Histoire de la Lorraine

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Table of contents
1 Préhistoire
2 Protohistoire
3 Antiquité
4 Moyen Âge
5 Époque moderne
6 Époque contemporaine
7 Articles connexes

Préhistoire

Les premières traces de la présence de l'homme en Lorraine remontent à plusieurs centaines de milliers d'années. Grâce à ses forêts giboyeuses et ses rivières poissonneuses, elle offre à l'homme préhistorique des ressources alimentaires en abondance mais peu d'abris dans la plaine. Les traces d'occupation sont encore assez rares au paléolithique (plateau de Haye) et il faut attendre le néolithique pour que la région commence à se peupler comme l'attestent les poteries et les outils primitifs retrouvés sur les différents sites (plateau de Malzéville, colline Sainte-Croix, butte de Vaudémont, colline de Sion ou mont Hérapel).

Protohistoire

La Lorraine se développe grâce au commerce du fer et du sel. Le sel provenait de la région de la Seille et était obtenu par évaporation en chauffant l'eau de certaines sources naturelles d'eau salée.

Vers le IIIe siècle avant notre ère, trois peuplades celtes s'installent en Lorraine.

Ces peuplades pratiquent la culture des céréales, l'élevage, l'artisanat des métaux et la poterie.

En 58 avant Jésus-Christ, ces peuplades s'allient aux Romains pour repousser les envahisseurs Germains, mais à partir de -52, ce sont les Romains qui prendront possession de la région.

Antiquité

Après l'invasion romaine, la région connait une période de paix durable. L'empereur Auguste intègrera la région à la province de Gallia Belgica. Les Romains ont contribué au développement de la région, en construisant des routes, des aqueducs, des bâtiments, etc. Le tracé des routes actuelles correspond encore en partie à celui de celles créées par les Romains.

Il existe de nombreux vestiges de sites gallo-romains comme l'amphithéâtre gallo-romain de Grand ou le parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim.

En 451, la région est envahie par les Huns et Metz est rasée.

Moyen Âge

À partir de 482, la région est intégrée au royaume de Clovis et en 561, Metz devient la capitale de l'Austrasie. Pépin de Herstal, un roi austrasien devient roi des Francs après sa victoire sur Thierry II, roi de Neustrie.

Bien que Lothaire ait été le successeur de Louis le Pieux, ses frères Charles le Chauve et Louis le Germanique lui imposèrent le partage du royaume de Charlemagne par le traité de Verdun en 843. Le royaume qui en résulta s'étendait de l'Italie à la Mer du Nord. Celle-ci fut partagée (traité de Prum, 855) et une partie donnée à Lothaire II à la mort de Lothaire puis passa, à la mort de celui-ci en 869, sous le contrôle partiel de Charles le Chauve. Louis le Germanique lui en avait en effet cédé une partie lors du traité de Meersen. Charles voulut en obtenir le contrôle total par la force mais il fut sévèrement défait. La Lotharingie devint alors une cause de conflit entre la France et la Germanie. En 911 elle passa sous le contrôle du roi de Francie occidentale Charles le Simple. En 925, elle devint un duché de l'Empire germanique après que Henri Ier eut réussi à rallier l'aristocratie lotharingienne à sa cause et obtenu la neutralité de Charles le Simple.

Le nom Lorraine est dérivé du nom Lotharii Regnum, qui est le nom de la partie Nord de la Lotharingie, sur laquelle régna Lothaire II. Le nom allemand de la Lorraine, Lothringen est resté inchangé.

Avec la perte du titre impérial et le déclin de l'influence caroligienne, le royaume fut petit à petit démembré et devint un duché, lequel duché fut à son tour divisé entre duché de Haute-Lorraine - correspondant à la province ecclésiastique de Trèves - et duché de Basse-Lorraine ou Lothier.

Pendant tout le Moyen-Âge, Les limites géographiques du Duché sont très complexes et changeantes. Par exemple, les trois évêchés Metz, Toul et Verdun étaient alors des temporels épiscopaux c'est-à-dire des lieux où l'Évêque exerçait le pouvoir temporel.

Époque moderne

Outre les possessions laïques, la Lorraine comprend les territoires relevant des Trois-Evêchés (Toul, Metz et Verdun] annexés à la France sous Louis XIV par le traité de Westphalie, et occupés de fait dès 1552 par Henri II.

Le duché (dont les ducs sont aussi ducs de Barr) subit de longues occupations par les armées françaises au cours de la plupart des guerres du XVIIe et du début du XVIIIe siècle. En 1735, alors que le duc François doit épouser l'archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche, héritière des Habsbourg, la France refuse de voir la Lorraine , quasi enclavée (l'Alsace a été progressivement annexé au cours du règne de Louis XIV) dans son territoire passer entre les mains d'une grande puissance étrangère. Il est donc convenu de l'échanger contre la Toscane. Afin de ménager les succeptibilités, la Lorraine n'est pas immédiatement annexée à la France, mais remise, à titre viager, au beau-père de Louis XV, l'ex-roi de Pologne Stanislas Leszczynski qui à partir de 1733 est son dernier duc souverain. Le pays est déjà gouverné de fait par un chancellier nommé par la France, et à la mort de Stanislas, en 1766 la Lorraine fut annexée à la France et réorganisée.

