Hannibal


Portrait d'Annibal

Hannibal Barca (ou Annibal -247 à -183), fils d'Hamilcar Barca, est un général carthaginois, qui s'est notamment illustré pendant la deuxième guerre punique où il dirigea les troupes carthaginoises à l'assaut de l'empire romain naissant. Il est surtout célèbre pour ses éléphants de guerre qu'il mena à travers l'Espagne et les Alpes jusqu'en Italie et pour ses qualités militaires (il étudia notamment les stratèges grecs).

Hanni-baal signifie en phénicien « qui a la faveur de Baal » et Barca, « la foudre ».

Table of contents
1 Événements antérieurs à Hannibal
2 L'ascension
3 La deuxième guerre punique
4 L'exil et la mort
5 Entre mythe et réalité
6 Au-delà de l'histoire, le symbole
7 Annexes

Événements antérieurs à Hannibal

Situation du bassin méditerranéen à cette époque

Au milieu du IIIe siècle avant notre ère, la ville de Carthage, où naît Hannibal, est fortement imprégnée de la culture hellénistique issue des vestiges de l'empire d'Alexandre le Grand. Carthage occupe alors une place prépondérante dans les échanges commerciaux du bassin méditerranéen et possède notamment des comptoirs en Sicile, en Sardaigne, sur les côtes d'Espagne et en Afrique du Nord. Elle possède également une forte flotte de guerre qui assure la sécurité des routes maritimes vers l'or du golfe de Guinée et l'étain des côtes britanniques.

L'autre grande force méditerranéenne de l'époque est Rome qui, pour se développer, cherche à s'emparer de la Sicile et déclenche avec Carthage une guerre qui dure une vingtaine d'années, la première guerre punique (punique est un synonyme de carthaginois). C'est le premier conflit d'envergure où Rome est victorieuse.

La première guerre punique (264-241 av. J.-C.)

Un conflit secondaire à Syracuse amène les deux empires à s'affronter. Cette guerre est marquée par trois phases sur deux terrains d'opérations terrestres, ainsi qu'en mer : en Sicile (264-256 av. J.C), en Afrique (256-250 av. J.C) et à nouveau en Sicile (250-241 av. J.C). C'est lors de cette dernière phase, puis surtout après la guerre qu'Hamilcar Barca se fait connaître.

Voir l'article Première guerre punique

Guerre des mercenaires (241-237 av. J.-C.)

Au lendemain de la première guerre punique, malgré les précautions prises par Hamilcar Barca, Carthage se trouve en difficulté pour disperser ses mercenaires qui ne tardent pas à assiéger la ville. Cet épisode inspirera le Salammbô de Gustave Flaubert. Hamilcar parvient à réprimer cette révolte dans le sang au Défilé de la Scie (ou de la Hache), en 237 av. J.-C.

L'ascension

Fils d'Hamilcar Barca

Campagne d'Espagne (237-219 av. J.-C.)

En difficulté au Sénat de Carthagène, Hamilcar part pour la péninsule ibérique où Carthage possède déjà des comptoirs sur la côte. Pendant une dizaine d'années, il conquiert le sud de l'Espagne, assisté de son gendre Hasdrubal l'Ancien.

À la mort d'Hamilcar, durant l'hiver 229-228 av. J.-C, Hasdrubal lui succède. Le temps d'Hasdrubal sera marqué par deux événements : en 226 av. J.-C, un traité avec Rome lui interdit de franchir l'Ebre et, en 221, il fonde Carthagène (Carthago Nova, « Carthage la Neuve »).

Hasdrubal ne tarde pas à être assassiné et Hannibal lui succède. Dans un premier temps, il étend l'empire carthaginois vers le centre de l'Espagne (Nouvelle-Castille). Mais, en 219, il s'attaque à Sagonte, alliée de Rome. Ce sera le début de la deuxième guerre punique.

Le général en chef

Jusqu'au printemps 218, Hannibal commence à réunir une large armée et envoie des représentants négocier son passage et les alliances le long de son trajet. Il parvient à rassembler 80 000 hommes.

Hannibal n'est pas forcément un grand stratège, mais ses qualités de tacticien sont reconnues de tous les historiens, qui le comparent volontiers à Alexandre le Grand. Il sait que sa flotte est largement inférieure à celle des Romains, donc il ne les attaquera pas par la mer : il choisira un trajet terreste, beaucoup plus long mais plus intéressant, car il lui permettra de recruter en chemin bon nombre de mercenaires ou de s'allier à des peuplades celtes désireuses d'en découdre avec les Romains. De plus, on lui doit une innovation pour le moins surprenante : l'utilisation d'éléphants dont le rôle peut être comparé à celui des actuels chars d'assaut. Enfin, il privilégie les actions de commandos qui permettent l'effet de surprise et font appel à des forces relativement peu nombreuses mais très bien entraînées.

La deuxième guerre punique


Représentation d'Hannibal au XVe siècle

Une fois Sagonte conquise et détruite, Hannibal pénètre en Gaule en évitant soigneusement de s'attaquer aux villes grecques de Catalogne. On pense que, après avoir franchi les Pyrénées au col du Perthus et établi son campement près de la ville d'Illibéris (Elne), il s'est dirigé sans encombre jusqu'au Rhône, à la surprise des Romains qui se décident alors à lui empêcher le passage en Italie. Les Romains viennent en effet tout juste de conquérir la Gaule cisalpine et si Hannibal parvient à traverser les Alpes, il pourra trouver un renfort chez les Gaulois.

