Occitan

zh-tw:歐西坦語

Table of contents
1 Définition
2 Régions occitano-romanes
3 L'occitan dans le monde
4 Noms de l'occitan
5 Famille linguistique
6 Les différences entre l'occitan et le catalan
7 D'où vient le particularisme de l'occitan ?
8 Langue unifiée
9 Civilisation occitanne
10 La décadence de la langue
11 La renaissance de la langue
12 Statut actuel de l'occitan
13 Langues ou dialectes ?
14 Dante en a parlé
15 Voir aussi

Définition

L'occitan ou langue d'oc est une langue romane. Elle est caractérisée par sa richesse, sa variabilité et par l'intercompréhension de ses dialectes. Elle est parlée en France par 3 à 4 millions de personnes (environ 7 millions la comprennent sans la pratiquer). Son aire d'expansion géographique couvre le sud de la France, certaines vallées des Alpes en Italie, Monaco et le Val d'Aran en Espagne. Pour être plus précis, voici les régions occitanes d'Europe:

Régions occitano-romanes

L'occitan dans le monde

Des colonies occitanophones ont été créées dans le sud de l'Italie (Calabre), en
Sardaigne (catalan),au Pays Basque espagnol (gascon parlé au centre de Saint-Sébastien jusqu'au début du XXe siècle), en Allemagne (duché de Wurtemberg), en Argentine, en Uruguay, les USA (États de l'ouest : Idaho, Oregon...). Certaines colonies parlent encore aujourd'hui l'occitan ou utilisent un dialecte mélé avec la langue locale.

Noms de l'occitan

On l'appelle parfois, à tort, provençal : ce dernier, cependant, n'est qu'un des dialectes occitans. Il fut appelé autrefois limousin , catalan ou encore lingua occitana, occitanique et encore occitanien.

Famille linguistique

L'occitan appartient avec le catalan à la famille de langues occitano-romanes, l'une des plus vieilles familles romanes dont les premières attestations (IXe siècle) précèdent celles du gallo-roman, d'où est issu le français et le franco-provençal (ou romand).

Jules Ronjat a cherché à caractériser l'occitan en s'appuyant sur 19 critères principaux et parmi les plus généralisés. Onze critères sont phonétiques, cinq morphologiques, un syntaxique, et deux lexicaux. On peut ainsi noter l'absence ou la rareté de voyelles fermées (en français : pâte, rose, yeuse). C'est une caractéristique des occitans grace à laquelle on reconnaît leur accent "méridionnal" même quand ils parlent en français. Il existe aussi l'inutilité du pronom personnel sujet (ex: canti , je chante ; cantas , tu chante). On peut trouver encore d'autres traits discriminatifs. Mais, rien que sur les critères principaux il existe: sept différences avec l'espagnol, huit avec l'italien, douze avec le franco-provençal et seize sur dix-neuf avec le français.

Les différences entre l'occitan et le catalan

À un stade ancien, catalan et occitan ne constituaient qu'une seule langue, de sorte que l'on nomme indiféremment « vieux catalan » ou « vieil occitan » cet état ancien. Le catalan est en fait considéré comme un ancien dialecte occitan qui s'est suffisament différencié pour devenir une langue à part entière. Cette différenciation est toutefois essentiellement basée sur des critères politico-géographiques. En effet,le gascon est considéré comme un dialecte occitan, alors que le catalan, bien que plus proche des autres dialectes occitans d'un point de vue linguistique, est considéré comme une langue différente. La langue occitano-catalanne est divisée par la manière d'écrire la langue (graphie). Les occitans ont majoritairement choisis d'utiliser une graphie proche de la langue médiéviale (et du latin). Tandis que les catalans ont choisis une graphie plus centrée sur leur manière de prononcer (pas de n final à catalan par exemple, et aussi l'utilisation du x qui n'existe pas en espagnol). L'aspect politique est important aussi. La Catalogne, contrairement à l'Occitanie, a bénéficié longtemps d'une indépendance étatique allié à un fort développement économique. De plus, l'espace occitan est globalement défini par son appartenance à la France, le catalan est majoritairement défini par son appartenance à l'Espagne. Encore récemment les langues continuent d'évoluer séparemment : le catalan est un ensemble de dialectes qui ont tendance à s'hispaniser au contact du castillan ; l'occitan, lui, a tendance à se galliciser au contact du français. Le poids important des langues espagnole et française dans le monde pèse lourdement sur les rapports de domination linguistique au sein de la France et de l'Espagne. L'ensemble géographique occitano-roman représente environ 23 millions de personnes et 259 000 km². Les régions ne sont pas égales face au pourcentage de locuteurs dans la langue. La France ne compte plus dans certaines régions que 25 % de la population qui vraiment occitanophone (50 % de la population comprend la langue, sans pouvoir la parler couramment). A l'inverse la communauté autonome de Catalogne bat des records du nombre de locuteurs.

