Orgue

Le mot Orgue désigne, jusqu’au XXe siècle, un type d’instrument de musique multiforme dont les caractéristiques communes sont :


Buffet d'orgue

Table of contents
1 Introduction
2 Description générale
3 Le mécanisme
4 Facteurs d'orgue célèbres
5 Principaux compositeurs
6 Quelques instruments d'exception
7 Divers

Introduction

Cet instrument est d’origine très ancienne, romaine ou byzantine, et s’est tôt caractérisé en occident comme l’instrument d’église par excellence.

Plus que pour tout autre, les caractéristiques peuvent varier considérablement d’un instrument à l’autre :

En général, chaque grand instrument est une pièce unique, adapté au local qui l’abrite, à sa destination musicale ou liturgique, à l’importance du budget qui a pu lui être consacré : par nature, c’est un instrument extrêmement coûteux, que ce soit en facture, en maintenance, en restauration. A l'époque baroque, l'orgue est un des sommets de la technologie - seuls certains instruments d'horlogerie ou de serrurerie peuvent atteindre une complexité comparable.

Pour toutes ces raisons, on le considère souvent comme le roi des instruments.

Depuis le XXe siècle, il existe aussi des orgues électromécaniques telles les célèbres orgues Hammond puis électroniques possédant des caractéristiques analogues en termes de clavier et de registration) mais où la production des sons résulte d’une synthèse.

Description générale

Les plus petits instruments prennent la forme d'un meuble unique regroupant tous les élémens : console (claviers et autres commandes), soufflerie, sommier et tuyauterie dans un même ensemble de menuiserie.

En ce qui concerne les instruments fixes, il est courant que la console soit séparée des éléments sonores regroupée dans ce qu'on appelle "buffet d'orgue" (il peut y avoir plusieurs buffets distincts pour un seul et même console).

Dans les église et les cathédrales, le grand orgue peut être situé à différents endroits, plus ou moins favorables :

Il y a souvent, dans les grands monuments, un "orgue de choeur" plus petit situé dans cette partie de l'église, au sol ou en tribune.

Le mécanisme

La console

C'est l'organe de commande de l'instrumentiste. Elle regroupe :

Les claviers commandent chacun un des éléments de l'orgue : le grand-orgue, le positif, le récit, l'écho, la bombarde dans les orgues à 5 claviers. Ces noms peuvent d'ailleurs varier. Ils comprennent en principe, de nos jours, 61 notes.

L'accouplement permet de jouer simultanément les touches de deux ou plusieurs claviers en n'en touchant qu'un seul, et donc d'actionner simultanément l'ensemble des registres qui leur sont associés. On réserve le terme de tirasse à l'accouplement de claviers avec le pédalier.

Les touches du pédalier peuvent être disposées parallèlement ou rayonnant en forme d'éventail pour faciliter le jeu. Le pédalier comporte en général de nos jours 32 notes.

La soufflerie

La soufflerie traditionnelle était constituée par de grands soufflets actionnés à la main ou aux pieds par un ou plusieurs assistants (jusqu'à dix). De nos jours, il s'agit en général de souffleries électriques dont le bruit du moteur doit évidemment être aussi faible que possible.

L'air sous pression est dirigé vers une sorte de réservoir à soufflet qui élimine les variations brusques de pression préjudiciables à la qualité du son émis ; il est envoyé aux sommiers par des "porte-vent".

Le sommier

C'est le coeur de l'instrument car c'est lui qui fournit l'air sous pression aux tuyaux sonores en fonction des touches actionnées et des registres sélectionnés par l'organiste. Le sommier est la partie la plus délicate de l'orgue, car il doit assurer un distribution parfaite et équilibrée du "vent" (air sous pression) venant de la soufflerie et la distribuer aux registres sélectionnés, sans fuites d'air qui pourraient faire "corner" l'instrument. L'étanchéité doit en être parfaite, ainsi que ce qu'on appelle l'"attaque" des notes.

Le vent arrive à la partie inférieure du sommier dans une sorte de caisson étanche ( la laye)dont il peut sortir par des soupapes actionnées par l'organiste (la tige qui tire une soupape pénètre dans la laye au travers d'une boursette en cuir très souple qui assure l'étanchéité tout en permettant le mouvement).

Lorsqu'une soupape s'abaisse, l'air pénêtre dans un autre espace, la gravure qui dessert l'ensemble des tuyaux correspondant à la note sélectionnée. La gravure est surmontée de bas en haut :

La position du registre, tiré ou poussé, met en communication, ou non, la gravure avec le ou les tuyaux correspondants : l'air traverse alors, par les trous mis en regard, la table, le registre et la chape.

Un tuyau est donc sélectionné, et résonne, lorsque son registre est en position adéquate et que l'on appuie sur la touche qui le commande.

