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Le guerrier
En 1556, il succède à son père Humayun à la tête du petit royaume musulman que ce dernier a regagné à la fin de sa vie après son exil en Perse. Il est âgé alors de 14 ans et son tuteur Bairam Khân va assurer sa régence. Grâce à son aide et celle de ses troupes, Akbar remporte, la même année, la bataille de Pânipat sur les troupes au service des Afghans du Bihar.
Il décide en 1560 de se libérer de la tutelle de Bairam Khân et met fin à sa régence. Ce dernier n'ayant pas accepté son éviction se rebelle, mais est rapidement écrasé. Dorénavant, Akbar règne en maître incontesté sur le nord de l'Inde.
Akbar agrandit son empire en faisant la conquête du Goujerat en 1573, du Bengale en 1576, du Sind en 1590, de l'Orissa en 1592 et du Balouchîstân en 1594. Au décès de son frère Hakîm, roi de Kaboul, en 1585, il hérite du Cachemire. Il se lance ensuite à la conquête du sud de l'Inde
Le réformateur et mécène
Illettré, il fait montre d'un grand talent d'administrateur et continue le travail de réorganisation commencé par Sher Shah Suri, qui avait chassé son père hors de l'Inde. Il divise son territoire en 15 provinces, avec à la tête de chacune un gouverneur militaire, le Nawâb Nazîm, et un administrateur civil, le Dîwân qui en contrôle les finances. Il établit un impôt sur les terres agricoles correspondant au tiers de la valeur de la récolte. Tolérant en matière de religion, il abolit, en 1563, la jiziya, l'impôt levé en terre d'Islam sur les non-musulmans, les taxes sur les pèlerinages, épouse une princesse hindouee et accueille des hindous dans son administration et ses armées, ce qui lui entraînera des alliance avec les royaumes Rajpoutes.
Bien que musulman, mais il met en doute l'origine divine du Coran, et recherche un syncrétisme, comme le poète Kabîr 150 ans auparavant, qui lui semble plus près d'une religion vraie. Pour ce faire, il rassemble autour de lui des représentants de diverses religions, envoyant même chercher des jésuites à Goa. De ces recherches, il tire, en 1581, une religion appelée Dîn-i-Ilâhî ou religion de la lumière, qui tente d'unifier le Coran, la Bible et les textes hindous. Il autorise à nouveau la construction de temples hindous mais interdit la satî, le suicide des veuves.
Pour fêter sa victoire sur le Goujerat, il ordonne la construction (1569-1576)d'une nouvelle capitale à Fatehpur Sikri, près de Agra, où il fait créer un nouveau style architectural mélangeant les influences musulmanes et hindoues. Elle sera abandonné en 1586 au profit de Lahore, plus près de régions instables. Il attire des peintres en miniatures persans.
Les dernières années du règne d'Akbar sont marquées par les rebellions fréquentes de son fils Salim, le futur empereur Jahangir. Il meurt à Âgrâ le 27 octobre 1605 de dysenterie et un superbe mausolée en marbre blanc et grès rouge élevé par son fils à Sikandra au nord-ouest de la ville, recueille sa dépouille. Sa tombe sera profanée par les Jâts, des agriculteurs révoltés, et ses restes dispersés.
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