Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud, est un poète français.

Jean Nicolas Arthur Rimbaud naît le 20 octobre 1854 à Charleville, localité où il s'ennuie, dans une famille où le père est très souvent absent et où la mère a des principes.

Il a une scolarité exceptionnelle et une prodigieuse précocité : il rafle tous les prix d'excellence, en littérature, version, thème, et rédige avec virtuosité en latin des poèmes, des élégies, des dialogues.

En 1870, il fait la connaissance de Georges Izambard, un professeur remplaçant en "classe de Rhétorique" (Première actuelle), qui deviendra pour lui un père de substitution, une sorte de rempart contre la "mother"(sa mère castratrice) et surtout un guide sur les chemins de la poésie, car le jeune Arthur s'est "reconnu poète".

De cette époque, nous avons les premiers vers : les Etrennes des Orphelins, Soleil et Chair et Ophélie. L'orientation poétique est alors clairement celle du Parnasse : dans une lettre au représentant de ce mouvement, Théodore de Banville, il affirme vouloir devenir parnassien ou rien.

Ressentant alors très profondément la tragédie de la Commune, l'enfant-poète veut rejoindre Paris. Dans un poème violent L'orgie parisienne ou Paris se repeuple, il dénonce la lâcheté des vainqueurs. A la défaite contre la Prusse en 1871, sa poésie se radicalise encore, devient de plus en plus sarcastique: Vénus Anadyomène, par exemple. L'écriture elle-même se transforme progressivement, Rimbaud en vient à détester la poésie des Parnassiens, et dans la célèbre Lettre à Paul Demeny ou Lettre du Voyant, il affirme son rejet de la "poésie subjective".

C'est également dans cette lettre qu'il expose sa propre quête de la poésie : il veut se faire "voyant", pour un "long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens". C'est ainsi que Rimbaud, l'élève surdoué, refuse de retouner au lycée, fugue et boit de l'absinthe. Appelé par Paul Verlaine à qui il a envoyé quelques poèmes, il commence avec son aîné une vie de vagabondage. Il n'a que dix-sept ans.

Cette liaison tumultueuse se termine par un échec : en 1873, les deux amants sont à Londres. Verlaine quitte brusquement Rimbaud en affirmant vouloir rejoindre sa femme, décidé, si elle n'accepte pas, à se tirer une balle dans la tête. Il réside dans un hôtel à Bruxelles.
Rimbaud le rejoint, persuadé que Verlaine n'aura pas le courage de mettre fin à ses jours. Alors que Rimbaud veut le quitter Verlaine, ivre, tire à deux reprises sur son amant, le blessant légèrement au poignet. Verlaine est incarcéré à Mons, Rimbaud rejoint la ferme familiale de Roche (Ardennes) où il écrit Une saison en enfer.

Une saison en enfer est une biographie hallucinée du parcours de Rimbaud. L'écriture chaotique est sans cesse traversée par une multiplicité de voix intérieures. Rimbaud y crie sa souffrance, son expérience intime : il a compris qu'il ne pouvait "voler le feu" pour lui seul. Une "ardente patience" est indispensable pour que la défaite ne soit pas définitive. Mais vouloir oublier "l'Enfer", c'est trahir l'humanité. Pourtant, dans la solitude atroce de la Ville, la fatigue étreint le jeune poète.
Régulièrement aphasique ou traversé par des cris de haine pour l'Église, pour la société du XIXe siècle qui enferme l'individu, Rimbaud fait part au lecteur de ses échecs : échec amoureux, et l'on peut penser à sa relation avec Verlaine, mais aussi au fait que pour lui, "l'amour est à réinventer". Echec aussi de sa démarche de Voyant : c'est un être qui, seul, a voulu se damner pour retrouver le vrai sens de la poésie.
Les poèmes écrits par la suite, presque toutes ces Illuminations s'achèvent par l'irruption de "la réalité rugueuse à étreindre". Aussi va-t-il se taire, à vingt-et-un ans, parce qu'il a accompli tout ce qui était en son pouvoir, dans le "désert et la nuit" qui l'entourent. Il sait désormais qu'à elle seule, la poésie ne peut changer la vie.

En 1880, il est gérant d'un comptoir commercial en Abyssinie. Il y pratique le commerce de l'ivoire, du café, puis, des armes. En 1891, il se fait rapatrier: une tumeur au genou s'est déclarée et il devra se faire amputer. Il meurt à Marseille le 10 novembre 1891.

Son apport

Pourquoi cette écriture personnelle, cette quête absolue de l'essence de la poésie ont-elles eu autant de retentissement ?
Tout d'abord parce que l'écriture de Rimbaud donne l'exemple universel d'une expérience des limites, chacun ayant au cours de son existence ressenti cette révolte que le poète maudit, larguant toutes les amarres, pousse à son comble alors que l'homme se contente de l'abriter frileusement sous le masque social.

Rimbaud a aussi inventé une langue nouvelle, comme il la souhaitait : de l'âme pour l'âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant (Lettre du voyant). Pas de description minutieuse : une forme, une violence charnelle dans la couleur éclatante. Par ses visions, les êtres, les objets s'animent et s'unissent dans la vie de l'image. Ce nouveau verbe poétique a fait sauter les normes de la civilisation et de la détermination sociale. (voir Art poétique)

Avec lui, la poésie a la couleur de la musique et de la peinture, le mouvement de la danse et du rêve. Il souhaitait que d'horribles travailleurs lui succèdent. Et ils sont venus, les Jarry, les Artaud, les Vitrac et tous les Surréalistes ! Comme Le Bateau ivre, ils ont plongé au fond de l'inconnu, ouvrant la voie à la poésie contemporaine.

Consulter

Le site de Jacques Lemaire: présentation du poète en hypertexte vers les grands thèmes de son œuvre mais aussi l'œuvre intégrale numérisée, un index des titres, une biographie et des illustrations très riches : http://www.poetes.com/rimbaud/



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