|
|
![]() |
par Philippe de Champaigne |
Armand Jean du Plessis, cardinal-duc de Richelieu, prélat et homme d'État français, ministre de Louis XIII. Né à Paris le 9 septembre 1585, il meurt le 4 décembre 1642. Il était d'une maison noble du Poitou, et avait pour père François du Plessis, capitaine des gardes de Henri IV.
Destiné à une carrière militaire, il se trouva dans l'obligation en 1605 de se tourner vers une carrière religieuse, son frère Alphonse Louis du Plessis ayant refusé l'évêché de Luçon pour rentrer à la Grande Chartreuse, afin de ne pas perdre les avantages familiaux.
Il commença ses études de théologie en 1605, pour être nommé évêque de Luçon le 18 décembre 1606 par le roi Henri IV. Il reçut le 14 avril 1607 l'investiture canonique par le pape à Rome et arriva à Luçon le 15 décembre 1609.
En 1614, il se fait élire député du clergé poitevin aux États Généraux devant se tenir à Paris. Il se fait alors élire porte parole de l'assemblée. En présence de la régente Marie de Médicis, il y fait l'éloge du gouvernement dans son dicours de clôture le 23 février 1615.
Il est nommé par Marie de Médicis en novembre 1615 Grand Aumônier auprès de la future reine Anne d'Autriche. Ce poste lui permet de siéger au Conseil du Roi en 1616 pendant cinq mois comme secrétaire d'État pour l'Intérieur et la Guerre .
L'assassinat de Concino Concini, favori de Marie de Médicis dont Louis XIII est l'instigateur entraîne la mise à l'écart de celle-ci de l'entourage du roi. Richelieu suivit en 1617 la Reine Mère à Blois , alors en disgrâce, après il fut confiné dans son évêché.
Chargé de négocier un accommodement entre la mère et le fils, il réussit à rapprocher Louis XIII et Marie de Médicis, acquérant une réputation de fin négociateur et fit conclure les traités d'Angoulême (1620) et d'Angers (1621) : le chapeau de cardinal lui fut donné en récompense le 5 septembre 1622. Il sera intronisé à Lyon le 12 décembre de cette même année.
Le 29 avril 1624, il rentra au Cconseil du Roi par la protection de la Reine Mère, Marie de Medicis, et presque malgré Louis XIII qui se méfiait de lui. Arrivé au pouvoir, il forma trois grandes entreprises qu'il ne perdit jamais de vue : détruire la puissance politique du protestantisme en France, abattre l'orgueil et l'esprit factieux de la noblesse, et abaisser la maison d'Autriche. Se noua alors entre le jeune roi et Richelieu une grande confiance.
Dirigeant d'abord ses efforts contre les protestants, il leur enleva en 1628, leur dernier boulevard, La Rochelle et anéantit leur puissance par la paix d'Alais et l'édit de Nîmes (1629), qui leur enlevaient leurs privilèges politiques.
Dans le même temps, il replaçait sous la domination française la vallée de la Valteline, un nœud de communications essentielles en Europe, que l'Espagne lui disputait (1626), assurait au duc de Nevers le duché de Mantoue et le Montferrat en forçant le Pas de Suze (1629), s'emparait des États du duc de Savoie (1630), et se préparait à combattre l'Autriche. Prenant part dans ce but à la guerre de Trente Ans, il ne craignit pas de soutenir les princes protestants allemands et s'unit à Gustave-Adolphe, roi de Suède, dans ses efforts contre les Habsbourg.
Ce qui coûta le plus de peine à Richelieu, ce furent ses luttes contre les Grands : il eut à déjouer mille cabales, intrigues et complots. Il avait beaucoup d'ennemis, dont le plus important après Marie de Médecis était Gaston d'Orléans, le frère du roi. Ne pouvant réussir auprès du roi, les Grands cherchèrent un appui à l'étranger et suscitèrent plusieurs révoltes. On tenta à plusieurs reprises d'assassiner le cardinal.
Pour soumettre les Grands du royaume et leur faire respecter les décisions royales qu'ils ont pris l'habitude au mieux d'ignorer, il n'hésitera pas à faire exécuter quelques conspirateurs tels Montmorency, Chalais ou encore Cinq Mars.
Sous Richelieu, il y eut un fort mouvement vers l'absolutisme. Au Conseil du Roi les grands disparurent, remplacés par des officiers et magistrats de petite naissance. Richelieu interdit les duels et fit raser plus de 2000 châteaux forts qui n'étaient plus utiles à la défense du royaume. Dans les provinces, les assemblées indépendantes furent remplacées ou surveillées par les agents de la couronne. En province, le pouvoir royal contrôla de près les gouverneurs.
Il s'occupa de l'administration intérieure aussi bien que de la direction politique, rétablit l'ordre dans les finances, réforma la législation, créa une marine en 1626 en se donnant le titre de « Grand Maître et Surintendant de la Navigation », donna une grande extension aux établissements coloniaux, fit occuper le Canada, les Petites-Antilles, Saint-Domingue, la Guyane, le Sénégal, etc. ; en outre, il favorisa les lettres et créa l'Académie française (1635).
Ce ministre fut un des plus importants qui aient gouverné la France; il eut de grandes vues et en poursuivit l'exécution avec une persévérance, une fermeté inébranlables, mais on l'accusa de s'être montré implacable et d'avoir quelquefois exercé des vengeances personnelles sous le prétexte des intérêts de l'État.
Il était très impopulaire à sa mort en 1642. Il possédait, à son décès, 20 millions de livres (une des fortunes les plus importantes de l'époque, et dit-on la plus importante de tous les temps en France), et en légua un million et demi au roi, qui mourut quelques mois après lui.