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Vers 1240-1241, il découvre à Paris, où il est venu enseigner, les traductions des textes grecs et arabes et commence à travailler sur Aristote et son commentateur arabe Averroès. Nommé maître de l’Université de Paris en 1245, il a pour disciple Thomas d’Aquin. Puis il retourne à Cologne, où il est chargé de fonder l’École supérieure de théologie qu’il dirige jusqu’en 1254. En 1259, il structure avec Thomas d'Aquin les études des Prêcheurs, en les ouvrant aux philosophies nouvelles. Il poursuit son enseignement de ville en ville (Würzbourg, Strasbourg, Cologne) et revient à Paris, vers 1276-1277, pour tenter d’apaiser l’hostilité des théologiens de l’université contre les philosophies grecque et arabe.
Il laisse une œuvre savante d’une grande ampleur, particulièrement brillante dans les domaines des sciences naturelles, de la philosophie et de la théologie.
Conçus sur le modèle de l’encyclopédie d’Aristote, ses traités de sciences naturelles condensent les textes grecs et latins commentés et complétés par les Arabes (dans les domaines de l’astronomie, des mathématiques, de la médecine) ; mais Albert ajoute ses propres critiques et observations. Il prône l’expérience, n’hésitant pas à interroger lui-même les spécialistes. Ainsi son traité Des Animaux est composé de dix-neuf livres rapportant les données antiques et de sept livres qui sont les fruits de ses observations et de ses enquêtes auprès de chasseurs, fauconniers, baleiniers... Il classe plus de quatre cents espèces végétales (Des Végétaux). S’autorisant à critiquer Aristote, il corrige chaque fois qu’il le juge utile les erreurs de l’héritage antique.
Son œuvre philosophique est très importante : ses paraphrases d’Aristote et d’Averroès ont été des vecteurs de diffusion en Occident des philosophies grecques et arabes, qu’il a été le premier savant chrétien (vite relayé par son disciple Thomas d’Aquin) à faire entrer dans la doctrine chrétienne. S’il a fait preuve de moins d’originalité dans son œuvre théologique, les divers commentaires des Evangiles, des Sentences de Pierre Lombard, des prophètes, portent cependant sa marque.
Canonisé en 1931, il est proclamé patron des savants chrétiens en 1941. Il est compté parmi les Docteurs de l'Église.
Albert distingue clairement les questions que l’on peut résoudre à l’aide de la raison et les questions de foi qui se fondent sur la révélation.
Il en va ainsi pour la question de l’éternité du monde, à laquelle on ne peut répondre philosophiquement. En effet, toutes les questions qui relèvent de la raison doivent pouvoir être résolues par un examen rationnel.
L’être et l’existence de toute chose sont causés par Dieu. Dieu est la vérité et le bien suprêmes. Par conséquent, tout savoir et toute action doivent tendre vers lui pour s'accomplir.
Albert professe, contre Averroès, l’immortalité de l’âme individuelle. L’intellect actif fait partie de l’âme, il est le principe qui produit la forme dans l’homme. Il est différent dans chaque homme pris individuellement, mais comme émanation de la création divine, il participe de l’universel et rend ainsi possible l’universalité de la connaissance objective.
L’âme est un tout qui contient en soi différentes puissances, telles que les facultés végétative, sensitive et rationnelle.
Dans sa cosmologie, Albert fait découler la création hiérarchisée des intelligences de l’intellect divin qui pénètre toutes les sphères célestes, l’esprit humain et enfin la matière terrestre. Les réalités originelles que Dieu a produites au commencement de la création sont les suivantes: