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Sur plusieurs points, la guerre du Viêt Nam succède directement à la guerre d'Indochine française. La France l'a conduite afin de conserver le contrôle de leur colonie d'Indochine contre un mouvement indépendantiste mené par le leader du Parti Communiste Hô Chi Minh. Après que les forces communistes vietnamiennes (Viêt-minh) aient vaincues l'armée coloniale française lors de la bataille de Diên Biên Phu en 1954, la colonie reçoit son indépendance.
De part le traité de paix de Genève, le Viêt Nam est coupé en deux, temporairement, entre un Nord communiste et un Sud non-communiste. Le pays doit ensuite être réunifié par des élections devant être organisées en 1956. Cependant, les élections n'ont pas lieu. Le président Diem du gouvernement RVN, avec le support du président américain Eisenhower, les annule de peur que Hô Chi Minh ne les remporte.
En réponse du refus d'organiser des élections de réunification, le Front de Libération Nationale (FLN ou Viêt-cong) est créé comme mouvement de guérilla en opposition avec le gouvernement du Sud Viêt Nam.
L'implication de l'Amérique dans la guerre est progressive. Il n'y aura pas de déclaration de guerre formelle, mais en 1964, le Sénat des États-Unis approuve la résolution du golf du Tonkin, qui apporte un large soutien au Président Johnson pour une implication américaine accrue. En 1968, plus de 500.000 soldats stationnent sur place et le tribut des soldats américains tués, tel que rapporté chaque jeudi aux informations du soir, est de plus de 100 tués par semaine.
La foi du public américain en la « lumière au bout du tunnel » est balayée en 1968, quand l'ennemi, supposé être sur le point de s'effondrer, organise l'Offensive du Têt.
Il y avait déjà un faible mouvement d'opposition à la guerre dans certaines parties des États-Unis, dès 1964, spécialement sur certains campus universitaires. Ceci se déroule durant une période jusqu'alors inconnue d'activisme estudiantin de gauche, et par l'arrivée, en nombres significatifs, des Baby Boomers en l'age d'entrer à l'université. La Seconde Guerre mondiale s'était terminée en 1945, et la Guerre de Corée en 1953; ainsi la plupart d'entre eux, sinon tous les Baby Boomers, n'ont jamais été exposés à la guerre. De plus, la Guerre du Viêt Nam reçoit une couverture médiatique d'une intensité sans précédent - elle fut appelée la première guerre télévisée --, ainsi qu'une opposition aussi bruyante de la part de la "Nouvelle Gauche."
Certains américains s'opposent à la guerre sur des bases morales, la voyant comme une guerre destructrice attentant à l'indépendance du Viêt Nam, ou comme une intervention dans une guerre civile étrangère ; d'autres s'y opposent car on manque d'objectifs clairs, et qu'elle apparait alors comme vouée à l'échec. Certains des activistes sont eux-mêmes des vétérans du Viêt Nam, comme en témoigne l'organisation des "Vétérans du Viêt Nam contre la Guerre".
En 1968, le Président Lyndon Johnson débute sa campagne de réélection. Un membre de son propre parti, Eugene McCarthy, se présente contre lui pour l'investiture sur une plate-forme anti-guerre. McCarthy perd les premières élections primaires au New Hampshire, mais il provoque la surprise en réalisant un score élevé contre le sortant. Le coup porté à la campagne de Johnson, combiné à d'autres facteurs, le mène à annoncer qu'il retire sa candidature, lors d'un discours télévisé surprise. Il y annonce conjointement le démarrage des pourparlers de Paix de Paris avec le Viêt Nam.
Se saisissant de l'opportunité causée par l'abandon de Johnson, Robert Kennedy brigue alors l'investiture sur une plate-forme anti-guerre. Le vice-président de Johnson, Hubert Humphrey, se porte également candidat, promettant de continuer d'aider le gouvernement du Sud Viêt Nam.
Robert Kennedy est assassiné durant cet été, et McCarthy est incapable de contrer le support dont Humphrey jouit dans l'élite du parti. Humphrey gagne l'investiture de son parti, et se présente contre Richard Nixon dans les élections générales. Pendant sa campagne, Nixon dit avoir un plan secret pour terminer la guerre.
