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Historique
En 1380, la duchesse Jeanne Ire de Provence (1348-1382) - mieux connu sous le nom de la Reine Jeanne - sans enfants, adopte Louis d'Anjou, le frère du roi de France Charles V. Le cousin de Louis, le duc Charles de Duras (ou Durazzo), mène alors l'Union d'Aix, le parti provencal anti-Anjou et assassine Jeanne entrainant une guerre de succession qui se terminera par la victoire du parti d'Anjou. Prenant avantage des troubles, le comte de Savoie Amédée VII le Rouge, qui souhaite avoir un accès vers la mer, négocie avec Jean Grimaldi, le gouverneur de Nice et de la Provence orientale, la dédition de Nice à la Savoie (1388), suivant laquelle la ville et sa viguerie - la division administrative correspondante - la cité de Puget-Théniers et les vallées de la Tinée et de la Vésubie constituent les terres neuves de Provence et sont incorporés à la Savoie. Elles sont rejointes par la vallée de l'Ubaye.
La Savoie était à l'époque un état puissant, doté d'une importante force armée, prospère et bien administré, contrairement à la Provence. Avec l'accord des populations, l'armée savoyarde s'installe alors dans ces terres neuves et Nice en devient la capitale sous l’autorité civile et militaire d’un gouverneur savoyard.
Tous les seigneurs français, à l'exception des comtes Grimaldi de Beuil et Lascaris de Tende, émigrent sur la rive droite du Var de façon à rester provençaux et Amédée VII nomme une nouvelle noblesse dans les terres neuves. Cependant, la commune de Gattières, située sur la rive droite, fait partie du Comté.
Monaco se voit accorder son indépendance, en 1489, par le roi de France et le duc de Savoie. Les terres neuves de Provence prennent le nom de comté de Nice en 1526, comté a ici un sens administratif et non féodal.
En 1543, Nice est assiégée par les troupes françaises du duc d'Enghien et la flotte turque de Barberousse (Khayr-al-Din), le bey de Tunis, résultat de l'alliance de François Ier et de Soliman le Magnifique contre l'empereur Charles Quint. La ville est prise après 20 jours mais suite à la résistance des derniers défenseurs du château, la flotte se rétire.
Le duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie, en 1614, fait de Nice un port franc et y établit un sénat. La révolte du comte de Beuil est arrêté en 1621. Le comté de Nice connaît la stabilité, contrairement à la Provence voisine où les révoltes sont fréquentes. Cependant, la guerre entre la France et la Savoie reprent au cours du XVIIe siècle et le comté de Nice est occupé par la France de 1691 à 1697 et de 1707 à 1713.
La frontière entre ces deux comtés de Nice et de Provence est modifiée en 1769, le traité de Turin accorde Gattières et la rive droite de l'Estéron à la France, les communes de Guillaumes et de La Penne passent dans le territoire de la maison de Savoie.
En 1789, Nice est un centre contre-révolutionaire. L'Armée du Midi de la jeune république entre dans Nice le 29 septembre 1792 et le 31 janvier 1793, la Convention ordonne l'intégration du comté au sein du territoire national au travers de la création du département des Alpes-Maritimes. Les « Barbets », des contre-révolutionnaires locaux, luttent contre l'occupation française dans le haut-pays niçois. Près de Duranus, le « Saut des Français » garde le souvenir de soldats français qui ont été jetés dans le vide au-dessus de la Vésubie. Durant le Premier Empire, le préfet Dubouchage œuvre au développement de Nice, avec l'aide des notables de la cité.
Le comté revient, le 23 avril 1814, sous le contrôle du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel Ier (1759-1824). En 1859, la France et la Sardaigne conclut une alliance dans le but de rejeter l'Autriche hors de l'Italie du nord, la France devant recevoir le comté de Nice en récompense pour son aide. La même année, Napoléon III signe le traité de Villafranca di Verona qui met fin à la campagne d'Italie. Cependant, la Vénétie reste autrichienne et l'Angleterre s'oppose à l'intégration de la Savoie et de Nice à la France.
En 1860, Napoléon III et Victor-Emmanuel II signent le traité de Turin qui prévoit la réintégration de Nice à la France sans pression exercée et suivant le désir de ses habitants. Un plébiscite est organisé, le rattachement à la France est voté à 25 743 pour le oui et 260 pour le non. Le comté de Nice, augmenté de l'arrondissement de Grasse, forme dorénavant le nouveau département des Alpes-Maritimes.
Le 14 juin 1860, Les troupes impériales françaises entre dans Nice et le rattachement est célébré. À l'encontre de la logique géographique, le traité de Turin conserve dans le giron italien les communes de Tende et de La Brigue - parce que réserve de chasse favorite du comte Camillo Benso di Cavour, dit-on - et finiront par devenir françaises à l'issue de la seconde guerre mondiale, dernier ajout au territoire national français et au département des Alpes-Maritimes.