit (dans un sens spirituel) jusqu'à ce qu'une harmonie parfaite soit atteinte. Pendant les cours, les élèves observent le maître faire la démonstration d'une technique et travaillent ensuite avec un partenaire pour la répliquer. Ils améliorent ainsi leur technique et leur compréhension de l'art. Le mouvement, le positionnement, la précision et le timing sont tous des aspects importants dans l'exécution des techniques. Les élèves gagnent également en souplesse et adaptation en les appliquant.
Les aïkidokas s'entraînent ensemble comme partenaires. L'« attaquant » (uke, également appelé aïte dans [3]) déclenche une attaque contre le « défenseur » (tori, également appelé shi dans [1]), qui la neutralise avec une technique d'aïkido. En pratique, la personne uke attaque tori quatre fois (deux fois de chaque côté : droite et gauche alternativement) puis ils échangent les rôles pour 4 nouvelles attaques et ainsi de suite.
Les attaques de l’aïkido comprennent des coups et des prises standards :
La plupart des techniques peuvent se pratiquer de deux manières : en passant devant uke (la forme s'appelle omote) ou bien en passant derrière uke (la forme s'appelle alors ura).
C'est le mouvement des hanches (goshi) de tori qui constitue le principal moteur des techniques, que ce soit pour s'approcher (irimi, "entrer") ou pour tourner (tenkan). En effet, les hanches sont mues par les jambes, qui sont les muscles les plus puissants du corps ; le reste du corps (torse, bras) ne sert qu'à relier les hanches à uke à celles de tori pour leur transmettre le mouvement et provoquer la chute. Dans la symbolique japonaise, c'est le seika tanden (le "centre des énergies", situé dans le ventre hara, donc associé aux hanches) de tori qui est le centre du mouvement. Tous les mouvements ont donc une combinaison irimi-tenkan. La rotation (tenkan) est parfois appelée taï sabaki (rotation du corps) ou goshi sabaki (rotation des hanches, puisque le mouvement du corps est en fait le mouvement des hanches).
Les Japonais vivent beaucoup assis à même le sol, ils ont donc développé les techniques pour pouvoir faire face à une attaque alors qu'ils sont assis. Les mouvements peuvent donc se faire lorsque les deux partenaires sont debout (tachi waza), lorsque les deux partenaires sont assis (suwari waza), ou bien lorsque uke (l'attaquant) est debout et tori (le défenseur) est assis (hanmihandachi waza) — assis signifie en fait à genou, dans
la position dite seiza lorsque le dessus du pied est au sol ou kiza lorsque l'on s'appuie sur les orteils. L'aïkido comporte des techniques de déplacement à genou (shikko), en reportant les efforts (le poids du corps) sur les orteils afin d'éviter les chocs lorsque les genoux se posent au sol.
L'aïkido insiste sur le fait que, alors que tori exécute la défense aïkido et sort théoriquement "vainqueur" de chaque rencontre, uke gagne aussi en expérience en suivant correctement la technique, en étant répétitivement "projeté" ou amené au sol et subissant une clé (gain en souplesse dans ce dernier cas). Par ailleurs, la participation active de uke est indispensable pour que tori puisse exécuter la technique, en fournissant la poussée (l'attaque) initiale. Uke doit rester actif en permanence et toujours garder une attitude martiale, comme s'il cherchait en permanence une faille pour frapper ou retourner la situation ; la tentative d'échapper à l'action de tori est d'ailleurs le moteur de certains mouvements, comme irimi nage (uke est amené vers le sol en pivotant, et lorsqu'il essaie de se rétablir, tori utilise ce mouvement pour le projeter en arrière, s'il n'essayait pas de se rétablir, uke serait en bien plus mauvaise posture puisque dans l'impossibilité de parer un atemi). Dans une rencontre réelle, l'aïkidoka expérimenté doit être capable de se remettre en garde instantanément après avoir été projeté.
Il n'y a en fait qu'un nombre réduit de techniques, mais chaque technique peut se faire à partir d'une prise ou d'un coup différent de la part de uke, en omote ou en ura, debout ou assis... ainsi, le nombre de situation est en fait énorme, sans compter la possibilité, à haut niveau, de changer de technique en cours de route, ou bien de retourner la situation (uke reprend l'avantage et devient tori).
