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L'altermondialisation ou altermondialisme se définit comme la recherche d'un autre monde possible. Le terme, forgé à la fin des années 1990, désigne une forme de contestation politique apparue au début de cette décennie visant principalement l'OMC, initialement appellée anti-mondialisation .
| Table of contents |
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2 fond idéologique 3 critique de l'altermondialisme 4 Voir aussi 5 Liens externes |
Les manifestations de Seattle en 1999 contre l'OMC ont en quelque sorte lancé le mouvement des manifestations massives altermondialistes.
Le rassemblement de Gênes en 2001, contre le sommet du G8 a vu la mort d'un manifestant tué par balle par la police italienne.
En novembre 2002, s'est tenu le 1er Forum Social Européen à Florence, et 450.000 à 1 million de personnes ont défilé contre la guerre en Irak et pour un autre monde.
L'alter-mondialisation regroupe des personnes d'horizons divers, des nationalistes qui regrettent la perte d'influence des États-nations voire le délitement de l'idée elle-même, des démocrates qui promeuvent plus de démocratie au niveau mondial, des collectivistes laissés orphelins par la perte de crédibilité du communisme, des anarchistes etc.
Pour cette raison, cette nouvelle mouvance est souvent appelée le mouvement des mouvements.
Le mouvement des mouvements jouerait sur la multiplicité des luttes et des stratégies, et sa force serait de reposer sur le réseau. Cette nouvelle forme de contestation rompt avec les stratégies syndicales traditionnelles.
Les altermondialistes (ou plus courtement : "alter") mettent en avant les thèmes de la lutte contre la guerre, la pollution, la pauvreté et tout spécialement dans les pays les plus pauvres, les fascismes, etc. Leur spécificité est de faire un lien avec ce qu'ils appellent le néolibéralisme, qui apparait de fait comme leur principale cible.
Pour les altermondialistes, abolir les barrières commerciales et faire jouer la concurrence dans les pays dont l'économie est en état d'indigence face aux puissantes sociétés multinationales, c'est prétendre que le pot de terre peut se défendre contre le pot de fer. Le développement des pays les plus pauvres passerait par leur laisser la possibilité de mettre en place des réglementations y compris douaniéres, comme l'ont fait selon eux d'autres pays pendant leur "décollage", pour protéger leurs industries naissantes (y compris alimentaire) contre les industries en place dans les autres pays plus développés.
Ils critiquent également des règles trop favorables à la "propriété intellectuelle" en matière industrielle (mais pas en matière culturelle, au contraire !). Ils dénoncent aussi le pillage que représente le brevettage de matériel génétique traditionnel, et le crime que représente le prix trop élevé de médicaments.
Pour défendre une diversité culturelle importante, ils sont prêts à défendre un certain cloisonnement national qui leur parait nécessaire (c'est dans cette nécessité que réside le point majeur).
Souvent, les altermondialistes estiment que la pauvreté a fortement progressé avec le développement des échanges et la libéralisation.
Certains altermondialistes plus modérés, comme oxfam, ne luttent pas catégoriquement contre l'OMC, dont ils disent reconnaître le potentiel bénéfique. Son fonctionnement intérieur est par exemple doté d'un système plus démocratique que celui de la Banque mondiale. Seulement, ils critiquent les pays industrialisés qui non seulement ne travaillent pas à combler les failles démocratiques et juridiques de ce système, mais en plus en profitent à outrance.
Le point de vue altermondialiste est maintenant également répandu parmi les dirigeants des PMA, ainsi que certains l'ont exprimé dans la déclaration de Dhaka.
Les altermondialstes ont également des propositions indépendante de l'OMC. Ils soutiennent des idées comme celles d'une démocratie mondiale, d'une taxation mondiale notamment sur les transactions financières (taxe Tobin), et promeuvent un commerce basé plus sur la tradition et la file d'attente que sur l'adaptation des prix (commerce dit "équitable" : le consommateur cesse de mettre en concurrence les producteurs sur les prix, il en choisit arbitrairement un auquel il assure un revenu "équitable").
Ce mouvement fait face à un certain nombre de contre-critiques.
Les premières portent sur l'appréciation des faits. Ainsi, les statistiques mondiales montrent un recul de la pauvreté et de sa manifestation la plus symptomatique : la faim. Et ce, ausi bien en terme relatif (part de la population touchée) qu'en terme absolu (nombre de personnes, revenu de ces personnes). Ce qui vide de sa substance l'appréciation d'une responsabilité de la libéralisation dans une paupérisation imaginaire.
Selon d'autres critiques, le mouvement altermondialiste manque de cohérence dans ses objectifs, et les vues des différents membres sont fondamentalement contradictoires. En effet, d'un côté les altermondialistes tiennent un discours alarmiste sur l'impact dans les pays développés (le chômage, la perte d'industries, etc.) des délocalisations, alors que de l'autre, ils prétendent défendre les pays les plus pauvres. Or, en matière de lutte contre la misère dans le Tiers-Monde, l'OMC cherche à abolir les barrières commerciales protectionnistes mises en place par les nations développées.
D'autres critiques mettent en avant les exemples significatifs de l'Inde et de la Chine, et plus généralement de tous les pays qui ont décollé : loin d'être consécutifs à une forte ingérence politique dans l'économie (avec protectionnisme, investissements publics, caisse de "stabilisation", etc.), tous ces décollages ont été observés avec la mise en place de politiques de libéralisation économique, moindre interventionnisme, désarmement douanier, etc. Comme pour la pauvreté, la thèse qu'une part importante de la population resterait exclue de ces progrès ne résiste pas à la confrontation avec la réalité, et au demeurant une telle exclusion partielle ne serait pas un motif justifiant un statu quo pour tous.
Sur le plan culturel, deux critiques des thèses alter-mondialistes existent. Selon la première, l'ouverture des frontières est féconde, propice à l'émergence de cultures nouvelles, et le protectionnisme culturel ne conduit à qu'à une fossilisation de la culture au détriment de la culture vivante ; selon la seconde, si la liberalisation unifiait la culture mondiale ce serait plutôt une bonne chose, car des disparitions culturelles (langues, coutumes, etc.) sont finalement plus à souhaiter qu'à regretter.
Plus généralement, les libéraux estiment que toute ingérence politique est moralement injuste, culturellement nuisible, et économiquement contre-productive, car les bonnes intentions politiques ne feraient qu'engendrer certains maux (corruption, prévarication, déplacement de la lutte du terrain économique vers le terrain électoral puis militaire, etc.), et que la question des relations internationales ne fait pas exception. Ils estiment en général que les altermondialistes n'ont en fait rien à proposer d'autre qu'un nouvel avatar du communisme, à l'échelle mondial cette fois, qui sera aussi désastreux que ses manifestations locales déjà expérimentées.
historique et structure
fond idéologique
critique de l'OMC
autres propositions
critique de l'altermondialisme
Voir aussi
Liens externes