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Dans quatre langues indo-européennes (grec, sanskrit, arménien et phrygien), il existe un préfixe flexionnel invariable fonctionnant en paire avec des désinences normales et s'utilisant pour les temps du passé de l'indicatif ; on le nomme augment.
Ainsi, de la même racine *bʰer-, « porter », l'on obtient les formes du passé suivantes (« il portait ») :
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2 Place de l'augment 3 Article connexes |
Fonctionnement
On considère qu'il existe deux formes d'augments : en grec, par exemple, l'imparfait se construit au moyen de l'augment syllabique ἐ- e et des désinences voulues, comme dans ἐ-λάμϐαν-ον e-lámban-on « je prenais » (imparfait de λαμϐάν-ω lambán-ô).
Dans les verbes à initiale vocalique, cependant, l'augment est assyllabique et consiste en un allongement de la première voyelle radicale (on parle d'un augment temporel ; c'est un cas de flexion interne) : ainsi en sanskrit, l'imparfait du verbe aś- « manger » (construit avec un infixe alternant -nā- / -nī-) est āś-nā-m. Dans les faits, la dichotomie augment syllabique / augment temporel est secondaire : à l'origine, il n'existait qu'un augment syllabique. Lorsque le radical verbal commence par une voyelle, c'est par contraction que l'on obtient une voyelle longue (āś-nā-m provient simplement de *a-aś-nā-m).
On ne peut affirmer avec certitude que ce procédé est bien d'origine indo-européenne, vu qu'à part dans ces quatre langues, l'augment n'apparaît nulle part ailleurs. Il est possible de penser que l'augment était à l'origine une particule temporelle, qui s'est adjointe au verbe par univerbation.
Place de l'augment
Point notable : l'augment précède la racine et fonctionne comme un préverbe inséparable. Ainsi, dans un verbe composé, l'augment se place après d'éventuels préfixes. Par exemple :
Classer l'augment parmi les préfixes est un point de vue qui ne remporte pas l'unanimité. Le procédé rappelle d'ailleurs le redoublement, qui soulève le même problème pour les langues indo-européennes.