Histoire de Bruxelles

Table of contents
1 Création de la ville
2 Débuts industriels
3 La révolution des artisans
4 De la période bourguignonne à celle des Habsbourg
5 La lutte pour l’indépendance
6 Un rôle international

Création de la ville

C'est au Xe siècle que l'on voit apparaître pour la première fois le nom de Bruxelles, lorsque l'empereur germanique Otton II confie à Charles de Basse Lotharingie – descendant de Charlemagne – un fief dans la vallée de la Senne. C'est sur ce cours d'eau, sur l'île Saint-Gery, que Charles fait bâtir une place forte en 977. A l'époque, le lieu est nommé Bruocsela, c'est-à-dire la demeure sur le marais. (De nos jours, la Senne, extrêmement polluée par les égouts de la ville, a été engloutie par l'urbanisation et n'est quasiment plus visible.)

Mais un siècle plus tard, l'île Saint-Gery, sans doute trop marécageuse, sera délaissée au profit du flanc Sud de la vallée de la Senne, le lieu dit du Coudenberg (emplacement de l'actuelle Place Royale). C'est à cet emplacement que seront ensuite construits les châteaux qui accueilleront tour à tour le duc Jean Ier de Brabant (XIIIe siècle) et ses successeurs, puis les ducs de Bourgogne (XVe siècle) ... jusqu'à la monarchie actuelle.

Débuts industriels

Au début du XIIe siècle, le commerce devient un acteur principal en Europe occidentale. Les centres commerçants deviennent rapidement de puissantes villes, grâce aux rivières et canaux de la région. Gand, Ypres, Anvers et Bruges deviennent les pivots du commerce des textiles de la mer du nord, entre la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Angleterre. Grâce à ses artisans, Bruxelles devient un centre commercial important. Ses édifices imposants démontrent sa puissance comme la cathédrale Saint-Michel et Sainte-Gudule, construite en 1225.

La révolution des artisans

Les deux siècles suivants voient Bruxelles s’enrichir. Le commerce se spécialise dans les belles étoffes qu’on exporte vers les marchés de France, d’Italie et d’Angleterre. Les artisans alors réunis en corporation s’emparent du pouvoir de Bruxelles. Les conflits naissent entre ces derniers qui souhaitent conserver de bonnes relations avec l’Angleterre, et leurs souverains français autocrates, qui prélèvent des impôts sur la ville. Au 14ème siècle éclate une série de révoltes menées par les artisans de Bruges et de Bruxelles contre ce qu’ils nomment « la tyrannie des seigneurs français ». En mai 1302, armés seulement de lances, les artisans flamands écrasent les Français à la bataille de Courtrai, dite "bataille des éperons d’or". En 1356, Jeanne, duchesse de Louvain, prend le contrôle de Bruxelles et institue la Charte des libertés des artisans : un certain pouvoir politique dans la ville leur revient enfin.

De la période bourguignonne à celle des Habsbourg

En 1430, le Duc de Bourgogne, Philippe le Bon, hérite du Brabant. Bruxelles devient alors capitale bourguignonne. Elle s’impose alors comme centre administratif et culturel, célèbre pour l’architecture grandiose de ses églises, son palais et son commerce d’artisanat de luxe. En 1477, Marie de Bourgogne épouse Maximilien d’Autriche. Elle meurt en 1482, laissant son époux et la dynastie des Habsbourg gouverner Bruxelles. A la mort de Maximilien, sa fille, l’impératrice [[Marguerite d’Autriche]], déplace la capitale à Malines, où elle élève son neveu, le futur empereur Charles Quint. La domination espagnole : En 1515, Charles Quint devient à 15 ans souverain de Bourgogne et à 16 ans hérite du trône d’Espagne. Cette date marque le début de la domination espagnole. Né à Gand, il considère les Flandres comme sa vraie patrie : il rétablit Bruxelles comme capitale, siège de trois conseils du gouvernement, que de personnalités flamandes viennent diriger. Bruxelles abrite pour la première fois une cour et émerge rapidement comme la plus puissante ville flamande, dépassant ses rivales, Bruges et Anvers. Mais Philippe II succède à Charles Quint en 1555 et apporte une période trouble, marquée par de rudes guerres de religions. Finie la glorieuse époque, bonjour tristesse et décadence. Elle durera près de deux siècles.

La lutte pour l’indépendance

Entre 1794 et 1830, la Belgique est occupée par des puissances étrangères. D’abord par les armées républicaines françaises, puis, après la défaite de Napoléon à Waterloo en 1815, par les Hollandais. Après 1815, Guillaume I d’Orange est nommé roi des Pays-Bas, Belgique incluse. Son style autoritaire engendre le mécontentement. C’est dans la nuit du 24 au 25 août de cette année que les Belges mènent leur révolution. Elle démarre à Bruxelles mais gagne vite les provinces. Le roi de la nouvelle nation indépendante sera Léopold I. En 1830, Bruxelles devient la capitale de la Belgique indépendante, attirant une nouvelle population administrative tandis que les faubourgs industrialisés connaissent une grande densification démographique. De gigantesques travaux confèrent à Bruxelles son statut de capitale : édification des galeries Saint-Hubert (1846), voûtement de la Senne (1865), construction du Palais de Justice (1866-1883) et du Parc du Cinquantenaire (1880). De nouveaux quartiers sont dessinés et font l’objet d’un plan d’urbanisme révolutionnaire. Sous l’impulsion de Victor Horta, de superbes demeures d’Art nouveau s'érigent au début du XXe siècle. Bruxelles connaît alors un important retentissement culturel.

Un rôle international

A la pointe de l’Europe, Bruxelles est une cité multiculturelle et cosmopolite. L’histoire de la Belgique dans la dernière moitié du XXe siècle est dominée par l’incessant débat linguistique entre Flamands et Wallons. Entre 1970 et 1994, la Constitution est remaniée, créant un Etat fédéral à trois régions : le nord flamand, le sud wallon francophone et Bruxelles bilingue. Comme la majorité de l’Europe, la Belgique passe du boom économique des années 1960 à la récession des années 1970-1980. Durant ces décennies, la place de Bruxelles renforce son rôle de capitale de l’Europe : en 1958, elle devient le siège de la Communauté européenne. L’OTAN s’y installe en 1967.



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