D'où vient le particularisme de l'occitan ?

Langue unifiée

Il faut remarquer qu'à l'apogée de la civilisation occitane du
XIe siècle au XIIIe siècle l'occitan était une langue bien plus unifiée qu'aujourd'hui. La koinê était une langue littéraire mais aussi juridique et administrative utilisée sur un immense territoire. On ne sait toujours pas à l'heure actuelle comment a pu se former cette langue trés normalisée pour l'époque! En effet, une langue commune n'apparait jamais spontanément. Elle suppose une unification linguistique selon des critères plus ou moins arbitraires. Ces critères sont souvent consécutifs à une unification politique et administrative (ex: le dialecte francilien est devenu le français de référence, le dialecte toscan est devenu la norme pour l'italien).

Civilisation occitanne

Langues culturelles et intellectuelles du sud de la France pendant toute la période médiévale, tout particulièrement avec les troubadours (celui qui trouve, de trobar, trouver en occitan). Les troubadours ont inventé l'amour courtois en répandant l'idée novatrive de fidélité à la dame plutôt qu'au seigneur. Leur idéologie s'est rapidement propagée dans toute l'Europe. Ainsi, ils donnent le ton aux cours européennes après les temps tristes qui ont suivi les invasions barbares et créent le style de vie raffiné des cours seigneuriales. On peut affirmer que la culture occitanne est une des bases fondatrices des valeurs européennes modernes, au même titre que la Grèce ancienne et que la romanité.

La décadence de la langue

Les langues d'oc ont cependant été évincées de ce rôle par les langues d'oïl du Nord,surtout après l'édit de Villers-Cotterêts. La langue du roi : le dialecte francilien (Ile de France),finira par s'imposer dans tout le pays et même à l'étranger dans l'oral (ancienne provinces occitanophones comme le Poitou, la Saintonge ou les Charentes), ou seulement dans les écrits administratifs et juridiques. La Révolution française n'arrangera pas les choses car les jacobins sous prétexte d'unité nationale, imposeront le français comme la seule langue officielle. Cependant, bien que la littérature occitane devienne moribonde, la langue est toujours utilisée à l'oral et est pour une grande majorité la seule langue parlée jusqu'au début du XXe siècle.

La renaissance de la langue

Première renaissance

Alors que la langue semble fortement attaquée, différents mouvements de défense de la littérature occitane naissent. Pendant la période 1650-1850, la langue se renouvelle. On assista à divers courants qui ont convergés l'un vers l'autre pour redonner à la langue du prestige. Cette première renaissance a préparé l'avènement du Félibrige. On distingue:

Aprés l'oubli des troubadours, ceux-ci connaissent dans la deuxième moitié du
XVIIIe siècle un renouveau d'intérêt. Dans les cercles aristocratiques méridionnaux, on remet en cause la prétendue suprématie littéraire du français. On assiste à une recherche linguistique et littéraire. On retrouve le goût romantique pour le moyen-âge. Le folklore, les romans et les contes champêtres présentent de l'intérêt. Les historiens travaillent sur la "croisade des Albigeois" et sur l'histoire du Midi.

"Apelavam ma lenga una lenga romana". Ce vers est la jonction de deux courants de l'occitan renaissant. L'un: la "langue" : son "patois" quotidien; l'autre : la "lenga romana" est une marque d'érudition . Le patois est vu comme une langue d'un rang très haut. L'amour pour le peuple et ses misères est chanté par Victor Gelu.

A contrario des "savants" qui sont tournés vers le passé dans un sens de recherches érudites et des "ouvriers" qui mettent en avant leurs dynamisme de prolétaires, les poètes bourgeois (ou de petite noblesse) se situeront entre les deux. Le mouvement est plus amateur, mais avec une grande passion pour la langue.

Le Dr Honnorat compris la nécessité de plus de réalisme linguistique. Elle avait perdu sa codification orthographique et morphologique. L'indiscipline dans la grammaire ou la graphie était même revendiquée dans le mouvement ouvrier. Honnorat a publié son dictionnaire provençal-français dès 1840. C'est un précurseur qui redonne à l'occitan sa dignité et sa cohérence.

Seconde renaissance

La seconde renaissance littéraire de la langue s'est faite au XIXe siècle sous la conduite de Frédéric Mistral et du Félibrige. À cette époque la langue est essentiellement utilisée par le peuple rural. Au début du XXe siècle, l'école républicaine joue un grand rôle dans la disparition de l'utilisation orale de la langue. En effet, elle tend à culpabiliser les locuteurs occitan en prétextant que pour réussir dans la vie il faut parler français. La répression de l'utilisation de la langue au sein de l'école est très importante : sévices physiques, humiliations... À cette époque, on dit qu'« il est interdit de cracher par terre et de parler patois ». Le terme de patois est d'ailleurs contestable car péjoratif. Il a eu pour but de faire oublier que l'occitan est une langue et de faire croire que l'utilisation du patois était obscurantiste car elle n'était pas la même d'un village à l'autre.

