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Gérard Manset passe son enfance dans la banlieue parisienne, à Saint-Cloud, puis dans le XVIe arrondissement de Paris. Il échoue au baccalauréat à cause d'une mauvaise note en français.
En 1964, il est lauréat du Concours général (en dessin) et entre à l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Le Salon d'automne l'accueille dans sa section "gravure" en [[1966, année pendant laquelle il expose également au Salon des artistes français. Parallèlement, il démarche des agences de publicité avec ses dessins, sans résultat.
Il commence à jouer de la guitare, s'intéresse aussi à la batterie. Puis il emprunte à sa sœur sa méthode de piano et commence seul l'apprentissage de cet instrument.
'Mai 68 : un premier titre, Animal on est mal''.
A cette époque, il déjà écrit quelques chansons pour d'autre artistes français et québécois, mais n'aimant pas sa voix, se pense plus auteur et compositeur qu'interprète. Éconduit par plusieurs maisons de disques, il décide en 1968 de produire lui-même son premier 45 tours : Animal on est mal.
Quelques mois plus tard sort, sous le même titre, un premier album. Certains ont pu y déceler une sorte de recherche mystique (de "Je suis Dieu" à "On ne tue pas son prochain"). Le disque obtient un succès d'estime.
En 1970, il enregistre, La Mort d'Orion, un album rock-symphonique aux arrangements élaborés. Les parties de cordes très développées confèrent à l'enregistrement un certain lyrisme. 20 000 exemplaires sont vendus, chiffre remarquable pour un album de ce genre. Les critiques portent aux nues cet oratorio qui raconte l'histoire d'un peuple maudit et révèle l'originalité de Gérard Manset. C'est aussi un des premiers albums-concepts français, à l'instar des anglo-saxons Pink Floyd ou Beatles.
Il fonde alors son propre studio d'enregistrement, le Studio de Milan, où pendant cinq ans il travaille avec acharnement, tour à tour ingénieur du son, arrangeur, producteur, auteur et compositeur pour d'autres chanteurs. En 1972, il sort un disque sans autre titre que Manset (avec au verso de la pochette la mention "Gérard"), mais surnommé le plus souvent "Long long chemin" ou l'album blanc, avec les titres "Jeanne" et "l'Oiseau du Paradis". En 1975, Manset publie un nouveau disque, toujours sans titre (la pochette ne mentionne que "Manset"), "Y'a une route", avec le 45 tours "Il voyage en solitaire". 300 000 exemplaires de ce titre sont vendus. Ce succès dérange l'artiste qui ne voit pas sa médiatisation d'un bon œil. En réaction, il enregistre en 1976 "Rien à raconter", un album sombre contenant d'admirables morceaux, comme "Les vases bleu(e)s".
En 1978, il enregistre un album plus électrique intitulé 2870. Sa discrétion fait de lui un artiste confidentiel qu'un certain nombre de fidèles suit de disque en disque. En 1980, il prend ses distances par rapport à la gestion du studio de Milan et cède ses parts à son associé, Malek.
L'aventure
Il décide alors de réaliser ses rêves d'aventure et entreprend de longs voyages en Asie et en Amérique latine. Il s'inspire de ses impressions de voyage pour ses chansons et ses livres. Il s'adonne également à la photographie et au dessin. Lors de ses escales à Paris, il enregistre ses albums : Royaume de Siam en 1979, L'atelier du crabe qui contient le tube "Marin'bar" (titre que Manset considérera comme trop commercial par la suite et dont il ne permettra la réédition en CD qu'en 1999) et "Le train du soir" à moins d'un an l'un de l'autre, en 1981, puis "Comme un guerrier" en 1982. En fait, seuls les enregistrements en studio l'intéressent. La scène n'est pour lui qu'un endroit où l'on se montre, comme un animal de foire. Son discours qui peut paraître méprisant est en réalité une marque d'exigence envers lui-même et les autres.
Il semble ne plus avoir exposé de peintures pendant plus de seize ans - depuis la sortie des Arts Déco - jusqu'à l'exposition réalisée en 1982 à la Maison de la Culture de Bourges, puis trois ans plus tard à la galerie Etienne de Causans à Paris.
En 1984, sort un nouvel album intitulé Lumières.
