Apostasie

Utilisé au Moyen Âge en latin ecclésiastique, le mot apostasie désigne au départ le fait de renoncer au christianisme. Par la suite, on l'a appliqué à d'autres religions. Il est emprunté au grec, langue dans laquelle il signifie abandon. Le latin ecclésiastique est également à l'origine du mot apostat, qui s'est notamment appliqué à un empereur romain du IVe siècle.

Table of contents
1 Julien l'Apostat
2 Religion
3 Articles connexes
4 Lire aussi

Julien l'Apostat

Brève biographie

L'empereur
Julien dit l'Apostat (331-363) doit son nom à sa tentative de restaurer la religion hellénistique dans l'empire romain. Il a produit des écrits critiques contre le christianisme qui, malgré certains excès, restent des documents sans équivalent (sauf peut-être le Discours Vrai de Celse), et décrivent les modes de fonctionnement de l'Église chrétienne des premiers siècles suivant les conciles. Ses écrits sont régulièrement réédités.

Neveu de Constantin Ier, il est appelé à régner en 361, après 18 ans de captivité ou de régime étroitement surveillé. Il avait été envoyé à Athènes pour étudier. Il voyait cette promotion en César d'Occident comme fastidieuse et dangreuse comme il en témoigne :

« Je ne dois pas omettre de raconter ici comment j'ai consenti et choisi de vivre sous le même toit que ceux dont je savais qu'ils avaient miné toute ma famille, et dont je soupçonnais qu'il ne leur faudrait pas beaucoup de temps avant de comploter contre moi. J'ai versé des torrents de larmes, j'ai poussé des gémissements. J'ai tendu les mains vers votre Acropole, quand je reçus l'appel, et j'ai prié Athéna de sauver son suppliant, de ne pas l'abandonner. Beaucoup d'entre vous m'ont vu et en sont témoins. La déesse même, plus que quiconque, sait que je lui ai demandé de me faire mourir à Athènes plutôt que de me laisser faire ce voyage. Or, la déesse n'a pas trahi ni abandonné son suppliant ; elle l'a montré par des faits. Car partout elle m'a guidé, et de tous côtés elle m'a entouré d'anges gardiens que le Soleil et la Lune lui avait accordés." »

« Tu es prêt à flatter et à aduler par crainte de mourir ! Mais il t'est possible de tout laisser tomber et de laisser les dieux agir comme ils veulent, en leur confiant le soin de s'occuper de toi, comme Socrate par exemple jugeait à propos de faire. Tu peux faire, dans la mesure du possible, ce qui dépend de toi, mais tu peux faire dépendre des dieux toute l'affaire. Ne cherche pas à acquérir ni à ravir quoi que ce soit, mais reçois en toute sécurité ce qu'ils te donnent. » (Lettre aur Athéniens, 274d-275b, 276c-277a).

Il doit donc affronter Constance. Il le vainc mais ne règne que 20 mois. Son Édit de Tolérance par lequel il rend leur salaire aux prêtres des dieux païens à égalité avec les clercs chrétiens l'a rendu célèbre. Il « congédie la nombreuse armée d'espions, d'agents et de délateurs, que Constance avait enrôlés pour assurer le repos d'un seul homme, aux dépens de celui de tous les citoyens de l'empire. » Il se montre infatigable souverain, juge, législateur, administmteur et correspondant. Il meurt en défenant l'empire contre les Perses

Le philosophe

« Que personne ne me vienne diviser la philosophie en plusieurs parties, ou la découper en plusieurs morceaux, ou plutôt en créer plusieurs à partir d'une seule ! La vérité est une, et semblablement la philosophie est une, il n'y a pas lieu de s'étonner, cependant, si nous suivons tous d'autres chemins pour l'atteindre. Imaginons un étranger ou, par Zeus, un citoyen de jadis désirant retourner à Athènes. Il pouvait y aller en bateau ou à pied. S'il voyageait par terre, il pouvait se servir, à mon avis, des larges voies publiques, des sentiers ou des raccourcis. En naviguant, il pouvait longer les côtes, ou encore faire comme le vieillard de Pylos (7) et traverser la haute mer. Qu'on ne vienne pas m'objecter que certains de ces voyageurs se sont égarés et qu'arrivés quelque part ailleurs, appâtés par Circé ou par les Lotophages, c'est-à-dire par le plaisir, par l'opinion ou par autre chose, ils ont négligé de poursuivre leur route et d'atteindre leur but. Qu'on examine plutôt les protagonistes de chaque secte, et on découvrira que tout s'accorde. » (Discours, VI, 184c-185a)

Dans son traité Contre les Galiléens, Julien s'en prend surtout aux païens convertis, dont le nombre avait vite dépassé celui des chrétiens juifs.

