Diabolisation


La diabolisation est un procédé visant à décrédibiliser (une personne, un groupe, une opinion, un mouvement politique ou religieux, une croyance, etc.) en faisant en sorte que la seule évocation (de la personne, du groupe, ...) suscite une réaction de rejet et de forte opposition. Ce terme est utilisé par ceux qui s'en estiment victimes ou ceux qui, par lucidité et civisme, dénoncent les agissements pervers dont d'autres sont les victimes désignées à la vindicte publique et condamnés à ne pouvoir se défendre quoiqu'ils fassent.

Ce terme, qui signifie litéralement « mettre en rapport avec le diable » fut d'abord utilisé par ceux qui se sentenait victimes de la vindictes des autorités chretiennes. On parle par exemple de la diabolisation des sorcieres, dont leurs activitées furent misent en relations avec le diable et servi de justification a l'inquisition qu'elles subirent.

Procédé, issu d'une volonté de manipuler, qui vise à amener autrui à se forger une croyance erronée, fondée sur une propagande fallacieuse, simpliste ou exagérée qui exploite l'ignorance, la crédulité ou la bêtise, dans le but d'engendrer l'effroi ou le fanatisme pour se débarrasser sans scrupule de ceux qui dérangent ou de leurs idées.

A court d'argument, les manipulateurs peuvent également être tentés non de diaboliser, mais de prétendre qu'il le sont, de sorte à faire passer les accusations auxquelles ils devraient répondre, en l'expression d'une haine issue de la prétendue diabolisation. L'usage du mot "diabolisation" peut être le marqueur d'une tendance paranoïaque. Le monde extérieur est alors systématiquement perçu comme hostile et sans intérêt, ce qui contribue à renforcer la cohésion et l'isolement du groupe, et par la même, la crédibilité et le pouvoir de suggestion de ses dirigeants sur les membres.

Si certains domaines comme les croyances religieuses, sont particulièrement exposés, c'est surtout sur le degré de sottise, d'ignorance ou les tendances névrotiques et passionnelles des individus que dépend l'efficacité d'une telle méthode. Par exemple, et selon les défenseurs des sectes, la plupart des anti-sectes sont des apostats ou proches délaissés. Ils ont des comptes personnels à régler et présentent fréquemment des tendances malsaines: accusation des autres, victimisation, auto-justification, irresponsabilité, émotivité, colères, totalitarisme, manipulation des autres, mauvaise foi, tendance à la censure, insensibilité aux faits, aux personnes, superficialité, absence totale de pénétration psychologique pour les autres, manque de précision, interprétation tendancieuses des propos de leurs adversaires, entêtements, mensonges fréquents, instabilité émotionnelle, perversité, projections biaisées, délires, violences verbales et physique, etc... C'est la "pathologie du secticide", le "tueur de sectes". Pour les anti-sectes, il s'agit au contraire de prévenir la société des risques que font courir les gourous à la société, eux-même vu, dans une dialectique parfaitement réversible, comme des être diabolisateurs, calculateurs, manipulateurs et diabolisant le monde extérieur, etc...

L'intentionnalité véritablement 'diabolique' peut être consciente ou non. Inconsciente, elle sera dissimulée soigneusement, consciente, elle continuera de l'être si elle s'accompagne de culpabilité et étalée dans le cas contraire.

Cette volonté perverse aura recours à des procédés pervers tels que le mensonge, la dissimulation, l'amalgame, le stéréotype, la propagande mensongère, mais aussi la calomnie, la diffamation, le sarcasme, la satire, l'insulte, le mépris, la dévalorisation, l'injure, le sophisme, la justification fondée sur les idées courantes, la tradition, sur des concepts flous et pré-normatifs communément admis comme l'ordre "naturel", l'ordre établi, l'ordre moral, la dignité de l'homme, de la femme, du mariage, de la vie, de l'espèce, de l'ambryon, etc... Plus subtile, la dégradation des mots permet de contaminer le langage de sorte à ce que sa seule évocation réveille immédiatement des véritables réflexes de rejet, de peur ou de haine.

Inquisition moderne, propagande officielle et contrôle des médias

Les techniques de désinformation qui sont utilisées pour créer la peur des sectes sont souvent imperceptibles pour le commun des mortels qui ne se doute de rien puisque le consensus exclut toute forme de dissidence et perpétue les mensonges en les reproduisant inlassablement. Pour Pierre Barrucand, spécialiste des religions, «La virulence des attaques contre une minorité paraît toujours abusive et inacceptable... après coup. Sur le moment, très peu de gens échappent à l'intoxication de la peur engendrée par la propagande de quelques individus habités par une haine quasi pathologique et qui se nourrissent les uns les autres d'une idéologie de l'exclusion.» Une fois la peur créée, il ne reste plus qu'à trouver les boucs-émissaires. A qui détient le pouvoir médiatique tout est possible. Au début, personne ne voit ce qui s'approche. Les nazis ont d'abord insinué qu'il y avait des voleurs parmis les juifs, puis que tous les juifs étaient des voleurs. Ayant systématisé la propagande, il ne restait plus qu'à isoler les juifs, les parquer dans des ghettos, puis à prétendre que ces quartiers étaient proches de l'insalubrité pour initier les convois de la mort sous les yeux de la population qui ne pouvait imaginer l'issue du voyage.

Exemples

Le mot secte, dont personne ne se souciait dans les années 70, a été utilisé par les associations anti-sectes et les parlementaires français pour désigner à la vindicte populaire un ensemble de groupes "déviants" (voir liste de sectes) qui n'avaient, le plus souvent en commun, que de se différencier trop nettement des repères idéologiques traditionnels. De vulgaires groupuscules sans histoire, des partisans honorables de médecines alternatives, médecins, psychologues, avant-guardistes ou en quête de nouvelles vérités sont alors devenus les victimes d'une véritable "chasse aux sorcières" (terminologie catholique), condamnés sans procès, livrés sans défense à l'opprobre publique, au lynchage médiatique et journalistique, et à l'exclusion pure et simple du circuit économique.

Les plus respectables apparences cachent parfois d'odieuses idéologies. Le manipulateur se veut irréprochable, au-dessus de tout soupçon, il se fait parfois moraliste. Ou encore, devient-il spécialiste d'un domaine et utilise sa notoriété pour s'exprimer sur tous les domaines ou sur la science de façon partiale.

Par exemple, le Dr. Abgrall, est l'expert psychiatre auprès tribunaux le plus souvent sollicité et le plus reconnu pour ses compétences en matière de sectes. Il est par ailleurs connu pour son militantisme anti-sectes et a une grande expérience de terrain.

L'usage et le recours au mensonge ou à l'outrance est souvent présent dans la stratégie de diabolisation. Par exemple, le Mouvement raëlien a été dénoncé par l'UNADFI et le site www.prevensectes.com pour avoir laissé ses membres "imposer des relations sexuelles à des jeunes filles de 15 ans" [1] et [1]. De même Gilbert Bourdin, le chef de l'Aumisme a été dénoncé sans preuve pour pédophilie par l'ADFI.

Le mouvement raëlien n'a pas entamé de poursuite dans les trois mois suivant la publication et le recours pour diffamation ou injure est alors impossible (art. 64 de la loi du 29 juillet 1881 - loi sur la liberté de la presse).



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