Exemple
La technique fondamentale ikkyo — littéralement "premier principe"— est une clef de bras (levier articulaire) permettant d'amener uke au sol en contrôlant le poignet et en faisant faire un arc de cercle au coude en direction de la tête. Les mains de tori effectuent un mouvement de coupe de sabre.
Ikkyo peut se faire :
Ikkyo donc peut se décliner en
L'aïkido se base sur le principe de « l'harmonie des énergies ». D'un point de vue martial, ceci peut se comprendre de deux manières :
Morihei Ueshiba était aussi un adepte de la secte shintoïste Omoto-kyo. Une de ses intention, en fondant l'aïkido, était de promouvoir la paix et l'harmonie entre les êtres, afin de créer une société meilleure. Le terme "harmonie des énergies" renvoit donc également à une conception de la société ou les gens coopéreraient entre eux plutôt que de s'affronter. Dans sa dimension mystique la plus extrême, il considérait l'aïkido comme une prière gestuelle, semblable aux mudra bouddhiques, associé à une prière vocale, le kotodama (voir plus bas).
En plus des techniques à main nues, l'aïkido comporte l'études d'armes en bois : le sabre ou bokken qui s'utilise sans la garde (tsuba), le bâton court ou jo et le couteau ou tanto. Le but n'est pas de savoir combattre avec ces armes, mais plutôt d'apprendre à évaluer les distances entre partenaires (ma aï), et de travailler l'attitude (shisei) : se tenir droit, ramener ses mains sur son axe, direction de coupe... Cet apprentissage facilite la pratique à mains nues.
En effet, de nombreux mouvements sont dérivés des techniques utilisées par les guerriers armés, ou bien des techniques utilisées pour désarmer l'adversaire. De plus, la visualisation d'un mouvement avec un sabre donne une conception plus claire du mouvement à effectuer. En fait, les techniques de sabre ont eues une grande importance dans l'élaboration de l'aïkido par Ueshiba, avec notamment le concept de tegatana (littéralement "main-sabre") ; dans de nombreux mouvements, les mains effectuent une "coupe de sabre".
L'apprentissage se fait sous la forme de kata : on exécute des mouvements normalisés, seuls ou à deux, simulant des situations de combat stéréotypées.
La pratique du bokken s'appelle l′aikiken, la pratique du jo s'appelle l′aikijo, la pratique à mains nues s'appelle parfois le taïjutsu (littéralement "technique corporelle").
La tenue de base est le keikogi (vêtement d'entraînement), appelé à tort "kimono". Il s'agit du même qu'en judo (judogi). Il se compose d'une veste et d'un pantalon en coton blanc. La veste est fermée par une ceinture (obi) ; il n'y a pas de couleur en aïkido, on passe directement de la ceinture blanche à la ceinture noire. À partir du 3è kyu (équivalent de la ceinture verte au judo) ou du premier kyu (équivalent à la ceinture marron) selon les clubs, on est autorisé à porter le hakama, une sorte de pantalon flottant noir ou bleu foncé.
Comme tous les budo modernes, le débutant se voit attribuer le grade 6è kyu, puis progresse jusqu'au 1er kyu. Les passages de grade kyu se font au dojo (lieu de pratique) par le professeur lui-même. Puis, le pratiquant passe le 1er dan, le grade le plus élevé étant le 10è dan. Les passages de dan se font devant une commission fédérale, voir même en France inter-fédérale FFAB/FFAAA.
Il n'existe en aïkido que deux couleurs de ceinture : blanc et noir. On porte la ceinture blanche du 6è au 1er kyu, puis la ceinture noire à partir du 1er dan. Le professeur autorise le port du hakama lorsqu'il juge que le pratiquant sait sufisamment bien chuter. Selon les dojo, cela se fait au 3è ou au 1er kyu.
Il est à noter que la ceinture noire n'est pas une marque de maîtrise, le 1er dan est un... étudiant qui a acquis les bases. C'est à partir du 1er dan que commence vraiment la pratique de l'aïkido.
Le pratiquant ayant le grade le plus élevé en France est Tamura senseï, 8è dan ; c'est le représentant de l'Aïkikaï pour l'Europe.
