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| Table of contents |
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2 Conditions et moments de départs 3 Caractères spécifiques des nouveaux établissements |
Causes générales
La sténochôria
Le mot grec sténochôria signifie "être dans un endroit trop étroit" ; il y a un déficit grave en terres exploitables en Grèce traditionnelle.
La solution à long terme choisie par les cités grecques est la colonisation.
À la base du manque en terres exploitables se trouve un accroissement démographique qui déstabilise l'agriculture fragile.
En plus, les terres sont accaparées par certains groupes de la société, notamment par les aristocrates, au détriment des autres. Le monopole de la défense de la cité leur donne en effet des privilèges sur les terres.
À cela s'ajoute un système assez rigide dans la transmission du patrimoine foncier qui est divisé dans le nombre de fils à la mort du propriétaire, ce qui conduit à un morcellement des terres. Pour les aristocrates, ceci ne pose guère un problème, vu qu'ils possèdent des territoires assez vastes, surtout les petits propriétaires sont frappés.
Avant de partir pour la fondation d'une colonie, on songe déjà à un partage égalitaire de la nouvelle terre.
Les conflits internes
Par stasis on désigne tout problème d'ordre intérieur jusqu'à la guerre civile.
La colonisation est une façon d'éviter une guerre civile, on part avant que les problèmes ne prennent trop d'ampleur.
Il ne s'agit néanmoins pas d'un conflit entre aristocratie et peuple, mais surtout des disputes pour le pouvoir entre groupes aristocratiques, ou d'une opposition à l'intérieur du groupe dirigeant, comme p. ex. à Corinthe (-> Bacchiades).
Les fondateurs ont le désir de fonder une cité idéale. Cette décision n'est prise que lors d'une situation d'extrême gravité. C'est la nécessité qui pousse à fonder une nouvelle cité.
Les motivations commerciales
L'approvisionnement de la cité est une nécessité vitale pour la métropole, néanmoins, la réalité sur les motivations commerciales est assez complexe.
Les motivations ne sont pas toujours sûres, puisqu'on ne connaît pas toujours la situation de la métropole. En plus, le volume des échanges ne suffit pas pour faire vivre une communauté, ce que renforce la théorie qu'il n'y a pas que des motivations commerciales à l'origine d'une nouvelle fondation.
Il y a certainement des comptoirs purement commerciaux, mais ceux-ci sont assez rares et traduisent un choix négatif car les populations locales ont empêché l'installation d'une colonie.
Conditions et moments de départs
La décision et les acteurs
Une colonie ne se fonde pas à titre privé (sauf exceptions rares), mais résulte d'une décision prise par la cité, bien que celle-ci se met rarement en avant.
On se trouve dans le cadre d'une pensée mythique où l'on accorde une part importante aux dieux. Les cités ont besoin de cette caution divine qui sert à conforter les décisions humaines ; la fondation d'une colonie reste tout de même une entreprise risquée.
On prend d'ailleurs très vite l'habitude d'aller consulter Apollon à Delphes. L'oracle donne une orientation géographique générale et donne son avis sur un projet élaboré par la cité.
Pour la fondation d'une colonie, on présente d'abord un projet à l'assemblée qui est soit d'accord, soit le refuse. En cas d'accord, le conseil aristocratique prend en charge le choix des modalités et les mesures concrètes pour désigner qui va partir.
Il faut alors désigner un chef de l'expédition, nommé oikiste, qui pour la plupart est issu du milieu aristocratique. Cet oikiste choisit le nom et le lieu précis du nouvel établissement. Une fois arrivé, il délimite le terrain des colons et s'occupe de doter la colonie d'un système défensif.
Les critères de choix
On veille d'abord à éviter des pays trop structurés sur le plan politique comme l'Egypte ou la côte syro-palestinienne (Assyriens et Phéniciens).
On choisit l'endroit selon les critères suivants:
Au début, les échanges commerciaux sont assez modestes, et marqués par une préférence métropole/colonie. Peu de temps après, on assiste néanmoins à une véritable explosion des échanges commerciaux. Ainsi, la richesse des gens de Sybaris est légendaire.
Perceptions nouvelles
On peut se poser la question de l'effet qu'a eu la colonisation sur les mentalités grecques. On remarque alors une résistance des Grecs à toute imprégnation culturelle extérieure, même en Egypte. Sous le pharaon Psammétique Ier, il fallut des interprètent sachant parler le grec pour discuter avec les habitants de Naucratis.
Dans le domaine religieux, on les voit quand même plus récéptifs. Le syncrétisme leur apparaît comme preuve de la légitimité de leur présence sur cette nouvelle terre.
Les Grecs n'adoptent pourtant que le strict nécessaire.
En revanche, la colonisation a un impact assez fort sur la perception d'eux-mêmes. On constate ainsi un développement des écoles de philosophie à partir du VIe siècle av. J.-C
La confrontation avec d'autres cultures stimule une réflexion philosophique, mais l'autre ne sert que de détonateur par son existence, il n'est pas un interlocuteur.
À l'époque archaïque, le monde grec traditionnel n'est pourtant pas imprégné par cette nouvelle pensée philosophique, il faut attendre l'époque classique.