La transmission

On appelle transmission l'ensemble des organes qui transmettent aux soupapes situées dans le sommier le mouvement de la touche qui est appuyée par l'organiste. Les mêmes principes s'appliquent au maniement des registres situés dans le sommier et actionnés depuis la console (mais avec moins de contraintes).

A l'origine, la transmission était purement mécanique et se constituait d'un ensemble de leviers, de renvois en équerre, de tringles rotatives appelées vergettes reliant l'arrière de la touche à la soupape. Cette technologie demandait une grande minutie de réalisation pour que le mouvement soit précis et le mécanisme pas trop inerte. La réduction des frottements avait une grand importance, et tout cici nécessitait que la console soit le plus près possible du sommier : l'organiste jouait presque toujours dans les tribunes. Lé mécanisme était le plus simple lorsque le clavier était tout près du sommier : toutefois l'écartement des touches étant nécessairement plus petit que celui des soupapes (induit par l'espacement des tuyaux) le mécanisme minimal était ce qu'on appelle l' abrégé.

A partir du XIXe siècle, les principes de transmission se multiplient :

Ces dispositifs éliminent certains inconvénients de la transmission mécanique mais distancient l'interprète des organes sonores.

Les tuyaux

Elle est assurée par des tuyaux qui recoivent, à leur base, l'air sous pression venant du sommier. Le splus souvent, les tuyux ont une position verticale ; ils peuvent aussi être disposés horizontalement (disposition en éventail dite "en chamade" souvent usitée en Espagne).

Les tuyaux diffèrent entre eux par de nombreux paramètres :

Les tuyaux se répartissent donc en plusieurs catégories:
  1. les jeux à bouche, comprenant les fonds et bourdons, les mutations simples et les mutations composées ;
  2. les anches d'une sonorité éclatante, ils sont caractérisés par la présence d'une languette métallique à la base du tuyau qui vibre.

Jeux à bouche.
Le principe de fonctionnement est celui de la
flûte à bec
  1. les montres (ou fonds): des tuyaux ouverts, généralement présentés en façade de l'instrument. Leur taille (dimension) est exprimée en pieds (environ 30 cm). Les plus graves (32 pieds pour la note la plus grave) mesurent environ 10 mètres. Les plus aigus (1 pied), 30 cm.
  2. les tuyaux bouchés (les bourdons) ont une sonorité plus sourde. Parce qu'ils sont bouchés, ils émettent des sons une octave plus grave qu'un tuyau ouvert de même dimension.
  3. les mutations simples émettent des sons différents de la notée jouée : ils sont destinés à être couplés avec d'autres jeux pour en modifier le timbre.
  4. les mutations composées sont formées de plusieurs rangs de tuyaux groupés de façon indissociables et qui émettent ensemble des sons chargés en harmoniques : on parle de fournitures et cymbales en indiquant le nombre de rangs de tuyaux.

Le buffet

Les orgues d'église ont souvent un rôle décoratif important.

Le buffet, dont la fonction initiale est de cacher, de protéger et de soutenir les autres organes, est alors une oeuvre d'ébénisterie très travaillée, alternant parties de menuiserie richement sculptée et espaces occupés par les tuyaus de montre disposés en tourelles de nombre varié (2, 3, ou plus). Cette tendance est surtout celle de la période baroque.

L'orgue romantique a généralement une décoration moins chargée : il s'impose par son volume et son aspect monumental.

Dans la facture moderne, le buffet est souvent assez dépouillé et tend à mettre en valeur les tuyaux de montre comme principal élément décoratif.

Facteurs d'orgue célèbres

Principaux compositeurs

Période baroque

Cette période marque l'apogée de la littérature de l'instrument, servi par des musiciens de génie.

Voir aussi:
Écoles allemandes d'orgue
École française d'orgue

Périodes classique et romantique

L'orgue est délaissé par les grands compositeurs. C'est une période de décadence et de "léthargie". L'instrument se cantonne à un rôle d'accompagnement de la liturgie.

Seuls quelques grands compositeurs s'y intéressent (un peu) :

Période post-romantique

L'orgue, par ses possibilités largement supérieurs aux autres instruments de musique, peut remplace run orchestre à lui seul. C'est l'instrument de soliste par excellence.

Toutefois, il peut aussi servir d'accompagnement, de continuo et il a aussi été utilisé en combinaison dans des oeuvres telles que :

Quelques instruments d'exception

Divers

Le musicien jouant de l'orgue est nommé organiste. Le fabricant d'orgue est appelé facteur d'orgue.

Le mot orgue, du genre masculin au singulier, devient féminin au pluriel, à l'instar de délice et d'amour.


Voir aussi:

Musique


Du fait de la ressemblance, une arme a été nommée orgues de Staline




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