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La guerre franco-allemande (19 juillet 1870 - 10 mai 1871) opposa le Second Empire français et les royaumes allemands unis derrière le royaume de Prusse (aussi est-elle parfois appelée guerre franco-prussienne). Le conflit marqua le point culminant de la tension entre les deux puissances, résultant de la volonté prussienne de dominer toute l'Allemagne, qui n'était alors qu'une fédération lâche d'États quasi-indépendants. La défaite entraîna la chute de l'Empire français.
La fébrilité de la France manipulée
L'élément déclencheur de la guerre fut la candidature du prince allemand Leopold von Hohenzollern-Sigmaringen au trône d'Espagne, vacant depuis la révolution de septembre 1868. Alors que la France lui avait demandé de garantir le retrait de Leopold, le roi Guillaume de Prusse déclara que le problème était hors de son contrôle et de son intérêt.
Cependant son télégramme (la dépêche d'Ems) relatant son entretien avec l'ambassadeur de France fut réécrit par le chancelier de Prusse Bismarck (même si Leopold s'était bien retiré) de manière à provoquer l'indignation des Français. Le chancelier cherchait en effet à souder les États allemands pour concrétiser l'unité allemande. Or, après le succès de Sadowa, une nouvelle guerre victorieuse lui apparaissait comme le moyen le plus efficace d'atteindre son but. La France répondit à la provocation en déclarant officiellement la guerre le 19 juillet 1870 à la Prusse. Les États allemands prirent alors parti pour la Prusse qui paraissait agressée.
Une victoire sans appel de l'Allemagne
Mal préparés, très inférieurs en nombre et très mal commandés, les Français furent sévèrement battus dans plusieurs batailles, où ils ont pu cependant faire quelque fois preuve de panache, souvent absurde et meurtrier, notamment lors de la bataille de Reichshoffen. Le 2 septembre, à la bataille de Sedan, l'empereur français Napoléon III fut fait prisonnier avec 100 000 soldats. Cela entraîna deux jours plus tard une révolution sans violence à Paris et la création d'un gouvernement de défense nationale. Une nouvelle défaite écrasante française eut lieu à Metz, où le maréchal Bazaine se rendit avec 180 000 soldats le 27 octobre. Un armistice fut signé le 28 janvier 1871, dix jours après la proclamation de Guillaume comme empereur allemand à Versailles. La stratégie de Bismarck était une réussite.
L\'insurrection de la Commune
Cependant, la Garde nationale et les ouvriers de Paris refusèrent d'accepter la défaite, critiquant le gouvernement conservateur pour n'avoir pas su organiser une résistance nationale efficace, et prirent le contrôle de la capitale le 18 mars, mettant en place un gouvernement insurrectionnel : la Commune de Paris. Avec le soutien tacite des Prussiens qui libérèrent des prisonniers de guerre, l'armée française reconquit Paris et exécuta des dizaines de milliers de travailleurs et de révolutionnaires durant la « Semaine sanglante » (21 - 28 mai).
Un traité de paix humiliant la France
Le traité de paix préliminaire franco-allemand, signé à Versailles le 26 février, fut confirmé par le traité de Francfort (10 mai 1871). La France dut céder les trois départements de l'Alsace-Moselle (qui constituèrent jusqu'en 1919 la province allemande d'Alsace-Lorraine) et payer une indemnité de guerre de 2 000 millions de francs. Les troupes allemandes occupèrent une partie de la France jusqu'à ce que le total des indemnité fut versé en septembre 1873.
L'unité de l'Allemagne et de l'Italie, la naissance de la Troisième République
Alors que la guerre unit toute l'Allemagne sous la couronne prussienne, la France devint une république (février 1875) où la mémoire de la Commune devait longtemps diviser la droite et la gauche. Une conséquence indirecte de la guerre fut que les États pontificaux, qui n'étaient plus sous la protection française, furent annexés (le 20 septembre 1870) par l'Italie, complétant l'unification du pays.
Un fort désir de revanche
La guerre empoisonna les relations franco-allemandes durant les décennies suivantes, contribuant aux rivalités européennes qui devaient déboucher sur la Première guerre mondiale. Le fort désir français de revanche - pour la perte de l'Alsace-Lorraine - donna son nom au phénomène du revanchisme, le désir de punir l'ennemi passé et de regagner les anciens territoires.