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Mais le mot fondamentalisme, comme celui de millénarisme en sociologie, en est venu ici à désigner un phénomène général.
Ils définissent 5 points de fondamentalisme :
8000 pages furent publiées aux Presses de l'Université de Chicago en 5 volumes. Le dernier chapitre du premier volume fait une première liste des "airs de famille" communs aux différents fondamentalismes (le terme recouvre ici une réalité plus large que celle dont Curtis Lee Laws parlait au début du XXe siècle):
(traduction libre)
C'est ce phénomène que le "Fundamentalism Project" prend pour objet. Et l'intégrisme catholique n'y échappe pas, bien sûr. C'est d'ailleurs à cet intégrisme-là que les auteurs du premier volume s'intéressent dès le premier chapitre.
Quant à "fanatisme", il est clair qu'on peut être fanatique sans être "fondamentaliste" mais le fondamentaliste, lui, est toujours fanatique.
Définitions
distinguer fondamentalisme, intégrisme et fanatisme.
En Amérique, le mot fondamentalisme n'a pas immédiatement la même connotation qu'en France où il en est venu, selon Gilles Kepel dans La revanche de Dieu, à ne nommer presque exclusivement les islamismes radicaux l'usage du pluriel est délibéré ce qui peut pousser à chercher un autre terme pour parler des catholicismes radicaux. Le mot intégrisme ou intégralisme convient parfaitement puisque c'est l'étiquette que ces radicaux se sont donnée eux-mêmes. Protestantisme
On s'accorde à la faire remonter au Colloque de Niagara (1895) où se réunirent quelques responsables d'églises évangéliques tentant de se prémunir
C'est donc le nom que ces églises protestantes se donnèrent elles-mêmes.
Toutefois, certains attribuent la paternité du mot, employé indifféremment comme nom ou adjectif, à Curtis Lee Laws, rédacteur en chef d'une revue conservatrice : Watchman-ExaminerCatholicisme
En matière de catholicisme, on parlera plutôt d'intégralisme ou d'intégrisme. Voici la façon dont Michel de Certeau (Article Catholicisme, Encyclopedia Universalis, 1995) décrit l'un de mouvements intégristes du catholicisme, Le cas Lefebvre :
Enrichis et confortés par le flash estival (1976) qui les a un moment sortis de l’ombre, les réseaux traditionalistes reprennent leurs activités, dont l’histoire remonte au début de ce siècle. Leur recrutement s’est accru un peu; leurs capitaux, beaucoup, mais sans que s’en trouve modifiée une structure très solide de choix politiques, de soutiens financiers et de comportements religieux ou dogmatiques. De la séquence de l’été 1976, on retiendra seulement une rencontre entre ces organisations occultes et l’opinion publique.
[...]D’abord, l’écho de l’affaire indique un fonctionnement sociopolitique : Mgr Lefebvre correspond, en effet, à l’idée que la grande majorité de la population
française se fait de l’Église. Elle y reconnaît ses souvenirs d’enfance: le latin, les clochettes de messe, un appareil doctrinal, des règles strictes, etc. Le religieux est
devenu un passé dormant dans les mémoires. Cet imaginaire social «enfantin» (originaire et silencieux, in-fans) semble avoir une stabilité que n’auraient guère affectée les réformismes postconciliaires et la publicité que leur ont faite les mass
media. Les efforts des clercs et les bruits des journalistes n’auraient touché que superficiellement une résistance (croyante ou non croyante) des sous-sols de la culture: massivement, les mentalités «religieuses», tel un gisant, seraient présentes
dans l’espace social, mais étrangères aux contraintes et aux dynamismes du présent.
Mais pourquoi ce retour du passé? Le recul des idéologies politiques – leur démystification ou leur impuissance – laisse la place à un traditionalisme des croyances et des pratiques. Là où le politique fléchit, le religieux revient. L’alliance de ce revenant catholique et d’un conservatisme politique n’est pas un hasard. La désillusion concernant la possibilité de construire un projet social ramène sur la scène les moines «purs et durs», défenseurs d’un passé, conducteurs prophétiques de sectes conventuelles qui se substituent aux programmes de société, supporters et
fournisseurs de croyances là où elles s’effondrent – en attendant ou en même temps que des politiciens «charismatiques» investissent le même rôle.
Une figure religieuse et politique
resurgit pourtant avec l’évêque français, chef d’ordre, fondateur de séminaire, leader d’une secte – silhouette derrière laquelle se dessine déjà la combinaison entre un besoin public de croire et un pouvoir personnel. Entre le boulangisme (1886-1891) et
La Colline inspirée de Maurice Barrès (1913), il y avait des homologies. L’histoire, cette fois-ci, commencerait-elle par le roman?Islam
En matière d'Islam, on devrait parler de wahhabisme plutôt que d'islamisme ou d'islamisme politique. Voici l'avis d'un contemporain de la réforme wahhabite, au moment de sa mise en place au XVIIIe siècle, le Marquis de Sade écrit du fond de sa prison :
(à venir)
Typologie
L'American Academy of Arts and Sciences s'est lancée il y a une dizaine d'années dans un projet "The Fundamentalism Project " auquel participèrent des chercheurs de partout dans le monde.
7500 pages plus loin, on affine la question et présente les cinq caractéristiques idéologiques du fondamentalisme:
Quatre constantes dans les groupes fondamentalistes:
Dans Defenders of God: The Fundamentalist Revolt Against the Modern Age, Bruce Lawrence y va aussi de sa petite liste:
Evolution
Peut-être que le mot intégrisme est aussi en train de connaître un élargissement du même type. Aujourd'hui, en Amérique, le terme fundamentalism est accepté (il s'agit d'une évolution sémantique parfaitement légitime, ) pour désigner non seulement l'ensemble de ce qui en France est connu sous les noms de "fondamentalisme" et d'"intégrisme" mais encore l'ensemble de ce qui est commun à tous les mouvements procédant du même esprit. Bref, le mot désigne aussi, maintenant, un phénomène trans-culturel.Voir aussi
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Liens internes