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En France, l'exode rural fut plus tardif que dans les autres pays industrialisés, comme par exemple l'Allemagne ou l'Angleterre, où il était déjà largement entamé dès le début du XIXe siècle. Il a commencé en France au milieu du XIXe siècle, avec de fortes disparités régionales. L'exode rural était parfois saisonnier, comme pour les Creusois qui venaient s'engager comme maçons à Paris, ou permanent dans la plupart des cas. Il touchait principalement les hommes jeunes qui venaient travailler dans l'industrie, mais aussi les jeunes femmes, comme les Bretonnes qui ont fourni des générations de bonnes à tout faire à la petite bourgeoisie urbaine. Il a constitué un des apports de main-d'oeuvre nécessaire à la grande industrie, l'autre apport étant dû à l'immigration, italienne, polonaise, puis plus tard maghrébine. L'exode rural n'a pas seulement contribué à peupler les villes françaises, il a aussi nourri des courants d'émigration, comme par exemple les Barcelonettes, qui sont allés s'installer en Amérique du Sud, ou les Ariégeois qui sont partis en Afrique du Nord, au début du XXe siècle.
Le dernier mouvement d'exode rural a été entamé, en France, après 1945. Ce dernier courant a contribué à l'exode rural des régions de l'Ouest (Vendée, Anjou, Bretagne), qui avaient réussi à garder plus longtemps leurs populations, par l'effet conjugué de structures familiales très encadrées par l'Eglise, et d'une agriculture vivrière très autarcique.
D'après l'Insee, l'exode rural s'est grosso-modo terminé en France en 1975. Depuis cette date, le solde migratoire campagne/ville s'est stabilisé, voire même, depuis le début des années 1990 s'est inversé aux alentours des grandes régions urbanisées. On parle maintenant de rurbanisation : des citadins s'installent à la campagne, mais gardent un mode de vie urbain, un travail en ville. Ce phénomène produit un "mitage" du paysage par un bâti parsemé, ou au mieux réparti en lotissements.