Hésiode d'Ascra

Hésiode (Hêsiodos) serait né à Ascra, petit bourg de la Béotie, vers la fin du VIIIe siècle av. J.-C. Son père, Dius, était un petit paysan venu de Cumes en Éolie, contrée d'Asie Mineure située entre l'Ionie et la Troade. Il y acheta près d'Ascra en Béotie un lopin de terre, et y épousa Pycimède, dont il eut deux fils : Hésiode et Persès.

Hésiode toute sa jeunesse mena la dure vie des pauvres paysans de son époque, et au moment du partage de l'héritage de son père, il eut un grave différend avec son frère Persès, ce qui entraîna un procès. Cependant, Persès corrompit les juges et obtint une part plus importante, mais Hésiode, grâce à sa frugalité et à son sens de l'économie devint bientôt plus riche. Généreux, il aida plusieurs fois son frère en lui prêtant de l'argent.

Il espérait amener son frère à la sagesse, à une saine vie et à une bonne gestion de ses biens, et composa, pour son instruction, le poème des Travaux et des Jours, ouvrage didactique, axé autour de deux vérités morales : le travail est la grande loi de l'humanité et celui qui travaille peut vivre décemment. Cet ouvrage fut écrit dans un contexte de crise agraire menaçante et de vagues de colonisation de cadets grecs à la recherche de nouvelles terres.

Cet ouvrage est une leçon pratique sur les travaux de l'agriculture; il se présente comme un calendrier précis de l'année d'un agriculteur. Hésiode instaure un parallèle entre le monde des hommes et celui des dieux. Il y chante le travail, l'honnêteté et la justice en opposition à l'idéal guerrier. Il contient, outre de nombreuses notations agricoles et astrologiques, le tableau des cinq âges du monde, une explication mythique de la naissance des races. Hésiode est le prophète de la race de fer, qu'il fait succéder à la race des Héros, il dénonce la rapacité des rois, l'injustice et la guerre, et parmi de nombreux récits mythiques, il développe celui de Pandore.

Hésiode préférait l’innocence et la tranquillité des campagnes à la vie corrompue des cités, et raconte comment, alors qu'il était pasteur sur l’Hélicon, il y rencontra les Muses, qui lui reprochèrent sa paresse, lui donnèrent une branche de laurier et l'animèrent du souffle poétique. Dès lors il décida de se vouer tout entier à leur culte. A Chalcis en Eubée, participant au concours de poésie organisé par les fils du roi Amphidamas pour célébrer les funérailles de leur père, il remporta la victoire avec un poème célébrant l'agriculture et la paix. La légende prétend qu'il aurait battu Homère lui-même à ce concours mais rien ne permet de l'affirmer, et Hésiode n'en parle pas.

Voulant dédier aux Muses, le trépied qui constituait son prix, il se rendit auprès de l'Oracle de Delphes, où la Pythie lui fit une terrible prédiction : "Heureux ce mortel qui visite ma demeure, cet Hésiode que chérissent les Muses immortelles ! Sa gloire s'étendra aussi loin que les rayons de l'aurore. Mais redoute le bois fameux de Jupiter Néméen. C'est là que le destin a marqué le terme de ta vie."

Hésiode, pensant que la prédiction désignait le temple de Jupiter Néméen sur le site d'Olympie, s'éloigna du Péloponèse et s'établit à Oenoë, ville de la Locride, région de la Grèce centrale, entre les golfes de Corinthe et d’Eubée. Il y vécu longtemps, prit femme et eut un fils. Cependant, un jour, alors qu'il séjournait chez un hôte avec un certain Milésius, celui-ci viola la fille de son hôte durant la nuit. Hésiode fut accusé du crime et tué par les frères de la victime. Ce que Hésiode avait ignoré, c'est que le lieu de ces évènements, qui était une région boisée près de la mer, était consacré à "Jupiter Néméen". La prophétie se réalisait.

Les seuls faits authentiquement connus sur Hésiode sont les événements consignés dans ses poèmes, tels que sa condition de pâtre sur l'Hélicon, sa victoire à Chalcis, son procès avec son frère et la naissance de son fils. Sa mort par assassinat est aussi chose certaine. Tout le reste sont des faits rapportés après sa mort par des historiens de l'antiquité, et pour lesquels peuvent exister plusieurs versions.

Hésiode s'est peint lui-même dans ses ouvrages, comme ami d'une existence sédentaire, observateur de la tempérance et de la justice, religieux jusqu'à la superstition, n'ambitionnant point la faveur des rois et se contentant de se rendre utile à ses concitoyens, à qui il prêchait la morale avec de beaux vers. Il est le créateur de la poésie didactique. Après sa mort des statues furent érigées à Thespie, à Olympie, sur l'Hélicon. Ses poésies chantées par les rhapsodes devinrent très populaires et acquirent une grande renommée.

Durant sa longue vie à Oenoë, Hésiode rédigea sa grande oeuvre, la "Théogonie" ou généalogie des dieux, dans laquelle il présente la multitude des dieux célébrés par les mythes grecs où trois générations divines se succèdent : celle d’Ouranos, celle de Kronos, celle de Zeus. À cette généalogie divine s’ajoute une cosmogonie qui retrace la création du monde à partir du Chaos. Il y rédigea aussi de nombreux autres poèmes dont "Le Bouclier d'Hercule", "Les Éhées" ou "Catalogue des femmes".


Quelques proverbes d'Hésiode :
Voir aussi Liste des philosophes par année de naissance




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