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Il ne nous reste que trois lettres de ce grand et puissant philosophe(Lettre à Hérodote, Lettre à Pythoclès et Lettre à Ménécée) et de nombreuses maximes (40 Maximes Capitales et 81 Sentences Vaticanes). Son oeuvre était considérable, mais n'a pas, semble-t-il, retenu l'attention des premiers copistes chrétiens. Epicure a élaboré l'une des deux doctrines cardinales de l'histoire de la civilisation européenne (l'autre est le stoicisme). L'épicurisme fut enseigné dans le fameux Jardin, refuge et lieu d'un culte du maître, fondé en -306.
La doctrine d'Épicure peut être résumée par ce que les épicuriens ont appelé le tetrapharmakos (quadruple-remède) formulé ainsi : « le dieu n'est pas à craindre; la mort ne donne pas de souci; et tandis que le bien est facile à obtenir, le mal est facile à supporter ».
Cette doctrine est souvent interprétée à tort comme une philosophie de « bon vivant » cherchant le plaisir avec excès. En réalité, il s'agit d'une philosophie d'équilibre basée sur l'idée que toute action entraîne à la fois des effets plaisants (positifs) et des effets amenant la souffrance (négatifs). Il s'agit donc pour l'épicurien d'agir sobrement en recherchant les actions amenant l'absence de douleur, d'où doit découler le plaisir négatif de cet état de repos (ataraxie) ; c'est pourquoi l'excès doit être évité car il apporte la souffrance. Sans être une philosophie morale hédoniste, cette pensée ne recommande pas l'ascétisme s'il a des conséquences nuisibles ; aussi une bonne hygiène sexuelle fait-elle naturellement partie de la vie heureuse.
Épicure était un philosophe, un astronome et un physicien. Les lettres que l'on peut lire aujourd'hui sont essentiellement des résumés des théories physiques et astronomiques de l'École épicurienne. Épicure pensait qu'une juste compréhension de l'univers permet de mener une vie heureuse. La physique d'Épicure est une reprise de l'atomisme de Démocrite, mais le modifie afin de conserver la liberté de la volonté humaine qui est niée par la doctrine atomismt. Dans le monde latin, Lucrèce poursuivra les idées d'Épicure en les axant nettement dans un matérialisme à la mode antique.