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Né à Munich d'un père flamand et d'une mère wallonne, Charles De Coster étudie à l'Université Libre de Bruxelles où formé à l'esprit du libre examen, il acquiert des convictions démocrates et anti-cléricales. D'abord journaliste, il devient professeur de littérature à l'Ecole de guerre de Bruxelles. Il se consacre ensuite à la littérature.
Les Légendes flamandes, publiées dans la revue Uylenspiegel à laquelle il collabore, connaissent un certain succès mais le reste de son œuvre a dû attendre la génération de la Jeune Belgique, celle de Camille Lemonnier, de Georges Eekhoud par exemple, pour être reconnu. Le chef d'œuvre de De Coster, La Légende et les Aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandres et ailleurs, déplut aux milieux conformistes belges. Connu dans le monde entier, traduit dans toutes les langues européennes, il est ignoré dans son propre pays .

La Légende d'Ulenspiegel incarne le cœur et l'esprit de la Flandre dont elle évoque le folklore, le climat et les traditions. Elle mêle l'histoire et le mythe, l'aventure d'une famille à celle d'un peuple. De Coster, écrivain francophone, reconstitue une époque en poète visionnaire et crée une langue nouvelle dans la grande tradition rabelaisienne. Till Ulenspiegel est surtout le défenseur de la Liberté, celui qui a lutté contre l'oppression de Philippe II et du duc d'Albe, le héros qui s'est dressé contre toutes les formes d'oppression. Il y a plus de 70 ans, Abel Lefranc, du Collège de France, demandait «que la France, en particulier, songe qu' Ulenspiegel honore sa langue» et qu' elle se décide enfin à l'installer «fraternellement dans son Panthéon littéraire».
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Citations
Sais-tu s'il n'existe plus de Charles-Quint et de Philippe II en ce monde? Ne crains-tu pas qu'une censure attentive n'aille chercher dans le ventre de ton éléphant des allusions à d'illustres contemporains? Que ne laissais-tu dormir dans leur tombe cet empereur et ce roi? Pourquoi viens-tu aboyer à tant de majesté? Qui cherche les coups périra sous les coups. Il est des gens qui ne te pardonneront point, je ne te pardonne pas non plus, tu troubles ma digestion bourgeoise. (...)Tes personnages principaux sont des imbéciles ou des fous, sans en excepter un: ton polisson d'Ulenspiegel prend les armes pour la liberté de conscience; son père Claes meurt brûlé vif pour affirmer ses convictions religieuses, (...) Où voit-on encore ces choses? Je te plaindrais si tu ne me faisais pas rire
Mon pauvre De Coster! (...) Ironie... après toutes celles dont fut composée ta vie, quinze ans après ta mort, on s'aperçut qu'on avait enterré par-dessus toi, dans ton humble sépulture, un notaire! Il fallut déblayer de ce cadavre encombrant ta fosse avant d'arriver jusqu'à tes os, le jour où Ixelles te fit don d'un lopin de terre qui, cette fois, fut à toi. "Est-ce qu'on enterre Ulenspiegel, l'esprit, Nelle, le cœur de la mère Flandre?" C'était la grande parole et comme le thème immortel de ton livre (...)Bibliographie
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