Son douzième album Prisonnier de l'inutile est publié en 1985. En fait, les chansons ont été écrites en même temps que celles du précédent album. Elles n'en sont que la continuité immédiate, avec la tristesse comme composante principale.
Gérard Manset ressent à cette époque une certaine pression due à son statut de chanteur. Il décide d'arrêter la chanson et de se consacrer à des activités qui le satisfont vraiment. Il commence par exposer ses peintures durant l'été 1985, puis ses photos au printemps 1986, ce qui donnera naissance à un livre-album Chambre d'Asie. En avril 1987, il publie son premier roman Royaume de Siam.
En 1988, il décide de retirer du commerce ses 33 tours, qu'il souhaite remplacer par des disques compact. C'est l'occasion pour lui de rentrer à nouveau en studio. Il se lance dans le remixage digital de son œuvre (sans "La Mort d'Orion" qui ressortira seulement en 1997). C'est ainsi qu'un coffret de cinq CD (Entrez dans le rêve) est commercialisé.
Gérard Manset sort un nouvel album Matrice en 1989, œuvre résolument rock, réaliste et plus noire que jamais, "D'une époque à vomir, l'histoire dira ce qu'il faut retenir…". Les critiques sont élogieuses et le public suit. Matrice a été considéré comme l'un des meilleurs albums français de la décennie. Plus de cent mille exemplaires sont vendus.
Porté par l'enthousiasme général, Manset récidive dix-huit mois plus tard en publiant Revivre. La pochette sobre tranche avec les thèmes abordés: les tropiques, les Indiens, l'Amazonie, etc. Mais le charme n'opère pas de la même façon, comme si Manset semblait plus apprécié quand il décrit la noirceur et la tristesse urbaine.
En 1993, il publie un nouveau roman intitulé Wisut Kasat.
En 1994 sort La vallée de la Paix, son quinzième album. La pochette quasi psychédélique est très colorée. Manset développe ses thèmes favoris et continue à ciseler des textes comme "Paradis", le simple, extrait de l'album. Néanmoins, il le revendique comme un album positif, en cherchant à se défaire de l'image triste qui lui colle à la peau.
L'hommage de ses pairs
L'aura de Manset dans la chanson française est telle que sur l'initiative de Bayon, journaliste et chroniqueur à Libération, Francis Cabrel et Alain Bashung, un disque hommage sort en 1996. Route Manset regroupe des chansons de Manset, interprétées par des artistes comme Françoise Hardy, Jean-Louis Murat, Salif Keita ou Cheb Mami. La pochette est illustrée par Enki Bilal et rappelle ses premiers dessins inspirés par Manset publiés par le mensuel Pilote. L'expérience est intéressante car elle donne aux paroles de Manset une autre dimension. Pour une fois, elles ne sont pas portées par cette voix froide et tranchante. Le chanteur ne fera que peu de commentaires sur cet hommage.
Seul le travail en studio présente un intérêt pour Manset. Il sort un nouvel album intitulé Jadis et naguère. Pas de grands changements dans les thèmes abordés. "Comme le buvard boit l'encre" est le simple extrait de l'album. Pour la promotion, Manset se contente d'accorder des entretiens à la presse écrite. Il ne fait pas de télé et encore moins de scène. Il déclare à ce sujet: "Je trouve impudique, ridicule de chanter face à un public".
L'année suivante, il supervise la sortie de quatre doubles CD de rééditions (contenant "Bergère" qui devait initialement figurer sur l'album Matrice, "Pavillon sous la neige" sur "Comme un guerrier" et - plus mineur - "Artificiers du décadent" sur "Jadis et Naguère") et un "best of" sur lequel on trouve notamment le titre "Marin'bar".
Dans une interview, Gérard Manset avoue lui-même se considérer comme un "être de refus et d'échec".
2000
Du 15 février au 4 mars 2000, la galerie >auteurs a accueilli l'exposition photos "la vallée de la paix". Le livre 72 heures à Angkor paraît en mai 2000 aux éditions Les Belles Lettres, suivi d'une nouvelle exposition de photographies: "Gérard Manset, De Siem Reap à Khajuraho".
2004
Début mars, Gérard Manset sort un nouvel album intitulé Le langage oublié.