La traversée des Alpes

L'itinéraire emprunté par Hannibal est toujours sujet à polémique. Mais en octobre 218 les Alpes sont franchies, soit par le col du Petit-Saint-Bernard, soit par celui du mont Cenis ou encore celui du mont Genèvre. Les détails fournis par Polybius de Megalopolis et Tite-Live sont très imprécis. Certains auteurs prétendent qu'il a emprunté le col du Clapier.

On ne sait pas non plus comment et à quel endroit exactement Hannibal a traversé le Rhône avec ses fameux éléphants. Combien étaient-ils au début, combien à la fin ? Certains avancent le chiffre de trente sept. D'après certains auteurs, les éléphants auraient tous péri lors de la traversée des Alpes.

Passées les Alpes et parvenu dans la région de Turin, Hannibal écrase coup sur coup les premières armées romaines qui lui sont opposées sur le Tessin et la Trébie. Ces succès amènent les Gaulois à prendre parti pour Hannibal contre leurs récents vainqueurs romains.

Voir aussi : La traversée des Alpes, Tite-Live, Histoire romaine (Ab Urbe Condita), XXI, XXXI-XXXV.

La victoire de Cannes

Après les victoires du Tessin et de la Trébie, les Carthaginois se reposent à Bologne, puis continuent leur descente vers Rome, remportant, en 217, la bataille de Trasimène sur les troupes de Flaminius Nepos. Mais Hannibal n'a pas l'intention d'attaquer Rome. Son prochain objectif est l'Apulie, notamment la ville de Capoue. Il parviendra à ses fins après la bataille de Cannes (en latin Cannae, située en Apulie), en 216, où il écrase l'armée conduite par les consuls Varron et Paul Émile. Il ne lui reste plus qu'à attendre que Rome, entourée de troupes ennemies, tombe comme un fruit mûr.

Les « délices de Capoue »

En attendant, Hannibal prend ses quartiers d'hiver à Capoue, ville où il était entré facilement puisque ses amis politiques y avaient pris le pouvoir peu avant la bataille de Cannes. La ville (aujourd'hui Santa Maria Capua Vetere) aurait offert à ses soldats de nombreux plaisirs amollissant leurs forces. C'est en tout cas le sens des fameux « délices de Capoue », une expression dont on ne sait trop si elle correspond à la réalité. En fait, si Hannibal temporise à Capoue, c'est qu'il espère une désagrégation totale de la confédération italienne, ainsi que de nouvelles alliances qui lui permettraient enfin d'obtenir la domination sur mer.

La fin d'un rêve

Mais les choses ne se passent pas comme prévu. Malgré le ralliement des Grecs de Syracuse et de Tarente, la flotte punique n'arrive toujours pas à contrôler la Méditerranée. Sur terre, les légions romaines se reconstituent peu à peu, tandis que grâce aux Scipions le fragile royaume bâti en Espagne par Hannibal s'effondre. Ça ne se passe guère mieux en Italie, où Syracuse par Marcellus en 212, Capoue en 211 et Tarente par Fabius Cunctator en 209 sont reprises par les Romains. La tentative de siège de Rome d'Hannibal se solde par un semi-échec, ses troupes étant lasses et mal équipées. Contraint de se replier, Hannibal a perdu l'initiative des opérations, et bientôt ses armées vont connaître pour la première fois la défaite.
Les Romains, dirigés par Scipion, lancent en 204 une invasion de l'Afrique (la région carthaginoise), pour forcer Hannibal à quitter l'Italie et mener le combat en Afrique. La rencontre des deux armées a lieu à Zama en 202, où les Romains écrasent les Carthaginois.
Pour honorer sa victoire, les Romains ajoutent le surnom Africanus au nom de Scipion, devenu dès lors Scipion l'Africain.

L'exil et la mort

Obligé de signer la paix avec Rome, Hannibal prend maintenant part à la vie politique carthaginoise et dirige le parti démocratique. Il réussit à devenir suffète, ce qui inquiète Rome qui décide de l'éliminer (195). Contraint à l'exil, il tente de soulever l'Asie Mineure contre Rome, en rejoignant le Séleucide Antiochos III. Mais cette tentative est mise en échec du fait de la défaite en 189 d'Antiochos face aux Romains qui exigent la remise d'Hannibal. Celui-ci se réfugie alors à la cour du roi de Bithynie Prusias où il vivra cinq ans avant que les Romains n'entreprennent de le réclamer. Menacé, Hannibal choisit de se donner la mort (183).

Entre mythe et réalité

L'histoire d'Hannibal nous est connue au travers des récits des auteurs grecs et romains, et notamment l’Histoire romaine de Tite-Live.

Au-delà de l'histoire, le symbole

Bien que l'Hannibal historique soit en fait assez peu connu, certains symboles lui sont solidement attachés depuis l'Antiquité : l'audace, le courage, la pugnacité.

Ces symboles sont notamment repris par un raid sportif partant de Lyon et menant à Turin à travers les Alpes et qui porte son nom : le raid Hannibal.

Hannibal est considéré comme un grand stratège, au même titre qu'Alexandre le Grand, Jules César et Napoléon Bonaparte. En fait, ce fut surtout un grand tacticien, et la défaite finale montre que sa stratégie était sans doute erronée.

Annexes

Articles connexes

Références

Liens externes


(en fin de semaine il conviendra de déplacer cette page en Hannibal Barca afin de faire une page d'homonymie Hannibal.)

Hannibal est aussi un film (2001) de Ridley Scott avec l'acteur Anthony Hopkins. Voir Hannibal Lecter.

Hannibal est aussi un personnage de l'Agence tous risques, une série télévisée des années 1980, où il est le chef d'une bande de mercenaires-justiciers en cavale. Il est notamment célèbre pour sa phrase de conclusion qu'il répète, satisfait, à la fin de chaque épisode en machouillant son cigare : J'adore quand mes plans se déroulent sans accrocs !



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