Époque contemporaine

En 1790, la Lorraine donna naissance à quatre départements français : la Meurthe, la Meuse, la Moselle et les Vosges. En 1793, les dernières enclaves non françaises furent annexées, le comté de Salm dans les Vosges et le comté de Créhange dans la Moselle.

Suite à la guerre de 1870, une partie de la Lorraine fut, avec l'Alsace, annexée par l'Allemagne lors du traité de Francfort (1871). Cette partie était constituée de presque toute la Moselle, à l'exception de l'extrême ouest du département (Briey, Longwy), de la fraction nord-est de la Meurthe (Château-Salins, Sarrebourg), et de quelques communes des Vosges (canton de Schirmeck et moitié orientale du canton de Saales). Le reste de la Meurthe et de la Moselle constituèrent, en 1871, le département de Meurthe-et-Moselle. L'ensemble des territoires annexés forma, sous l'administration allemande, le Reichsland d'Alsace-Lorraine (Elsaß-Lothringen), avec pour capitale Strasbourg.

Départements lorrains avant 1871, figurés par les différentes couleurs
En noir, le tracé des limites actuelles de départements

Au sein de l'Alsace et de la Moselle, les populations avaient la possibilité de choisir de quitter leur région pour rejoindre la France. Ces personnes, appelées optants, furent estimées au nombre de 100 000, et une partie d'entre-elles s'installèrent en Lorraine française, et plus précisément à Nancy. Cette arrivée de populations pour la plupart aisées et cultivées fut un élément qui favorisa le dynamisme de cette ville durant cette période, participant notamment au développement de l'art nouveau.

Cependant, la rancœur que nourrissaient les terres perdues par la France au sein de la population et de sa classe politique fut l'une des causes qui l'entraîna dans un nouveau conflit avec l'Allemagne, lors de la première guerre mondiale.

Durant cette guerre, la Lorraine fut directement touchée par les combats. L'une des batailles les plus longues et les plus meurtrières s'y déroula, en 1916 autour de Verdun. Plusieurs villages furent entièrement détruits, jamais reconstruits depuis. On appelle cette région dévastée la zone rouge. D'importants mémoriaux y ont été érigés, comme celui de l'ossuaire de Douaumont.

Après la première guerre mondiale, la France récupéra ses territoires perdus en 1871, lors du traité de Versailles (1919). Les territoires pris à l'origine à la Meurthe et à la Moselle formèrent un seul département, la Moselle, dans des limites qui sont donc sensiblement différentes de celles du département homonyme avant 1871. La Meurthe-et-Moselle, construction temporaire à l'origine, resta inchangée, laissant un souvenir de l'ancienne frontière. Enfin les communes qui avaient été prises aux Vosges restèrent alsaciennes, rattachées au Bas-Rhin.

Les ressources minières de la Lorraine sont alors quasiment intactes:

Entre les deux guerres mondiales, la zone frontalière de Lorraine fut un des lieux de déploiement de la ligne Maginot, ouvrage fortifié destiné à prévenir une nouvelle invasion allemande : cette ligne fut en fait contournée, les armées du IIIe Reich choisissant, contre toute attente, de passer par le massif belgo-français des Ardennes, que l'on considérait comme impraticable pour l'arme blindée.

La Lorraine fut de nouveau occupée durant la seconde guerre mondiale de 1940 à 1944. Pendant cette période le département de la Moselle fut à nouveau annexé par l'Allemagne, de même que l'Alsace. L'ensemble de la Lorraine fut repris par l'armée du général Patton en novembre 1944. Suite à cette bataille, la Lorraine accueille le plus grand cimetière américain d'Europe, à Saint-Avold.

Hormis durant la seconde guerre mondiale, la production industrielle ne va pas cesser de croître jusqu'en 1960 où:

Cette forte demande en main d'œuvre implique un important flux migratoire, à la fois d'autres régions françaises et de l'étranger, principalement d'Italie et de Pologne. La population s'est accrue de 500 000 habitants en 30 ans. Cela implique une tension considérable sur le marché de l'immobilier. En 1965, on estime qu'il manque encore plusieurs dizaines de milliers de logements et qu'environ 30% des Lorrains souffrent de surpopulation.

La Lorraine est alors, après l'Île-de-France et le Nord-Pas-de-Calais, le troisième pôle économique de la France.

À partir des années 1970, le charbon est progressivement remplacé par le gaz, le pétrole puis l'énergie nucléaire. Le développement du transport maritime permet à de nouveaux pays d'exporter leur production de fer et de charbon, venant souvent de gisements beaucoup plus rentables que les mines lorraines. La sidérurgie est alors de plus en plus concurrencée par les usines portuaires, puis par les nouvelles installations des pays exportateurs de minerais. Simultanément, l'industrie textile doit elle également affronter la concurrence de nouveaux pays à faibles coûts de main d'œuvre.

Articles connexes