Loi de Grimm

La loi de Grimm (ou « première mutation consonantique ») est une loi de phonétique historique décrivant une série de changements phonétiques qui ont touché les occlusives de l'indo-européen en germanique commun ainsi qu'en arménien. Ces mutations ont pris le nom du premier linguiste allemand qui les a décrites correctement en 1822, Jacob Grimm (1785-1863), l'un des frères Grimm. Cette loi a été complétée ensuite par la loi de Verner ainsi que la seconde mutation consonantique (aussi découverte par Grimm). Initialement, l'on pensait que le processus décrit par Grimm ne concernait que les langues germaniques ; il s'est avéré que l'arménien aussi a connu un développement comparable ; c'est pour cette raison qu'on le compte au rang des langues concernées. L'établissement de cette loi a été la première tentative réussie de rationalisation des phénomènes d'évolution phonétique en diachronie : elle a permis de poser des équivalences systématiques entre les phonèmes d'une langue indo-européenne et celles d'une autre ; c'est, de fait, la première loi linguistique établie. Il a cependant fallu attendre la loi de Verner pour que le caractère systématique de cette loi soit établi.

Table of contents
1 Mécanismes généraux
2 Exemples
3 Résumé
4 Voir aussi

Mécanismes généraux

Les mutations phonétiques décrites par cette loi sont profondes et ont redessiné entièrement le système phonologique des occlusives dans les langues concernées :

Germanique commun Indo-européen Arménien
[ɸ] (f) [θ] (þ) [x] (χ) [xw] (χw) *p *t *k / *ḱ *kw [h] [th] (tʿ) [s] [kh]
[p] [t] [k] [kw] *b *d *g / *ǵ *gw [p] [t] [ts] (c) [k]
[b] [d] [g] [gw] *bh *dh *gh / *ǵh *gwh [b] [d] [dz] (j) [g]

Notes : la notation suit celle de l'API ; les caractères entre parenthèses sont ceux que l'on utilise traditionellement en philologie pour les langues concernées. Les occlusives *p, *t et *k appuyées par *s ne sont pas concernées : *sp reste [sp]. En arménien, *p devient [ph] puis [h] sauf en début de mot, où il peut s'amuïr.

L'on note de plus qu'en germanique commun ne sont concernés que les modes et non les points d'articulation : un phonème bilabial le reste. L'on peut résumer cette mutation ainsi :

Ces phonèmes ont pu par la suite évoluer différemment, surtout s'ils ont été concernés par la loi de Verner et / ou la seconde mutation consonantique.

Exemples

Résumé

Voir aussi

Loi de Verner ~ seconde mutation consonantique ~ phonétique historique ~ linguistique comparée




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