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Son grand-père Alphonse XIII fut Roi d'Espagne jusqu'à son enlèvement en 1931 par la Deuxième république espagnole. La république fut violemment terminée par la Guerre civile espagnole et suivie de la dictature de Francisco Franco, qui regna jusqu'à sa mort le 20 novembre 1975. Le 22 novembre, Juan Carlos devint Roi d'Espagne.
Il naquit en exil à Rome. Comme enfant, il était surnommé Juanito ("Ti-Jean"). Il quitta ses parents et vint en Espagne pour suivre une formation sous l'égide de Franco, comme condition de la restauration de la monarchie.
En 1956, son frère cadet Alphonse mourut d'un coup de fusil à la résidence de ses parents à Estoril, Portugal. L'explanation officielle est un accident survenu pendant le nettoyage d'un fusil; mais il est incertain si le fusil était entre les mains d'Alphonse ou de Juan Carlos, le seul témoin.
Franco écarta les droits de succession de Juan de Borbón, le père de Juan Carlos, préférant de dresser Juan Carlos comme son successeur afin de maintenir la régime. Pendant la dictature, Franco créa le titre Prince d'Espagne (plutôt que Prince d'Asturies) pour Juan Carlos. Il commença d'utiliser le deuxième nom Carlos pour avancer ses prétensions à l'héritage du côté carliste de sa famille. Franco retournait pendant une longue période l'idée de céder le trône au cousin de Juan Carlos, Alfonso de Borbón Dampierre. Pendant des périodes de maladie de Franco en 1974 et 1975, Juan Carlos servit de chef d'État intérimaire. Près de la mort, Franco avoua qu'il était trop malade pour gouverner le 30 octobre 1975, et la monarchie fut restauré sous Juan Carlos, que le dictateur avait dressé pour être son successeur fasciste.
Or, Juan Carlos promulga rapidement des reformes démocratiques, au grand dam des éléments conservateurs, notamment les forces armées, qui avait attendé à ce qu'il maintînt l'État fasciste. Juan Carlos nomma Adolfo Suárez, ancien chef du Movimiento Nacional, au poste du Président du gouvernement espagnol (premier ministre).
En 1977, son père renonça formellement ses prétensions au trône; Juan Carlos le remercia en lui confirmant le titre de Comte de Barcelone que le Juan aîné s'était donné pendant son exil. En 1978 fut écrite une nouvelle constitution reconnaissant Juan Carlos roi et héritier légitime de la dynastie.
Une tentative de coup d'État (23-F) le 23 février 1981, entrepris par des officiers de l'armée, saisit les Cortes avec des tirs dans la Chambre parlementaire. On craignait la déroute du processus démocratique, jusqu'à ce que le roi étonna la nation par un apparence télévisé éxigeant le support inambigu des rangs de l'armée pour le gouvernement démocratique légitime. Le roi avait auparavant appelé plusieurs chefs de l'armée pour leur ordonner en tant que commandant en chef de défendre la démocratie.
Lors de sa coronation, un chef communiste, Santiago Carillo, lui avait donné le sobriquet "Juan Carlos le Bref," prédisant qu'il se trouverait écarté avec les autres restes du fascisme. En 1981, après l'avortement du coup, ce même homme politique, ému, dit aux médias, Dieu protège le Roi! Si l'appui de la monarchie chez les démocrates et les gauchistes avait été conditionnel auparavant, après l'échec du coup d'État, ce devint absolu, un ancien chef de la IIe République ayant dit, "Nous sommes tous des monarchistes maintenant." Néanmoins, il est une expression courante que les Espagnoles ne sont pas des monarchistes, mais des "Juancarlistes".
Plus tard, des membres du groupe armé basque ETA furent arrêtés avant de pouvoir effectuer son assassinat à Majorque, lieu de villégiature de la famille royale.
Aujourd'hui, le Roi règne en tant que monarque constitutionnel, sans exercer de pouvoir sur la politique du pays. Il est regardé comme symbole essentiel de l'unité du pays, et ses interventions et points de vue sont écoutés respectueusement par des politiciens de tous les côtés. Son discours annuel la veille de Noël est diffusé par la plupart des canaux télévisuels espagnols. Puisqu'il est le chef suprême des Forces armées espagnoles, son anniversaire de naissance est une fête militaire.
Sa femme est la reine Sofia, une membre de l'ancienne famille royale grecque. Ils ont trois enfants: les infantas Elena et Cristina, et l'héritier apparent, le Prince d'Asturies, Felipe.
L'effigie du Roi figure sur les monnaies d'euro espagnoles.