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Le guarani est une langue amérindienne agglutinante de la famille tupi-guarani parlée au Paraguay (où elle a un statut co-officiel avec l'espagnol), au nord de l'Argentine, à l'est de la Bolivie, au sud et au nord-est du Brésil. On estime qu'il y a six millions de personnes qui parlent le guarani.
C'est une langue agglutinante, à syllabes ouvertes (soit consonne-voyelle, soit voyelle seule, les syllabes ne finissent pas par des consonnes); l'accent tonique tombe sur la dernière syllabe des mots. Elle a douze voyelles, six voyelles simples a, e, i, o, u, y et leurs six voyelles nasales correspondantes, ainsi qu'un coup de glotte, noté par une apostrophe.
Les mots guaranis n'ont ni genre, ni cas, il n'existe pas non plus d'articles. La marque du pluriel est facultative, et souvent omise.
Le guarani s'écrit avec l'alphabet latin, dont l'orthographe est basée sur celle choisie lors du 1er congrès sur les langues tupi-guarani qui eut lieu à Montevideo en 1950. Cette orthographe utilise le tilde (~) pour noter les nasales, très abondantes en guarani, on a ainsi les lettres accentuées suivantes: ã, ẽ, g̃, ĩ, ñ, õ, ũ, ỹ (à noter que g̃ n'existe pas en tant que caractère précomposé dans Unicode).
Au Paraguay, où elle est parlée par 90% de la population, la langue y a statut officiel, et depuis la réforme de l'Éducation elle est utilisée comme langue d'enseignement à côté de l'espagnol.
De nombreux mots guaranis sont entrés dans le vocabulaire espagnol, et de là vers d'autres langues, en particulier des noms relatifs à la faune et la flore d'Amérique du Sud. Par exemple ñandú (nandou), jaguaretá (jaguar), tatú (tatou), ananá (ananas), curaré (curare), piraña (piranha, signifie "poisson du diable"),... en fait le guarani est, après le grec et le latin, la troisième source en importance des noms scientifiques de plantes et d'animaux.