Nixon est élu Président et démarre sa politique de lent désengagement de la guerre. Le but est d'aider progressivement le Sud à construire sa propre armée en sorte qu'il puisse poursuivre la guerre par lui-même. Cette politique devient la clé de voûte de la Doctrine Nixon. Appliquée au Viêt Nam, la doctrine devient la "Vietnamisation". Le but de la Vietnamisation est de permettre à l'armée du Sud-Viêt Nam de tenir de mieux en mieux contre le FLN et l'armée du Nord-Viêt Nam.
La probité de la conduite des États-Unis durant la guerre continue à alimenter les discussions durant la présidence Nixon. En 1969, il apparait que le lieutenant William Calley, chef de section au Viêt Nam, a conduit un massacre de civils vietnamiens (y compris de petits enfants) à My Lai un an auparavant. Le massacre ne fut stoppé que lorsque deux soldats américains en hélicoptère remarquèrent le carnage et n'intervinrent pour empêcher leurs compatriotes d'assassiner plus de civils. Bien qu'il soit incarcéré pour le massacre de My Lai, Calley ne reçoit qu'une sentence légère à son procès en court-martiale en 1970 et est ensuite gracié par le Président Nixon.
En plus de ce massacre, des millions de Vietnamiens sont morts des conséquences de la guerre du Viêt Nam. Il est toujours très difficile d'estimer le nombre de tués dans tout conflit. Les registres officiels sont difficilement consultables, quand ils existent, et nombreux parmi les tués furent littéralement déchiquetés par les bombardements. Il est ainsi très difficile de s'accorder exactement sur ce qui doit compter comme "victime de guerre du Viêt Nam" ; des gens sont encore aujourd'hui tués par des munitions non-explosées, particulièrement les bombes à fragmentation. Les effets sur l'environnement des agents chimiques, ainsi que les problèmes sociaux colossaux causés par la dévastation du pays après tant de morts ont certainement réduit la durée de vie de beaucoup de survivants.
Les estimations de pertes les plus basses, basées sur les déclarations (à présent reprises) du Nord Viêt Nam étaient autour de 1,5 millions de Vietnamiens tués. Le Viêt Nam a annoncé le 3 avril 1995 qu'un total d'un million de combattants vietnamiens et quatre millions de civils avaient été tués durant la guerre. La validité de ces chiffres n'a généralement pas été contestée. On estime par ailleurs à environ 58.000 le nombre de soldats américains tués.
Les pertes infligées par les Khmers rouges, soutenus par les États-Unis, sont encore plus élevées. Bien qu'adhérant à une forme modifiée de maoïsme, les Khmer Rouges sont anti-soviétiques. En 1970, Nixon ordonne une incursion militaire au Cambodge afin de détruire les refuges Viêt-cong bordant le Sud-Viêt Nam. Beaucoup pensent que les Khmers Rouges ne se seraient probablement pas emparés du pouvoir, tuant tellement (de 900.000 à 2 millions) de leur population sans la déstabilisation causée par la guerre. En particulier à cause des campagnes de bombardements américaines de 'nettoyage des sanctuaires' au Cambodge.
Bien que Nixon ait promis au Sud-Viêt Nam qu'il leur apporterait un support militaire dans l'éventualité d'un effondrement de la situation militaire, le Congrès des États-Unis vote contre tout soutien financier à des actions militaires dans cette région. Nixon se bat alors aussi pour sa propre carrière politique dans le scandale du Watergate grandissant. Ainsi aucun des soutiens militaires promis pour la défense du gouvernement du Sud Viêt Nam n'est envoyé, bien que l'aide économique continue. Elle est cependant presque totalement aspirée par la corruption dans le gouvernement sud-vietnamien et peu en vient effectivement alimenter l'effort de guerre. Le 94e Congrès des États-Unis vote pour que toute aide soit supprimée pour le début de l'année fiscale 1975-76 (1er juillet 1975).
Les États-Unis retirent unilatéralement leurs forces du Viêt Nam en 1973. Début 1975, le Nord envahit le Sud et consolide rapidement le pays sous son contrôle.
Saigon est prise le 30 avril 1975. Le Nord-Viêt Nam unifie le Nord et le Sud du pays le 2 juillet 1976 pour créer la République Socialiste du Viêt Nam. Saïgon est renommée Hô Chi Minh-ville en l'honneur du président précédent du Nord Viêt Nam.
Voir aussiLa Guerre froide et le bourbier du Viêt Nam