Marche verte
Depuis son indépendance, le Maroc revendiquait via Allal El Fassi (leader charismatique de l'Istiqlal) une large extension vers le sud (Mauritanie, Mali, Sahara Occidental) afin de réaliser le vieux rêve – s'appuyant sur une histoire conquérante – du "Grand Maroc". Tant que l'Espagne occupa le Sahara, le délégué marocain à l'ONU soutint les résolutions en faveur de l'autodétermination. En 1974 Hassan II déclara s'opposer à tout référendum qui pourrait aboutir à l'indépendance du territoire contesté. Le souverain chérifien avait besoin en ce début de 1970 de détourner l'attention du peuple vers une menace ou une ambition extérieure et d'occuper l'armée trop tentée par les coups d'état. Aussi, la récupération des provinces du sud et la marche triomphante vers le Sahara Espagnol permit à Hassan II de sauver son trône et de consolider une dictature liberticide.
Cause sacrée, tabou au même titre que l'Islam et le trône, la question de la marocanité du Sahara enverra dans les prisons et les bagnes des années de plomb tous ceux qui s'y opposeront et en premier lieu les Sahraouis et les militants du Front Polisario.
Cette politique endossée aujourd'hui par Mohamed VI – en dépit des présentations flatteuses que certains magazines peuvent en faire – fut inaugurée avec "la Marche Verte" qui permit en novembre 1975 de faire entrer les troupes marocaines au Sahara Occidental derrière 350 000 civils organisés en marche pacifique, brandissant le drapeau et le coran.
A Madrid, où Franco agonisait, on prit peur, le gouvernement signa à la hâte un accord avec le Maroc et la Mauritanie où l'Espagne transférait des pouvoirs administratifs sur un territoire qu'elle occupait mais sur lequel elle n'avait aucun droit.
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