-Gottfried Leibniz-
Gottfried Wilhelm von Leibniz (Leipzig, 1er juillet 1646 - Hanovre, 14 novembre 1716) était un philosophe, scientifique, mathématicien, diplomate et homme de loi allemand. Comme philosophe, il s'est intéressé fort tôt à la scolastique et à la syllogistique. Il a également conçu le projet d'une encyclopédie ou « bibliothèque universelle »: «Il importe à la félicité du genre humain que soit fondée une Encyclopédie, c’est-à-dire une collection ordonnée de vérités suffisant, autant que faire se peut, à la déduction de toutes choses utiles.» Initia et specimina scientiae generalis, 1679-1680.
- La « raison suffisante » :
La raison suffisante est le principe qui a guidé Leibnitz dans ses recherches: rien n'arrive sans raison déterminante. Leibniz ne nie pas que le mal existe. Il affirme toutefois que tous les maux ne peuvent pas être moindres: ils trouvent leur explication et leur justification dans l'ensemble, dans l'harmonie du tableau de l'univers. « Les défauts apparents du monde entier, ces taches d'un soleil dont le nôtre n'est qu'un rayon, relèvent sa beauté bien loin de la diminuer ». (Théodicité,1710 - parution en 1747).
Répondant à Bayle, il établit la démonstration suivante: si Dieu existe, il est parfait et unique. Or, si Dieu est parfait, il est "nécessairement" tout-puissant, toute bonté et toute justice, toute sagesse. Ainsi, si Dieu existe, il a, par nécessité, pu, voulu et su créer le moins imparfait de tous les mondes imparfaits; le monde le mieux adapté aux fins suprêmes.
En 1759, dans le conte philosophique Candide, Voltaire fait de son personnage Pangloss le porte-parole du providentialisme de Leibniz. Il y déforme volontairement sa doctrine en la réduisant à la formule: « tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles ».
Jean-Jacques Rousseau rappellera à Voltaire l'aspect contraignant de la démonstration de Leibniz: « Ces questions se rapportent toutes à l'existence de Dieu. (...) Si l'on m'accorde la première proposition, jamais on n'ébranlera les suivantes; si on la nie, il ne faut pas discuter sur ses conséquences.» (Lettre du 18 août 1756)
Bibliographie
- Discours de métaphysique, (1686)
- Dissertation sur l’art combinatoire (1690)
- Système nouveau de la nature et de la communication des substances (1695)
- Nouveaux Essais sur L'entendement humain, (1705)
- Essais de théodicée (1710)
- Monadologie (1714)
- Discours touchant la méthode de la certitude et l’art d’inventer