Ashoka

Ashoka, Asoka ou Ashokavardhâna, 273 av. J.-C - 232 av. J.-C, fils de Bindusâra, troisième empereur Maurya. Ashoka a régné sur la majeure partie du sous-continent indien, de l'actuel l'Afghanistan jusqu'au Bengale et aussi loin vers le sud que l'actuelle Mysore.

Son accession au trône semble avoir posé problème car il n'est couronné que quatre ans après celle-ci. Après un début de règne très autoritaire, frappé d'horreur suite à sa conquête sanglante du Kalinga, sur la côte est de l'Inde — qui correspond aujourd'hui à l'état de l'Orissa — il aide à la diffusion du bouddhisme. Cependant aucune preuve ne peut attester de sa conversion. Il en sera toutefois un fervent propagandiste et enverra des missionnaires aussi loin que l'île de Ceylan, qui sera convertie par sa fille Sanghamita et son fils — ou frère ˜ Mahinda, cités seulement par les chroniques cinghalaises, mais ignorés des inscriptions indiennes qui ne mentionnent que trois de ses fils, Tvara, Kunala et Jalauka.

La partie suivante de son règne connaît une politique officielle de non violence, l'ahimsa. Il fait alors construire des hôpitaux pour animaux et rénover les routes principales de l'Inde. Il est probablement le grand propagateur du végétarisme dans le pays.

La source de la plupart de notre connaissance sur Ashoka sont les nombreuses inscriptions qu'il a fait graver sur des piliers et des rochers dans tout son empire, majoritairement en langue mâgadhî (un prâkrit) dans l'écriture brâhmî (et parfois en caractères karoshtî), mais aussi en grec et en araméen. Outre que ces inscriptions représentent les premières attestations de la notation par écrit d'une langue indienne et que cette même écriture donnera naissance à tous les semi-syllabaires présents actuellement sur le sol indien (comme la devanâgarî), elles ont favorisé la propagation de l'éthique bouddhiste et ont encouragé la non violence et l'adhésion à la doctrine du dharma, le devoir ou comportement juste. On note aussi l'importance donnée à une langue vulgaire et vernaculaire, un prâkrit, au détriment de la langue « noble » et littéraire, le sanskrit, montrant là un souci d'être compris par le peuple.

Il agrandit sa capitale Pataliputra — l'actuelle Patna — et y fait construire un palais dans la style perse. Il convoque aussi le 3e Concile bouddhique (253 av. J.-C ou 243 av. J.-C).

À la suite du règne éclairé d'Ashoka, la réforme de l'empire Maurya est mise à profit par des envahisseurs, et bientôt il entre en déclin et se fragmente en une multitude de principautés. Jusqu'à la colonisation britannique, environ 2000 ans plus tard, jamais une aussi grande partie du sous-continent ne sera unie sous un même gouvernement.

Reconnaissant son rôle sans précédent dans l'histoire du pays, l'Inde a fait du chapiteau des colonnes d'Ashoka ou lât, un des symboles de la république indienne.

Chapiteau d'Ashoka

Deux décrets extraits des édits d'Ashoka

1er Décret : Autrefois dans les cuisines du roi Piyadassi (autre nom d'Ashoka), le Bien-aimé des Dieux, des centaines de milliers d'animaux étaient tués quotidiennement pour leur viande. Dorénavant, [?], seulement trois animaux seront tués, deux paons et un cerf et le cerf pas de façon régulière. Même ces trois animaux ne le seront plus dans l'avenir.

2e Décret : Partout dans l'empire du Bien-aimé des Dieux, le roi Piyadassi et même dans les royaumes à ses frontières, comme ceux des Chola, Pandya, Satyapoutra, Kéralapoutra aussi bien que dans celui de Ceylan et du roi grec nommé Antiochos et dans ceux des rois qui sont voisins d'Antiochos, partout les deux assistances du Bien-aimé de Dieux, le roi Piyadassi, sont fournis. Celles-ci consistent en soins médicaux pour les hommes et en attention pour les animaux. Les herbes médicinales si utiles pour l'homme ou pour la bête, sont apportées et plantées partout où elles ne poussent pas naturellement ; de la même façon, racines et fruits sont apportés et plantés partout où ils ne poussent pas naturellement. Des puits sont creusés le long de routes et des arbres plantés pour le bien des hommes et des bêtes.

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