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En d'autre termes, le militant anarcho-syndicaliste pose le syndicat comme forme naturelle d'organisation des classes ouvrières et paysannes, et refuse le principe de parti, d'association ou de regroupement corporatiste. Le syndicat est la structure qui permet aux classes opprimées de s'organiser à la base et de mener la lutte selon les choix des individus regroupés en collectif et non selon des directives données par un bureau politique (en d'autre termes, du bas vers le haut et non du haut vers le bas).
Un court historique:
Apparu vers la fin du XIXe siècle, l'anarcho-syndicalisme a écrit certaines des pages essentielles de l'histoire du mouvement ouvrier. Ainsi, il est l'un des courants fondateurs de la CGT française de la fin du XIXe siècle et du début du vingtième, à travers ses théoriciens comme Emile Pouget (rédacteur en chef de la revue Le père peinard) ou Fernand Pelloutier. Il restera un des courants importants du syndicalisme français, jusqu'à ce que le parti communiste français des années 1930, alors en pleine montée en puissance, décide de prendre le contrôle de la CGT. Il en résultera une scission et la création par les militants anarcho-syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires d'une éphémère CGT-SR (syndicaliste révolutionnaire), pourtant forte en 1936 de plus d'un million d'adhérents. La CGT-SR ne survivra pas à la deuxième guerre mondiale, ses adhérents rejoignant la CGT en 1945, préparant la fondation de Force ouvrière ou créant la CNT française (Confédération Nationale du Travail).
Mais l'heure de gloire de l'anarcho-syndicalisme est espagnole: c'est en 1936, lors de l'insurrection des militaires franquistes et des milices d'extrême-droite que la CNT espagnole, confédération anarchosyndicaliste forte de deux millions d'adhérents, lance un vaste mouvement de collectivisation des terres et des industries dans les zones qu'elle contrôle. Les militants de la CNT sont parmi les premiers à se rendre au front et à donner un coup d'arrêt à l'avancée des troupes franquistes, côte à côte avec les soldats restés fidèles à la république et des militants marxistes. La suite de la guerre verra l'affaiblissement de la CNT face aux manoeuvres hégémoniques d'un parti communiste stalinien, et la fin de la guerre en 1938 verra une répression brutale s'abattre sur les militants espagnols, pour beaucoup contraints de se réfugier en france. Ces derniers formeront la base des maquis anarchistes du sud de la france, et seront à l'origine de la création en 1945 de la CNT française.
Confrontés à l'omniprésence de militants marxistes dans les milieux syndicaux, l'anarcho-syndicalisme n'arrivera jamais à retrouver l'influence idéologique dont il jouissait au début du siècle; quoique ces dernières années on assiste à un retour en force des idéologies autogestionnaires, anti-autoritaires et anti-capitalistes dans les discours militants.
pratiques et idéologie de l'anarcho-syndicalisme:
Les militants anarcho-syndicalistes ont théorisé nombre de pratiques syndicales. S'ils ont beaucoup théorisé sur la grève générale comme moyen pour la classe ouvrière de se réapproprier ses outils de production, ils ont aussi popularisé l'action directe (occupations, piquets de grève) et le sabotage (refus de produire des marchandises de qualité, et boycott par les prolétaires des produits en question) comme moyen d'action.
Prônant l'anti-autoritarisme et le libre choix des travailleurs en lutte quant aux modalités de l'organisation et du suivi des conflits, et refusant toute idée d'état, fut-il prolétarien, les anarcho-syndicalistes (et les anarchistes en général) se sont très souvent trouvé férocement opposés aux militants d'obédiance marxiste.
Les anarcho-syndicalistes sont organisés au niveau international au sein de l'Association Internationale des Travailleurs (AIT).
Voir aussi : anarcho-communisme, communisme libertaire, anarchisme, libertaire, communisme, syndicalisme-révolutionnaire, extrême gauche, Résistance, socialisme, autogestion, syndicalisme, Bakounine, Daniel Guérin, Fédération Anarchiste.