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La guerre de Succession d'Espagne a opposé de 1701 à 1714 la France et l'Espagne à une coalition européenne. L'enjeu en fut le trône d'Espagne et, à travers lui, la domination en Europe. Dernière grande guerre de Louis XIV, elle a contribué à la ruine économique de la France, qui n'a évité l'invasion que de justesse.
En 1700, Charles II, roi d'Espagne, meurt sans successeur. Les deux principales familles régnantes d'Europe, celle de France (Bourbons) et celle d'Autriche (Habsbourgs), revendiquent alors le trône.
Charles II a légué sa couronne par testament à Philippe, duc d'Anjou, petit-fils du roi de France Louis XIV. Louis XIV songe alors à unir les couronnes de France et d'Espagne. C'est à cette occasion qu'on lui attribue la phrase : « Il n'y a plus de Pyrénées ! ». Philippe, âgé de 17 ans, va à Madrid où il est couronné sous le nom de Philippe V.
L'Angleterre et les Pays-Bas, craignant la nouvelle puissance de la France alliée à l'Espagne, forment en 1702 la Grande Alliance avec la Bavière, la Prusse et l'Autriche. Pendant les années qui suivent, les armées de la coalition, dirigées par le prince Eugène et le duc de Marlborough, remportent de nombreuses victoires sur tous les terrains : Blenheim en 1704, Toulon en 1707, Lille en 1708.
En 1708, Louis XIV est obligé de demander la paix. La coalition exige qu'il retire son soutien à Philippe V et qu'il se charge de déposer lui-même son petit-fils en lui envoyant l'armée française. Louis XIV refuse ces conditions humiliantes et poursuit la guerre. La France est à bout de forces et la coalition semble en mesure d'avancer jusqu'à Paris. C'est pourtant à ce moment que le rapport de forces se met à évoluer. À Malplaquet, l'armée française, bien que vaincue, inflige de telles pertes aux Anglais que ceux-ci n'exploitent pas leur avantage. Deux ans plus tard, à Denain, le maréchal de Villars remporte contre les forces impériales une victoire qui écarte les risques d'invasion.
Toute l'Europe est épuisée. La France, en particulier, a considérablement souffert des impôts rendus nécessaires par les combats. L'issue de la guerre ne pourra venir que de la diplomatie. Au congrès d'Utrecht, qui réunit les belligérants depuis janvier 1712, chacun essaie de trouver une sortie honorable. Philippe V conserve le trône d'Espagne ; le roi actuel, Juan Carlos Ier, est son descendant direct. Toutefois Philippe doit renoncer, pour lui et pour sa descendance, au trône de France même dans le cas où les autres princes du sang français disparaîtraient. De la même manière, la France conserve une grande partie des conquêtes de Louis XIV (Alsace, Roussillon, Lille...), mais elle doit abandonner toute prétention au trône d'Espagne. En Amérique, la France cède l'Acadie à l'Angleterre et l'Espagne perd le monopole de l'aciento ou traite des Noirs. Les combats cessent définitivement en 1714.
La guerre de succession d'Espagne a profondément marqué l'évolution du rapport des forces entre les puissances européennes. L'Angleterre s'est affirmée comme l'une des puissances majeures en Europe. En Amérique du Nord, elle a commencé à évincer la France. Ce processus se poursuivra avec la renonciation au Québec en 1763 et s'achèvera avec la vente de la Louisiane aux États-Unis d'Amérique en 1803.