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Initialement intitulée Legenda sanctorum, qui signifie littéralement ce qui doit être lu des saints, cette œuvre est rapidement appelée Legenda aurea car son contenu, d'une grande valeur, est aussi précieux que l'or. Jacques de Voragine a puisé dans les évangiles apocryphes de Nicodème, le Speculum historiale de Vincent de Beauvais, les textes de Grégoire de Tours, de saint Augustin, de saint Jérôme, de Cassien et de bien d'autres pour réaliser cette compilation d'histoires merveilleuses ou atroces du début de la chrétienté. Hauts en couleurs, largement utilisés par les prédicateurs, ces récits avaient pour vocation d'exalter la foi, car le véritable sujet de la Légende dorée est le combat que mène Dieu contre les esprits du Mal, s'exprimant notamment dans le courage des martyrs qui démontre finalement l'impuissance des persécuteurs.
Cet ouvrage connaît dès sa parution, en 1260, un succès considérable. Très rapidement, la Légende dorée devient avec la Bible l'œuvre la plus lue, la plus copiée mais peut-être aussi la plus « augmentée » : aux XIVe et XVe siècles, il n'est pas rare d'en trouver des copies contenant pas moins de 400 histoires... On estime qu'il en existe plus de 10000 manuscrits, du plus simple au plus enluminé, et l'arrivée de l'imprimerie va encore accroître sa diffusion.
La Légende dorée influence également de manière très significative l'art du Moyen-Âge. Des peintres comme Giotto, Simone Martini, Jan Van Eyck, Fra Angelico, Masaccio, Piero della Francesca, Antonello de Messine, Mantegna, Memling et bien d'autres encore puisent largement dans cette œuvre, mettant en scène la vie des saints.
Aujourd'hui la plupart des bibliothèques du monde possèdent au moins un exemplaire de la Légende dorée. Le plus ancien manuscrit connu, datant de 1282, est conservé à la Staatsbibliothek de Munich. La première traduction française de cet ouvrage, effectuée par Jean Belet de Vigny au XIVe siècle, a été imprimée à Paris en 1488.
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