|
|
Durée 116 mn, scénario et dialogues Jean Cayrol, musique H W Henze et Georges Delerue, avec Delphine Seyrig, Jean-Pierre Kérien, Jean-Baptiste Thierrée, Nita Klein, Jean Dasté, Philippe Laudenbach
Un des rares films linéaires de Resnais, sur le poids des souvenirs, du passé, l'angoisse du temps qui passe. Le traumatisme de la Guerre d'Algérie pour cette génération est présent, à travers le souvenir de Bernard qui reste marqué par la vision de Muriel, victime de la torture.
En montrant que l’expérience de la guerre (pour Bernard, le beau-fils d’Hélène Aughain) ne débouche pas sur un engagement politique mais sur un cauchemar intime et une impossibilité de communiquer, Resnais va au cœur du problème.
Terminée en juin 1962, la guerre d’Algérie demeurait un sujet tabou en France: à l'exception de Jean-Luc Godard ( Le Petit Soldat (1963), interdit plusieurs années), il faudra attendre la fin des années 60 pour que des films plus francs, plus nets, et accusateurs, signés par des cinéastes non français, apparaissent, comme La bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo (tourné en 1966, interdit jusqu’en 1970) ou Le vent des Aurès de Mohamed Lakhdar Hamina.
Muriel n’étant pas un film sur l’Algérie, mais un film où il en est question comme d’une pensée gênante, Resnais par ce propos subtil échappa à la censure très pointilleuse de l'époque.