Gesualdo

Grand représentant, aux côtés de Marenzio et Monteverdi, du madrigal italien de la Renaissance, Gesualdo, né vers 1560 et mort en 1613, a marqué l'histoire de la musique, tant par sa vie excessive que par ses compositions, parmi les plus innovantes de cette période.

Table of contents
1 La Vie
2 L'Oeuvre
3 Voir aussi

La Vie

Naissance

Carlo Gesualdo, prince de Venosa, est né probablement à Naples, vers 1561, au sein d'une famille aristocratique, ayant des liens étoits avec l'Eglise (on trouve, parmi ses oncles, l'archevêques Alphonso Gesualdo, et saint Charles Boromée, alors que le Pape Pie IV était un de ses grands-oncles.)

Education Musicale

Son père s'entoura d'une manière d'académie musicale, constituée entre autres d'un neveu chanteur et luthiste, d'un organiste flamand... Carlo Gesualdo fut ainsi initié dès son plus jeune age à la musique, notamment à l'archiluth et à la composition, et en devint vite obsédé. Il composa tout d'abord sous le pseudonyme de Gioseppe Pilonij, mais la reconnaissance de son talent, et l'intérêt porté par le public, eurent raison de son anonymat.

Premier Mariage

Son premier mariage, contracté en 1586 avec Maria d'Avalos, fille du Duc de Pescara, se termina sordidement quatre ans après par l'assassinat de Maria et de son amant, et l'issue tragique de ces noces contribua à la postérité de Gesualdo, qui est devenu le compositeur meurtrier de l'histoire de la musique. Cette scène se déroula le 16 octobre 1590 : Gesualdo fis croire à une partie de chasse, et est revenu afin de surprendre sa femme en flagrant délit d'adultère avec le Duc d'Andria. Le mythe voudrait que les blessures pourtées à Maria l'étaient uniquement à la région du bas-ventre, et que l'amant est resté pendu jusqu'à ce que la pourriture trop avancée de son corps oblige Gesualdo à l'enterrer, pour éviter une épidémie. Cet comdamnation si sévère de l'adultère, autorisée à l'époque, l'obligea à se retirer à la ville de Gesualdo, dans son domaine, qu'il ne quitta plus guère, pour se prémunir de la colère d'une des deux familles.

Deuxième Mariage

En 1594, Leonora d'Este, nièce du Duc de Ferrare. pages

Deux Enfants

Gesualdo aura deux fils, un par mariage. qui mourront l'un après l'autre en bas age. Certains pensent qu'il aurait étouffé son premier enfant. Le décès du second, en octobre 1600, l'a fortement marqué, et pourrait être le point de départ des scéances de pénitence, si particulières, qu'il s'infligea par la suite.

Une Mort Suspecte

Carlo Gesualdo aurait été retrouvé mort nu, le 8 septembre 1613, suite à une des séances de pénitence, au caractère si particulier, qu'il affectionnait. Selon certaines sources, cette mort aurait pu être volontaire, désirée - entre autre - par ces éphèbes qui devaient se préter aux séances de flagellation.

L'Oeuvre

Impunité

Son rang, et les liens de sa famille avec l'Eglise, lui permirent de mener sa vie et ses compositions, pour le moins originales et dérangeantes.

Entre Renaissance Et Musique Baroque

Gesualdo est cependant un compositeur "traditionnel". A la différence de Monteverdi, son contemporain, véritable charnière entre Renaissance et Baroque, considéré comme le père de l'opéra, chez lequel on voit, par exemple, une révolution entre les premiers livres de madrigaux, a capella, et les derniers, au style concertant, qui n'ont pout tout dire plus aucun point commun avec les premiers, Gesualdo n'a pas modifié les formes préexistantes. Il a composé à la manière vieillissante de l'époque, mais avec un style très personnel, reflétant sa personnalité exacerbée.

Inspiration

Gesualdo mettait un grand soin dans le choix des textes de ses madrigaux, qui ont souvent un lien avec les épisodes de sa vie. Il trouvait les poèmes à illustrer chez Le Tasse, par exemple, son ami, excessif et passionné comme lui, qui fini fou. Sa musique est très proche du texte Gesualdo a également puisé dans les textes de Giovanni Battista Guarini.

Influences

Oeuvre Sacrée

N'étant nullement tenu de composer de la musique religieuse, du fait de son rang et de ses protections, on pourrait s'étonner, après avoir lu l'histoire de sa vie, si éloignée de celle attendue d'un croyant, et après avoir écouté ses oeuvres profanes, si sensuelles, de trouver des oeuvres sacrées au catalogue de Gesualdo. Leur existence ne peut s'expliquer que par un besoin, un choix personnel, Gesualdo étant aussi passionné dans ses amours profanes que dans son amour de Dieu. Des oeuvres sacrées de Gesualdo :

Oeuvre Profane

Les madrigaux de Gesualdo, au contenu sensuel contrastant avec sa musique sacrée, sont à l'origine de sa postérité.

Postérité

Les regards portés sur Gesualdo on grandement changé à l'aube du XXeme siècle. De compositeur marginal, déséquiliblé, sombrant petit à petit dans l'oubli, il est devenu le visionaire, le premier, 300 ans avant Wagner et les compositeurs modernes, à faire un usage important du chromatisme, des dissonnances, des contrastes extrêmes et des ruptures rythmiques.

La vie et l'oeuvre de Gesualdo ont de ce fait inspiré les auteurs du XXeme siècle. Ainsi, Alfred Schnittke a écrit un opéra dans lequel Gesualdo joue un rôle principal, tandis que Stravinski composa un Monumentum pro Gesualdo à son honneur.

Enfin, Anatole France évoqua le meurtre de la première femme de Gesualdo dans Le Puits de Sainte-Claire.

Voir aussi

Madrigal



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