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Parmi les très nombreux récits traditionnels, les mythes sont souvent ceux qui s'attachent à rapporter des origines, que celles-ci soient du monde, des dieux ou des institutions. Quoique commune, cette définition permet d'accueillir les figures idéales, les modèles intemporels, et de les associer aux récits cosmogoniques ou aux légendes de création du monde (du grec cosmo- « monde » et gon- « engendrer »).
Il existe de très nombreux récits de création du monde. Derrière cette variété se retrouve le souhait immuable de figurer les transformations radicales justifiant l'existence du monde observable, de la Terre et de l'Homme.
| Table of contents |
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2 Etapes classiques de création du monde 3 Quelques mythes cosmogoniques |
La plupart de ces mythes recèlent des points communs :
Symbole de pureté, l'eau est souvent exprimée par le biais du déluge
Dans les sociétés actuelles, la cosmogonie moderne a remplacé les dieux par les lois de la physique et de la chimie, et tente de dépasser les principes anthropomorphes des mythes traditionnels.
La majorité des mythes ont ceci en commun qu'ils ne présupposent pas l'existence d'un Univers incréé, immuable et éternel, mais suggèrent des étapes et des devenirs possibles :
Selon la Théogonie d'Hésiode, au début était le Chaos, un vide incommensurable au sein duquel les éléments erraient, inorganisés. Deux entités s'en séparèrent, Érèbe, la ténébre, et Nuit, provoquant la création de Gaïa, la Terre, et d'Éros, le désir amoureux vu comme force créatrice. Gaïa engendra Ouranos, le ciel, le premier principe fécondateur mâle (pour les Anciens, le ciel fécondait la terre par ses pluies, comparables à une semence de vie), et de leurs étreintes naquirent les Titans, dont Cronos (qu'il ne faut pas confondre avec le mot chronos signifiant « le temps »), les trois Cyclopes et les Hécatonchires (géants à cent mains).
Selon la mythologie orphique, l'eau et des éléments formèrent spontanément la terre, d'où un Cronos monstrueux surgit, lequel créa l'Ether, l'Erèbe et le Chaos puis engendra un œuf d'où naquit Éros, qui donna à son tour naissance à la Lune et au Soleil puis à la Nuit, avec qui il conçut Ouranos et Gaïa.
Voir aussi : mythologie grecque
Au commencement, Atoum-Rê était plongé dans Nout, l'océan primordial. Atoum secréta Shou, le dieu du temps éternel. Shou leva les bras pour séparer les enfants Nout (le ciel étoilé) et Geb (la Terre), dont le fils Osiris fertilisera les sols et instruira les hommes. En Haute-Égypte, Amon (père des dieux fondateurs du monde) féconda l'œuf cosmique d'où naquit toute vie.
Voir aussi : mythologie égyptienne
On représente traditionnellement le cycle créateur impliquant les trois dieux de la Trimurti comme suit : tandis que Vishnou dort, allongé sur le serpent Ananta (infini), lui-même flottant sur l'océan d'inconscience, de son nombril sort un lotus dans lequel se tient Brahma. Tout en dormant, Vishnou rêve le monde tel qu'il l'a connu, et de ses souvenirs oniriques, Brahma donne naissance à un nouveau monde, nécessairement moins pur que le précédent (d'où la théorie des âges). C'est Shiva qui, par sa danse cosmique, anime l'Univers conçu par la pensée et, à la fin du cycle, le détruit.
Pour certaines sectes hindouistes, notre univers n'est que le rêve de Dieu, une illusion, la maya.
Voir aussi : mesure védique du temps
Le même texte rapporte aussi comment le monde sera détruit au cours du ragnarǫk (ragnarok).
