Spécificités du langage humain
Les travaux de Karl von Frisch, zoologiste autrichien (1886-1982) ont permis de découvrir le « langage » des abeilles qui s’expriment par l’orientation de leur danse en 8. Ces travaux furent ensuite relayés par Émile Benvéniste, linguiste, qui a établi que le langage animal était un « code de signaux ». Le langage humain présente des capacités qui le distinguent du langage animal.
Spécificités du langage humain :
- La capacité à l’alternance : c’est ce qui permet un aller-retour entre les interlocuteurs dans une véritable communication à double sens. La différence est à soigneusement établir avec le langage animal dont les signaux émis unilatéralement déclenchent une action et non d’entrer en relation sur le mode du langage.
- La capacité à exprimer le possible et non seulement le réel présent. C’est la condition sine qua non de la capacité d’abstraction.
- La capacité à exprimer des liens logiques : elle permet que naisse l’argumentation.
- La capacité à exprimer la mémoire du passé : l’aboutissement le plus achevé de cette capacité est l’écriture, mais la transmission orale existait antérieurement, usant de cette même capacité.
- Chez les animaux, il s’agit d’un besoin : chez les humains « l’art de communiquer nos idées dépend moins des organes qui nous servent que d’une faculté propre à l’homme, qui fait employer ses organes à cet usage » (Essai sur l’origine des langues, Jean-Jacques Rousseau). Ce n’est pas spécialement une aptitude physique qui donne aux hommes le langage.
- L’homme est « capable d’arranger ensemble diverses paroles et d’en composer un discours ». (René Descartes). C’est ce que le linguiste Martinet a nommé la double articulation. Avec un nombre fini de moyens (les phonèmes ou à l’écrit les graphèmes), l’homme est capable de composer une infinité de discours.
- Le langage humain est acquis. Tandis que le langage animal est inné. En effet, l’homme doit apprendre à parler : à 4-5 mois, il gazouille, à 10 mois, il connaît 3 ou 4 mots pour maîtriser l’usage de plus de 3000 mots vers 3 ans.