En fait, Julien a été nommé L'Apostat par les historiens chrétiens ultérieurs parce qu'il avait été éduqué dans le christianisme arien par Eusèbe de Césarée. Il se rebella et devint un philosophe néo-platonicien. Son genre de production littéraire est semblable à celui des néo-platoniciens.

Religion

Christianisme

Voir relaps

Evangélicalisme

D'une façon générale, les églises fondamentalistes considèrent apostates les églises établies, cosidérant qu'elles ont abandonné les fondamentaux.

Ce type d'accusation est uniforme dans le Calvinisme Marginal de part et d'autre de l'Atlantique. Traiter d'apostat les autres chrétiens est donc enseigné ; les courants évangélicalistes fonctionnent à partir de traductions d'argumentaires comme on le voit dans l'exemple ci-dessus.

Catholicisme

Défini par la bulle papale Gratia Divina, l'apostasie est le reniement de la foi et des principes de la foi catholique, des valeurs bibliques et évangéliques, des dogmes et des traditions et articles de foi reconnus par la sainte Église et les Sacrés Conciles, les enseignements des Pères de l'Église et les enseignements ordinaires du magistère.

Islam

« Ceux qui ne croient pas et qui meurent mécréants, il ne sera jamais accepté d'aucun d'eux de se racheter même si pour cela il [donnait] le contenu, en or, de la terre. Ils auront un châtiment douloureux, et ils n'auront point de secoureurs. »
Voir aussi : le délit d'apostasie en Islam

Toutefois, il faut distinguer Ridda et Irtidâd

Les guerres de Ridda

Ridda signifie le rejet mais aussi la sécession. Reste à savoir ce que rejetaient ceux qui firent l'objet des Guerres de Ridda racontées dans la littératures des expéditions.

Selon Abu Miknaf mort en 774, une partie des tribus confédérées par la Constitution de Médine refusaient l'impôt qu'il s'agisse de la saquât (dîme) ou de la sadaqât (aumône) qui étaient des tributs obligatoires. Ainsi, au Yemen Wâqidî rapporte :

Par Dieu ! Nous voici devenus les esclaves des Quraysh. Ils prenent ce qu'ils veulent de nos biens. Par Dieu ! Que plus jamais Quraysh ne puissse convoiter nos biens désormais.

On comprend donc, dans ce cas de figure, l'interprétation en apostasie du rejet de l'impôt (revendication sociale) est une reconstruction de l'histoire destinée à justifier la guerre de conquête ou le maintien d'une colonisation de fait.

La compréhension sécession se rencontre dans les guerres menées par Abu Bakr qui sont systématiquement menées contre les leadrs charismatiques classés par les tribus comme devins, prophètes et poètes, tels que la poétesse et prophetesse Sajâh que la litterrature des Expéditions et des Conquêtes classe en imposteurs.

Cet aspect est évident dans le cas de la confédération des Bâni Hanifa, sous la direction de Musalayma, qui regroupe des tribus monothéistes plus anciennes honorant un Dieu qu'elles nomment Al Rahman, le Miséricordieux. Cette appelation d'étymologie araméenne conduit à penser nombre de chercheurs qu'il s'agit là de groupes chrétiens monosphysites pré-nicéens.

Ces tribus devront faire allégeance et Tabäri raconte leur sort de la façon suivante :

« Kâlid Ibn al Walid avait livré au feu des gens qui appartenaient à la Ridda. Omar dit alors à Abu Bakr "Vas-tu laisser faire celui-ci qui se permet d'infliger un châtiment qui est réservé à Dieu ?" Abu Bakr lui répondit : "Je ne rengainerai pas un sabre que Dieu a dégainé contre les païens (mushrikîn). »

On comprend donc que la raison de la guerre est la concurrence d'une autre confédération rivale. Le récit en lutte contre l'apostasie est une réécriture visant à justifier la guerre.

Irtidâd

Etymologiquement, c'est le retour en arrière.

Elle signifie le détournement délibéré, sans contrainte aucune, du Musulman, mature et conscient, de l'Islam vers la dénégation. Cette définition est aussi bien valable pour l'homme que pour la femme.

On comprend alors les difficultés des personnes d'éducation musulmanes qui décident d'embrasser une autre religion. La plupart choisissent l'exil.

Le 15 juillet 1998 Mekki Kuku est emprisonné au Khartoum et attend un jugement d’une charge d'apostasie d'Islam au Christianisme. Le Soudan condamne à mort ceux qui « abandonnent l’Islam. » Voir bahaïsme

Exception de marranisme

Un Musulman qui renie l'Islam sous contrainte n'est pas un apostat, tant que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi. Ainsi, `Ammâr Ibn Yâsir fut contraint malgré lui de renier l'Islam. Dieu révéla alors à son sujet :

« Quiconque a renié Dieu après avoir cru... - sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi - mais ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à la mécréance, ceux-là ont sur eux une colère de Dieu et ils ont un châtiment terrible. »

Articles connexes

Lire aussi