En France, la pratique de l'aïkido est silencieuse. Cependant, dans l'enseignement de Morihei Ueshiba, l'exécution des mouvement s'accompagne de l'articulation de sons par les participants. On ne le pratique habituellement pas du fait de la complexité, il faut en effet coordonner les mouvements et la parole, ce qui ne peut se concevoir qu'avec une très bonne maîtrise des techniques.
Dans la tradition japonaise, les dieux (kami) inspirent l'esprit des hommes par des mots, et en prononçant ces mots inspirés par les kami, on fait se concrétiser les concepts ; c'est le kotodama (ou kototama), que l'on pourrait traduire par "mots-âmes" ou "paroles sacrées". Ce concept se rapproche des mantra bouddhiques. En fait, les cinquante "sons" (syllabes) utilisés en japonais sont considérés comme étant chacun un kami.
Voici ce qu'en dit Gérard Blaize dans son article "Les mots de l'âme" [2] :
Voici ce qu'en dit Morihei Ueshiba lui-même [1, p27] :
On notera l'évocation de "la respiration du ciel et de la Terre" (ten chi kokyu), récurrente dans les écrits de Ueshiba. Cela peut se comprendre par : unir la volonté (l'esprit, le "ciel") au ventre (le centre de l'énergie, "la Terre"). D'un point de vue pratique, cela peut se ramener à un contrôle de la respiration, qui permet de ne pas s'essouffler, d'économiser son énergie, et d'avoir une meilleure efficacité des mouvements. Cette synchronisation entre le mouvement et le souffle se cultive notamment dans les exercices respiratoires, de circulation du ki (voir plus haut).
Il existe deux fédérations d'Aikido en France.
[1] Budo Renshu, Morihei Ueshiba (1933) ; édité en français sous le titre Techniques de budo en aïkido, trad. C. Tsuji et G. Blaize, éd. Guy Trédaniel Editeur (1998)
[2] Aïkido et aïkibudo, hors série n°19 de Karaté-Bushido (mai-juin 2003), éd. Européenne de Magazines SA
[3] Manuel du pratiquant, éd. FFAB (32p, gratuit)
[4] Leçons d'aïkido, F. Ceresa, éd. de Vecchi, 2000
La pratique à mains nues
Il y a généralement trois parties dans une défense aïkido :
Les clefs de bras (ou armlock en anglais) sont des torsions pouvant amener jusqu'à la luxation (déboîtement de l'articulation), et qui créent une douleur vive si l'on essaie de résister.
Ikkyo (premier principe) : levier articulaire permettant d'amener le partenaire au sol, tori contrôle le poignet et le coude, et effectue un mouvement de coupe de sabre
Ikkyo : forme omote (devant) et ura (derrière)
Morihei Ueshiba nommait cette richesse, cette possibilité de « création infinie », takemusu aiki.Harmonie des énergies (principe aïki)
Pour cultiver cette notion de transmission de l'énergie , on pratique en début ou en fin de séance des exercices respiratoires. Dans la symbolique taoïste, ces exercices sont là pour mettre en mouvement l'énergie vitale (le ki, qui signifie aussi le souffle) ; on retrouve des concepts similaires avec le qi chinois, notamment dans le taiji quan.La pratique des armes
La tenue
Les grades
Les sons en aïkido (kotodama)
« à un geste fixé correspond un son. Par exemple, un son quand la main monte, un autre quand elle descend vers le sol, un autre quand elle décrit un cercle etc. [...]
en général, une technique d'aïkido est constituée par l'enchaînement de plusieurs gestes. Il faut donc combiner dans une seule technique les sons et les gestes qui correspondent ; ce qui offre beaucoup de risques d'erreur. »
« Dans le bujutsu (techniques guerrières) il y a les cris : ei-ya-to-ha etc. Ce ne sont pas seulement ces quatre cris ; il y a autant de cris que de mots que les Japonais peuvent sortir.
L'important est qu'avec la respiration du ciel et de la terre, la voix, le cœur (kokoro) et le rythme s'unifient  ; cela devient le kotodama ; ce dernier devient une arme qui sort et de plus cela doit s'unifier avec le corps. [...]
On coupe avec le son ei - on reçoit avec le son ya - on s'écarte avec le son do. »Voir aussi
Liens externes
Pour l'enseignement de l'Aïkido traditionnel:
Dans les pays francophones :
Site de l'Aikikai Hombu Dojo
Bibliographie