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Le hêtre (Fagus sylvatica) est un arbre à feuilles caduques, de la famille des fagacées qui comprend en outre le chêne et le châtaignier. Il fait partie des essences nobles sélectionnées par les forestiers. En association avec le chêne, il forme des futaies appelées « chênaie-hêtraie ».
Le hêtre a reçu de nombreuses dénominations au cours des âges et selon les régions : faye, fau, faon, fayard, favinier, fouteau... On retrouve souvent ses noms dans celui des communes ou des lieux dits. Le nom de hêtre vient du vieux germanique hester. L'espèce vivant dans nos régions est le Fagus sylvatica. On lui connaît plusieurs cousins :
Le hêtre fait partie en France des essences dominantes et constitue environ 10% de nos forêts. C'est un arbre de longévité moyenne de 150 à 200 ans allant exceptionnellement jusqu'à 300 ans. C'est un arbre de plaine et de basse montagne (jusqu'à 1500 m). On le trouve en abondance en Bretagne, Normandie (Lyons-la-Forêt) et Picardie. Il recouvre collines et basses montagnes en Lorraine, Bourgogne et Franche-Comté. Il est rare en Méditerranée (uniquement en montagne) et absent ou presque du Bassin aquitain, de la Champagne et de la Sologne. La plus belle hêtraie d'Europe se situe en Belgique à Soigne.
Son aspect varie selon le traitement forestier. En futaie, il peut avoir un grand tronc très dégagé avec un houppier étroit et des branches dressées, tandis qu'isolé, son tronc est très court avec un houppier large et haut, aux branches étalées.
Le bois du hêtre est très utilisé dans la fabrication de nombreux objets et ustensiles. Son grain fin et court en fait un bois facile à travailler notamment en petite menuiserie. Des chaises aux avirons en passant par les escaliers, le hêtre sait tout faire à condition qu'il n'y ait pas de longue portée (charpente) et qu'on ne le laisse pas dehors. En effet, le bois de hêtre pourrit facilement s'il n'est pas protégé par un goudron à base de distillat de sa propre écorce (comme pour les traverses de chemin de fer). C'est le meilleur bois de feuillu connu pour la pâte à papier, et il est actuellement abondamment exploité pour cet usage.
Le hêtre fructifie à partir de 60 ou 80 ans. Cette fructification qui a lieu tous les ans, est très abondante sur tout le massif forestier l'année suivant un été chaud,ensoleillé et sec, mais jamais deux années de suite. Son fruit, la faîne, est très apprécié des rongeurs mais aussi, autrefois, des enfants. Légèrement toxique si consommée en grande quantité, la faîne n'en était pas moins pressée au siècle dernier en Angleterre pour obtenir une huile qui entrait dans les préparations culinaires... et dans la lampe.
| Table of contents |
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2 Habitat et exigences 3 Phénologie 4 Croissance 5 Utilisation du bois 6 Propriétés |
feuille
Climat de températures variées avec une constante d'humidité. Peu exigeant sur les sols à condition qu'ils soient bien drainés. On le trouve en montagne jusqu'à 1500 m.
Les sous-bois de hêtraie sont très sombres et très peu d'espèces végétales sont capables de survivre dans ce milieu où le soleil perce à grand peine. Le hêtre dans ses premières années a besoin d'ombre ; les jeunes sujets redoutent par dessus tout un excessif ensoleillement. En forêt, dans une « coupe blanche », il germe et meurt de déssèchement. Sous les chênes au feuillage clairsemé, il croît très vite et les dépasse. Il les recouvre de son feuillage dense et les fait mourir par manque de lumière. Heureusement, sur le plan commercial, le chêne est très nettement supérieur au hêtre et les forestiers en assurent la survie en détruisant les jeunes fayards d'un coup de serpe à 10 cm du sol (ce qui donne un magnifique départ de bonsaï par la suite).
L'enracinement est puissant et peu profond (voire superficiel) et de grosses racines se répartissent dans toutes les directions.
Peu difficile quant à la nature du sol, le hêtre a pour exigences majeures : une atmosphère humide (des précipitations bien réparties tout au long de l'année ou des brouillards fréquents) et un sol bien drainé : il ne résiste pas à l'excès d'eau. Il préfère les sols peu fertiles, calcaires ou légèrement acides. Ainsi, le trouve-t-on plus volontiers à flanc de coteaux qu'au fond d'une cuvette argileuse. S'il est bien résistant aux froids rigoureux de l'hiver, le hêtre est particulièrement sensible aux gelées de printemps. Le rôle des mycorhizes dans la croissance du hêtre est considérable. Sans mycorhize, le hêtre ne pourrait vivre ni se développer normalement. Ce rôle est complexe et peut être ainsi schématisé : protection chimique et mécanique des racines contre les bactéries, élaboration de substance de croissance, amélioration dans d'alimentation en éléments minéraux et en eau de l'arbre. C'est la raison pour laquelle il est toujours conseillé lors d'un prélèvement ou d'un rempotage de conserver et réintégrer une part du substrat d'origine pour faciliter la reconstitution de cette flore mycorhyzienne. Les partenaires fongiques du hêtre sont : les bolets, les lactaires, les amanites, les girolles, les cortinaires et les hebelomes.
Le débourrement des bourgeons a lieu tardivement. Entre autres signes et indices biologiques ou chimiques, le hêtre reconnait le moment propice à l'éclosion à la durée journalière d'ensoleillement. C'est pour cette raison que le débourrement du hêtre a lieu chaque année fin avril, début mai avec une remarquable précision (à peu de jours près), pourtant plus précoce dans le nord qu'au sud, à 600 m qu'au niveau de la mer (1).
Chaque bourgeon contient depuis sa formation au cours de l'été précédent, la totalité des feuilles qui composeront le rameau (entre 3 et 11). D'autre part, le bourgeon terminal émet au printemps une hormone inhibitrice qui freine le développement des bourgeons adventifs. Cette tendance, très forte au début de leur existence, s'affaiblit chez les vieux sujets.
Ce n'est qu'après le débourrement que la croissance des racines commence : il apparaît d'abord de très fines racines (de diamètre inférieur à 0,5 mm) puis après la vague d'allongement aérien, des racines moins fines croissent de façon rythmique.
Description
En futaie les individus typiques ont un tronc droit à l'écorce lisse gris-clair, les cimes sont imposantes et très ramifiées.

gangue de faine

Habitat et exigences
Phénologie
Croissance
Le hêtre investit beaucoup en été et automne pour le printemps suivant. Ses conditions de vie estivales déterminent directement le nombre de feuilles incluses dans les bourgeons. En automne, le hêtre fait les réserves que le printemps viendra lui soutirer. On comprend aisément qu'en jouant sur la vigueur de l'arbre à la belle saison, on peut guider son évolution de l'année suivante. Pour augmenter le nombre de bourgeons et donc favoriser la ramification, il faut encourager le développement de nombreuses feuilles. Pour celà, il faudra un arrosage abondant en été et un engrais azoté fin août, début septembre. Le dernier fumage de la saison, fin septembre début octobre, préparera l'hiver (phosphore). Dans de bonne conditions, un bourgeon peut avoir jusqu'à 10 feuilles. Au printemps on veillera à modérer l'arrosage de manière à éviter l'allongement des rameaux et donc la longueur des entre-noeuds. Dans la même optique, le premier engrais de la saison devra être administré au plus tôt fin mai.