Australopithèque

Table of contents
1 Definition
2 Les grandes découvertes
3 Le classement

Definition

n. m. pl. Fossiles (datés de 1 million d'années à 4,4 millions d'années) présentant encore des caractères simiens mais dont la lignée aurait évolué vers l'homme.

Les découvertes successives d'ossements dans plusieurs régions d'Afrique, les progrès réalisés dans la lecture des formules chromosomiques et la biologie du développement, qui relie le programme génétique aux modifications de formes des espèces au cours de leur évolution, permettent une meilleure compréhension de l'évolution des singes supérieurs et de l'homme.

L'orang-outan, le gorille, le chimpanzé et l'homme ont cinq chromosomes identiques hérités de leur ancêtre commun, le proconsul. Il y a environ 12 millions d'années, l'orang-outan évolue indépendamment en Asie; l'existence d'un ancêtre commun aux trois autres lignées est prouvée par la présence indiscutable de 11 chromosomes communs et de 7 chromosomes mutés. Il y a 5 millions d'années, le chimpanzé, le gorille et le singe bipède australopithèque (c'est-à-dire le préhumain) s'isolent définitivement pour donner naissance aux espèces actuelles.


Les grandes découvertes

Jusqu'à aujourd'hui, les découvertes de fossiles australopithèques ont eu exclusivement pour cadre l'Afrique. Parmi les lieux les plus significatifs où furent relevées des traces de peuplement portant sur plusieurs centaines de milliers d'années, on notera le haut plateau éthiopien, la région des grands lacs et les hauts plateaux du sud du continent.

Les vestiges les plus nombreux proviennent de Tanzanie : sites d'Olduvai, Laetoli ; d'Éthiopie : vallée de l'Omo, bassin de l'Awash ; et du Kenya : Kanapoï, Logathan, alentours du lac Turkana (Koobi Fora, Ileret, Allia Bay), explorés par Richard Leakey, ainsi que par des équipes kenyo-américaines. La région de l'Afar éthiopien a été le cadre, depuis 1974, de quelques-unes des plus importantes découvertes (par exemple le squelette pratiquement complet d'un individu féminin d'australopithèque, auquel on a donné le nom de Lucy). En 1979, on a mis au jour dans la localité d'Hadar un gisement contenant des morceaux de crâne, des dents, des mandibules, ainsi que des os du bassin et des os longs d'australopithèques datant de 3,6 millions d'années à 4 millions d'années. Non loin de là, dans le bassin du moyen Awash, des équipes françaises et américaines ont retrouvé des restes d'australopithèques tout aussi anciens et des ossements plus récents (de 1,8 millions d'années à 2,6 millions d'années) d'Homo habilis.

Le nombre considérable de débris osseux dont on dispose aujourd'hui a permis de reconstituer, malgré la diversité des éléments, plusieurs individus presque complets ; de plus, la présence de restes de faune et de traces d'installation sur les terrains cités précédemment a autorisé la première reconstitution du mode de vie de nos " cousins éloignés ". Un point sur lequel tous les chercheurs sont désormais unanimes est celui du " statut " de ces hominidés : étroitement apparentés (biologiquement) au genre Homo, ils s'en sont différenciés en donnant naissance à une branche collatérale ; leur évolution est sensible jusqu'à environ 1,5 million d'années, à travers différentes espèces qui, tout en conservant une architecture générale du crâne assez primitive (et, sous certains aspects, encore simienne), ont évolué en acquérant une morphologie corporelle en tous points similaire à celle des espèces contemporaines d'Homo. Les australopithèques possédaient la station debout, marchaient comme l'homme moderne et étaient à même de courir sur leurs deux pieds (contrairement à ce que l'on a pu penser par le passé). Cela a été confirmé par la sensationnelle découverte (1979), près de Laetoli (plaine de Serengeti, en Tanzanie), d'une triple série d'empreintes de pieds d'australopithèques conservées depuis 3,6 à 3,8 millions d'années. La structure des mains des australopithèques est identique à celle des humains, en dehors de l'articulation de la première phalange du pouce, qui ne permet pas tous les mouvements d'une main d'homme moderne (mais qui est quasi identique à celle d'Homo erectus). Ainsi, cette structure analogue témoigne de la possibilité qu'avaient les australopithèques de travailler des objets, même s'ils ne disposaient pas de l'habileté permettant d'exécuter des tressages ou de tailler des pierres ; peut-être est-ce précisément ce qui marque une des limites de l'humanisation totale des australopithèques, lesquels, d'après le témoignage des objets accompagnant les restes osseux, ne furent jamais aptes à travailler la pierre comme leurs contemporains Homo habilis. Cependant, cette limite à elle seule n'est pas suffisante pour expliquer la diversité de comportements entre les deux genres ; il existait, il est vrai, d'autres différences morphologiques avec ce premier Homo connu, divergences dont la signification fonctionnelle est encore aujourd'hui un objet d'études. Avant tout, la capacité crânienne de l'australopithèque est légèrement inférieure (550 cm3, alors que celle d'Homo habilis est de 600 cm3), mais cependant bien adaptée à la masse corporelle de ces hominidés dont la taille était de l'ordre de 135 cm. La structure du crâne, fort proche de celle d'Homo habilis et de celle d'Homo erectus, conserve toutefois quelques caractéristiques propres aux pongidés (orang-outan).


Le classement

Actuellement, les australopithèques sont classés en quatre espèces, de la plus ancienne à la plus récente : Australopithecus afarensis, Australopithecus africanus, Australopithecus robustus et Australopithecus boisei (un crâne découvert en 1985 et daté de 2,5 millions d'années remet cette filiation en doute). Selon certains chercheurs, Australopithecus afarensis pourrait être l'ancêtre commun des australopithèques et du genre Homo ; cette hypothèse est contestée par d'autres, qui estiment que la séparation entre les deux genres pourrait avoir eu lieu à une époque bien antérieure.


Préhistoire | Homo habilis | Homo erectus | Homo sapiens | Homme de Néanderthal




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