Hadrien

Hadrien ou Adrien (Publius Æelius Hadrianus), empereur romain, est né en 76 à Italica et mort en 138. Il succède à son père adoptif Trajan en 117. Empereur humaniste, lettré, poète et pacifique, il n'attache pas une grande importance aux conquêtes de Trajan sur l'Euphrate et rompt avec la politique expansioniste de son prédécesseur, s'attachant à pacifier et à organiser l'Empire tout en consolidant les frontières.

On lui doit, entre autres, des fortifications continues destinées à protéger l'empire contre les invasions barbares (mur d'Hadrien au nord de l'Angleterre, par exemple). C'est sous son règne qu'ont eu lieu d'importants soulèvements en Judée, qui se sont soldés par des répressions et l'une des diasporas du peuple juif parmi les plus lourdes de l'Antiquité.

Amoureux du monde hellénique, il tente de restaurer la religion grecque en restreignant les cultes orientaux. Son amour pour le jeune Antinoos (ou Antinoüs) l'a poussé à le faire représenter de nombreuses fois en statue, lesquelles nous sont parfois parvenues et nous permettent de donner un visage au célèbre bithynien. Marié à Sabine, il n'a pas d'enfant avec elle mais adopte Aurelius Antoninus (plus connu sous le nom d'Antonin le Pieux), qui lui succédera à la tête de l'Empire romain.

De la poésie d'Hadrien ne nous sont parvenus que quelques vers, parmi lesquels sa propre épitaphe :

Animula uagula blandula
Hospes comesque corporis
Quæ nunc abibis in loca
Pallidula rigida nudula
Nec ut soles dabis iocos
Amelette vaguelette, blanchelette,
Hôtesse et compagne de mon corps,
Qui bientôt partira en des lieux
Pâles, raides et nus,
Tu n'y donneras plus tes reparties habituelles.

Ronsard s'en inspirera :

« A son âme »
Amelette Ronsardelette,
Mignonnelette doucelette,
Tres chere hostesse de mon corps,
Tu descens là bas foiblelette,
Pasle, maigrelette, seulette,
Dans le froid Royaume des mors :
Toutesfois simple, sans remors
De meurtre, poison, ou rancune,
Méprisant faveurs & tresors
Tant enviez par la commune.
Passant, i'ay dit, suy ta fortune
Ne trouble mon repos, ie dors.

Pierre de Ronsard, Derniers vers, « À son âme ».

Marguerite Yourcenar a écrit une autobiographie fictive de l'empereur romain intitulée les Mémoires d'Hadrien, en 1951, un portrait psychologique subtil où elle mit beaucoup d'elle-même.


Voir aussi : histoire de Rome ~ empire romain




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