Constances dans les schémas de l'imaginaire humain
L'œuf (œuf cosmique)
Il est souvent représenté comme le germe contenant l'univers en puissance. Il symbolise la rénovation périodique de la nature, la possibilité de renaissance du monde. L'éclosion de l'œuf donne naissance à l'Univers (Pan Gu en Chine, Partholon chez les Celtes, Puruska en Inde, Nommo au Mali).L'eau
Le déluge se retrouve dans de nombreuses cosmogonies. Il rappelle à l'homme sa faiblesse face aux puissances célestes et permet le renouvellement du monde grâce aux meilleurs des humains (le roi Manu, sauvé par Vishnu et transformé en poisson, Noé et son arche, Deucalion et Pyrrha sauvés par Prométhée).Le chaos primordial
La naissance d'un monde harmonieux est souvent la résultante de conflits entre forces antagonistes, l'ordre et le désordre.Autres
Dans la majorité des cosmogonies traditionnelles, les créateurs sont un ou des dieux anthropomorphes qui génèrent l'Univers et l'Homme par la parole, le geste, un membre, des sécrétions...Etapes classiques de création du monde
Aux mythes cosmogoniques répondent les mythes eschatologique, qui décrivent la fin du monde.Quelques mythes cosmogoniques
Cosmogonie gréco-romaine antique
Gaïa - Cronos - OuranosCosmogonie judéo-chrétienne
Dans la Genèse biblique, Dieu créa l'Univers en sept jours par le verbe. La Bible indique clairement qu'avant ce geste créateur il n'y avait qu'une forme de chaos, comparable à celui des Grecs : « La terre était déserte et vide, et la ténèbre à la surface de l'abîme » (Genèse 1, 2).
On remarquera que le dieu de la Bible est extérieur au monde qu'il crée et que cette création se fait sans bris de mebre. Là est son originalité en regard des autres cosmogonies.Cosmogonie de l'Égypte antique
Nout, la voûte célesteCosmogonie hindoue
Le temps est vu de manière cyclique ; il existe donc un cycle de créations / destructions. Lorsque Brahma se réveille et qu'il ouvre les yeux, l'univers et tout ce qu'il contient se crée, lorsqu'il s'endort, tout se détruit. Vishnou protège l'univers. Shiva le détruit et donc mène à sa renaissance. L'univers connait donc une suite de naissances et de destructions. Cosmogonie aztèque
Cosmogonie scandinave
La cosmogonie scandinave nous est racontée en détail dans la Vǫluspá (Völuspá), ou Chant de la voyante, poème de l'Edda en vers. Il existe cependant de nombreuses variantes. Le Chant de la voyante en raconte une, que voici : au commencement n'existait qu'un abîme béant, le ginnunga gap qui rappelle le Chaos primordial grec ou la terre déserte et vide biblique. Les éléments y erraient, libres, et une rencontre fortuite entre du feu et de la glace donna naissance au premier géant, Ymir, lequel géant engendra les autres géants. Une vache, Auðumla (Audumla), l'avait délivré de sa gangue de glace en la léchant, et le nourrissait de ses flots de lait. Les fils de Burr Óðinn (Odin) et ses deux frères Hœnir et Lóðurr (Lodur) , géant qu'Auðumla avait aussi libéré de la glace, tuèrent Ymir et bâtirent l'Univers de sa dépouille : son corps devint un cercle de terre, Miðgarð (Midgard ou terre du milieu), qu'entourait son sang, devenu la mer, tandis que son crâne servit de voûte céleste. Ils établirent ensuite un ordre, fixant une place au soleil et à la lune, élevèrent des palais et s'établirent en Ásgarð (Asgard ou terre des dieux Ases ; il existe une autre race de dieux, les Vanes, souvent en guerre contre les Ases). Les neufs mondes avaient pris place autour de l'arbre Yggdrasil, peuplé des mortels que les nains avaient façonnés avec la terre. Óðinn, Hœnir et Lóðurr leur donnèrent le souffle vital. Enfin vinrent Urð (Urd), Verðandi (Verdandi) et Skuld, les trois Nornes, équivalent des Parques latines et des Moires grecques, qui fixèrent le destin de chacun.Le Big Bang
La théorie du Big Bang repose sur le principe d'une l'émergence brutale de l'espace-temps, puis l'apparition et la complexification progressive de la matière. L'Univers est considéré comme en expansion, situation dont l'issue est mystérieuse : elle pourrait se terminer par un Big Crunch, lequel pourrait être suivi d'un nouveau Big Bang.