Statut actuel de l'occitan

Constitution française

Bien que la commission européenne prône la défense des langues minoritaires, l'État français a modifié l'article 2 de la
Constitution en 1992 pour stipuler que « La langue de la République est le français ». La France n'a toujours pas signée la charte européenne pour les langues régionales et minoritaires, alors qu'elle impose à d'autres pays intégrant l'Europe de respecter les droits de leurs propres minorités.

Utilisation

Un sondage montre que 80 % des occitans interrogés (locuteur ou pas de la langue) sont favorables à l'enseignement de l'occitan. Cependant le nombre de postes offerts par l'administration est trés en deçà des besoins exprimés.

Les deux-tiers des sondés considèrent que la langue est plutôt sur le declin.

Le declin est aussi souligné par les institutions européennes et les dialectes occitans sont classés en situation de danger important ou trés important de disparition.

Cependant dernièrement, une jeune génération qui se ré-occitanise est apparue. Elle n'a plus honte de parler le "patois". Son origine est soit rurale , soit issue de milieux cultivés ayant réalisés des études supérieures.

Nouvelles récentes

Le nombre de postes de CAPES d'occitan était de 17 (+ un en école privée) en 2002 , 13 postes en 2003 , et sera de 4 postes pour 2004.

Remy Pech, président de l'université de Toulouse-le-Mirail déclare que c'est "en totale contradiction avec les objectifs de la décentralisation républicaine annoncée par le gouvernement".

Le Partit occitan considère que c'est "une liquidation programmée de l'enseignement de l'occitan".

Alain Rainal de la Féderation des enseignants de langue et culture d'oc (FELCO) parle de liquidation de l'enseignement de l'occitan et donc de liquidation de la langue occitane. En effet, les postes de CAPES diminuent de 30% en moyenne; le CAPES d'occitan diminue, lui, de 71%. Selon lui, le gouvernement demande plus de solidarité aux plus pauvres, et demandent moins au plus riches. Il rajoute que les langues et cultures régionales c'est quelque chose de trés important, un patrimoine inestimable. Donc celà mérite de ne pas être baissé, ,mais au moins d'être laissé au niveau d'avant. M. Rainal rajoute: que cette nouvelle est inquiètante pour l'enseignement de l'occitan bilingue ou trilingue. Les parents d'élèves savent qu'il y a une possibilité de valoriser profesionnellement cette connaissance acquise. Le nombre de postes au concours se réduisants, il faudra passer un concours pour seulement quatre postes. Cela crée une grande difficulté et n'accorde que peu de perspectives profesionnelles.

Langues ou dialectes ?

Il faut noter que l'expression « langue d'oc » est sujette à caution : il n'existe en effet pas une langue d'oc mais des langues d'oc, de la même manière que les langues d'oïl constituent une famille et non une langue unique. Toutefois, la différenciation entre une famille linguistique, une langue, un groupe dialectal, ou un dialecte, est parfois arbitraire, ce qui révèle la complexité de la linguistique.

Les différents dialectes de l'occitan sont :

Les dialectes du nord-ouest: du Poitou, de la Saintonge, de l'Aunis et de l'Angoumois sont aujourd'hui considérés comme disparus . On y parle maintenant des dialectes d'oïl avec de légères connotations d'origine occitanne (ex : le mot tarantelle pour désigner une araignée). De nombreux troubadours de la cour d'Aquitaine-Angleterre étaient originaires de cette région. La capitale de l'Aquitaine était Poitiers à cette époque. Richard Coeur de Lion , aquitain lui-même par sa mère, a composé des poésies en occitan à Poitiers. Cependant cette région n'est jamais revendiquée comme occitane par les occitanistes. Peut-être est-ce par méconnaissance ou par une approche plus "méridionnale" et politique de l'occitanité?

Au centre, les zones intermédiaires entre le français et l'occitan ont étées francisées : Marche et Basse-Auvergne.

Les dialectes de nord-est: le Lyonnais , le Forez et le Dauphiné septentrional qui étaient des zones intermédiaires entre l'occitan et le franco-provençal sont devenues francophones.

Dante en a parlé

Dante est le premier a avoir employé le terme de « lingua d'oco ». Il opposait l'appellation langue d'oc (occitan) à langue d'oïl (français) et à la langue des si (italien). Il se basait sur la particule servant à l'affirmation: dans la première « oui » se dit oc mais oïl dans la seconde et si dans les dialectes italiens. Les deux premiers termes viennent tous deux du latin hoc ille.

Voir aussi

Articles connexes

Aranais, Linguistique, Langues par famille, langues indo-européennes, cathares, Occitanie

Liens externes