|
|
Les connaissances sur la vie de François Villon sont très lacunaires, mais elle furent très tôt compensées par sa réputation, plus ou moins créée par lui-même, de poète marginal et misérable. Les romantiques en firent le précurseur des poètes maudits.
Né en 1431 ou 1432, orphelin de père, il est confié à maître Guillaume de Villon, chanoine et chapelain de Saint-Benoît-le-Bétourné, qui l'envoie faire des études à la faculté des arts. Mais, après avoir obtenu une maîtrise, il néglige l'étude pour aller courir l'aventure. À partir de cette époque, sa vie a pour toile de fond le lendemain de la guerre de Cent Ans, et son cortège de brutalités, de famines et d'épidémies. Accusé du meurtre d'un prêtre, Philippe Sermoise, il est obligé de fuir Paris. Mais il obtient des lettres de rémission en janvier 1456. Peu après, il participe à un vol au collège de Navarre. De 1456 à 1461, il poursuit ses pérégrinations dans la vallée de la Loire, est emprisonné durant l'été 1461, mais libéré quelques mois plus tard à l'occasion d'une visite de Louis XI dans cette ville. De retour à Paris, il écrit le Testament, mais est encore arrêté en 1462. Il est alors torturé et condamné à la potence, mais le jugement sera cassé en appel en janvier 1463. On perd sa trace après ce dernier épisode.
Villon n'a pas tant renouvelé la forme de la poésie de son époque, que ses thèmes. Il réactive des motifs hérités de la culture médiévale qu'il connaît parfaitement, et les anime de sa propre personnalité. Ainsi, il prend à contre-pied l'idéal courtois, renverse les valeurs admises en célébrant les gueux promis au gibet, cède volontiers à la description burlesque ou à la paillardise, et multiplie les innovations de langage. Mais la relation étroite que Villon établit entre les événements de sa vie et sa poésie l'amène également à laisser la tristesse et le regret dominer ses vers. Le Testament (1461), qui apparaît comme son chef-d'œuvre, s'inscrit dans le prolongement des Lais que l'on appelle également parfois le « Petit Testament », écrit en 1456. Ce long poème de 2023 vers est marqué par l'angoisse de la mort à laquelle Villon vient d'être condamné, et recourt, avec une singulière ambiguïté, à un mélange de réflexions sur le temps, de dérision amère, d'invectives et de ferveur religieuse. Ce mélange de tons contribue à rendre l'œuvre de Villon d'une sincérité pathétique qui la singularise par rapport à celle de ses prédécesseurs.
Villon, ignoré en son temps, est redécouvert au XVIe siècle avant que Clément Marot ne le publie.
Œuvres principales :