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Le mot capitalisme est inventé par Karl Marx au milieu du XIXe siècle comme repoussoir. C'est plus d'un siècle plus tard seulement que le mot sera revendiqué positivement, par Ayn Rand.
Il désigne un système économique de propriété individuelle, qui permet et même rend inévitable l'accumulation du capital. Est capital tout bien qui n'a pas été consommée immédiatement par son détenteur, mais consacrée à un usage futur, directement (simple stockage) ou indirectement (conversion en un bien de production, capable de généré des biens nouveaux). Les plus riches ayant des revenus supérieures à leur consommation, ils accumulent de plus en plus de biens, tandis que les plus pauvres ne peuvent pas se permettre cette accumulation et manquent de réserves. Les biens accumulés sont en partie recyclés dans la modernisation de l'appareil productif, ce qui accroit encore les surplus des plus riches et leur poids économique relatif, ainsi que leur chance de négocier favorablement leurs contrats.
Par extension, on a appellé ultérieurement capitalisme d'état un régime où la propriété n'est pas individuelle, mais collective : la richesse étant concentrée entre les mains de responsables politiques sensés ne pas s'en servir pour eux, mais pour le compte de tous.
Les deux capitalismes sont parfaitement compatibles, conduisant à un régime mixte (exemple : Chine, France).
Une autre extension est de considéré comme capital des ressources immatérielles, notamment l'instruction, l'éducation, le réseau social, etc.
Le capitalisme est un régime économique et social dans lequel les capitaux, source de revenu, n'appartiennent pas, en règle générale, à celles et ceux qui les mettent en œuvre par leur propre travail.
Les utilitaristes de gauche et de droite, qui jugent le système à ses résultats sociaux, auront deux points de vue plus ou moins compatibles.
Pour les uns, le capitalisme produit des rapports entre riches et pauvres toujours plus déséquilibrés en terme de pouvoir et d'inégalités économiques, et une sclérose sociale. Il appartient alors au pouvoir politique de rétablir l'équilibre.
Pour les autres (et parfois les mêmes...), il résulte du capitalisme une coopération générale qui inclut les générations passées et futures, et un accroissement de production général qui bénéficie à tous. Une interférence du pouvoir politique ne peut que perturber le système économique et provoquer des pertes.
Selon leur sensibilité à l'un ou l'autre aspect, les utilitaristes préconiseront un arbitrage politique variable.
Pour les libéraux, le système ne doit pas être jugé (seulement) en terme d'utilitarisme, mais (surtout) d'un point de vue moral : il appartient à chacun de déterminer ce qu'il fait de son capital de départ, et l'important est surtout d'assurer un bon départ. Les libéraux ne nient pas les rapports de forces économiques, mais ils nient qu'on puissent les équilibrer ou les résoudre : on peut seulement les déplacer avec une perte due à la prise en compte de critères moins pertinent du point de vue de l'allocation optimum des ressources, et sans garantir plus de "justice sociale". Toute notion d'arbitrage est donc un leurre.