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Un brevet est un droit sur invention qui permet durant une période de temps définie au détenteur d'une invention d'interdire aux autres personnes de l'utiliser sans son autorisation, et permet d'autre part de gagner de l'argent en laissant les autres utiliser son invention contre une compensation financière. Les brevets ont initialement été créés pour faciliter la diffusion du savoir. Auparavant, les créateurs gardaient pour eux leurs découvertes, qui pouvaient pour cette raison être perdues. Les brevets sont censés empêcher la perte du savoir en offrant l'exclusivité de l'exploitation commerciale d'un savoir pendant une durée limitée en contrepartie de sa divulgation.
Une controverse est apparue ces dernières années avec l'apparition de brevets accordés à des travaux de décodage génétique. Des sociétés ayant réussi à lire le code génétique de certains organismes vivants ont pu déposer des brevets qui les rendent propriétaires de ces organismes vivants. Pour leurs détracteurs, ceci constitue un dévoiement de la notion d'invention qui devrait normalement conditionner toute attribution de brevet. Ces sociétés n'ont en effet pas inventé les organismes dont elles sont devenues propriétaires, mais n'ont fait qu'en découvrir les caractéristiques génétiques.
Une conséquence de cette évolution est que des multinationales provenant du Nord de la planète acquièrent les droits de propriété, et donc d'exploitation, de plantes provenant souvent des pays du Sud,. Certains considèrent donc ce brevetage comme une appropriation du vivant par des intérêts privés, et une nouvelle forme de mise à sac des richesses du Sud au profit du Nord.
Cette dernière accusation trouve un relais dans l'accès aux médicaments contre le sida, médicaments trop chers pour les ressortissants de pays pauvres et dont il est interdit de faire des copies car ils sont protégés par des brevets.
Au Kenya par exemple, le traitement contre la méningite opportuniste du sida coûte près de 20 euros par jour, contre moins d'un euro en Thaïlande. Le médicament concerné est breveté au Kenya, pas en Thaïlande.
Les questions soulevées par le système des brevets actuel trouvent en partie leur origine dans le manque d'harmonisation au niveau international. Les critères de brevetabilité étant définis au niveau national ( ou européen pour les pays membres de l'Office européen des brevets), un brevet n'a de validité que dans les pays où il a été déposé. De plus, les points de vue de l'Europe et des États-Unis divergent nettement dans l'interprétation de critères pourtant pratiquement identiques dans les textes.
Prenons par exemple le critère de nouveauté auquel doit répondre toute invention, tant aux États-Unis qu'en Europe: pour un européen, il signifie qu'aucune divulgation ne peut avoir eu lieu plus de six mois avant la date de dépôt de la demande de brevet (règle du premier déposant) alors que pour un étatsunien, il signifie qu'aucune autre personne ne doit avoir fait une invention identique auparavant (règle du premier inventeur). Ceci a pour conséquence que les chercheurs américains sont plus enclins à protéger leurs inventions par des brevets que les chercheurs européens. Nombre de ceux-ci considèrent en effet que leurs résultats doivent être mis le plus rapidement possible à la disposition de la communauté internationale, mais en les publiant, ils perdent pratiquement toute chance d'obtenir un brevet, étant donné la longueur de la procédure de brevetage.
L'OMPI tente actuellement avec l'aide de l'OMC de mettre en place une réglementation internationale sur le sujet par le biais de l'accord sur les ADPIC.