Classification phylogénétique

La classification phylogénétique est un système de classification systématique des êtres vivants. Elle remplace la classification traditionelle basée sur des traits phénotypiques et des préférences nutritionnelles.

Initié par Carl Woese en 1990 à partir de données génétiques, elle montre notamment que les procaryotes pouvaient être divisés en deux groupes trop différents pour pouvoir être identifiés comme un seul.

La première hiérarchie est donc composée de trois 'domaines'\:

  1. archéobactéries
  2. eubactéries
  3. eucaryotes

Savoir lesquels deux de ces trois groupes partagent un ancêtre commun qui les distinguent du troisième est un sujet de recherche. Le domaine des eucaryotes est subdivisé en quatre règnes (reprenant le système de l'ancienne classification).

Les embranchements sont créés en comparant des séquences de petites sous-unités d'ARN. La classification reflète l'existence de cellules à noyau ou sans noyau, et des différences entre parois et membranes cellulaires.

La systématique phylogénétique dans sa version extrême rejette toute catégorisation stricte des niveaux hiérarchiques, à l'exception des concepts d'espèce, de genre, et ceci pour des raisons pratiques. L'arbre du vivant est un ensemble de points de débranchement et on met autant de débranchements de l'on peut. Idéalement, et à terme, tous les débranchements devraient être binaires. (La reproduction sexuée n'exclut pas la possibilité d'un débranchement non décomposable en débranchements binaires, mais cela est supposé une exception.)

La systématique moderne prend en compte tous les caractères héritables, depuis ce qui est visible (base de la classification traditionnelle) jusqu'aux séquences d'ADN, en passant par les protéines et les données de la paléontologie. Le séquençage de certaines parties du génome, comme l'ADN des mitochondries ou l'ARN des ribosomes a permis dans les dernières années de faire des progrès importants dans la classification et de résoudre maints problèmes séculaires.

L'arbre est obtenu à partir de nombreux critères et fait appel à des algorithmes complexes. Des algorithmes différents peuvent donner des résultats différents. La classification actuelle est continuellement remaniée en fonction de nouvelles informations. Le site [1] fait référence. Les exemples qui suivent peuvent avoir à être modifiés.

Un exemple détaillé permet d'avoir une idée de la différence de résultat, par rapport à l'approche traditionnelle. L'exemple incontournable est celui de l'homme. Voici une partie des nœuds successifs amenant à l'homme (certains intermédiaires ont été omis arbitrairement) telle qu'apparaissant dans Classification phylogénétique du vivant (G. Lecointre et H Le Guyader, édition Belin) (la description associée à chaque clade est peu rigoureuse et vise juste à fixer les idées):

Différences avec l'ancien système

Citons enfin quelques exemples de changements spectaculaires par rapport à la classification traditionnelle.

Précisons la relation entre oiseaux et dinosaures. Pour certains auteurs, le velociraptor est considéré comme plus proche des oiseaux que le tyranosaure, et ce dernier est considéré plus proche des oiseaux que du diplodocus.

Lien externe