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Le titre Petits poèmes en prose est souvent suivi d’une forme de sous-titre Le spleen de Paris, qui est également le titre d’une partie des Fleurs du Mal. En effet, de son vivant, Baudelaire évoqua cette expression pour désigner son recueil qu’il complétait à mesure de son inspiration et de ses publications. D’ailleurs, le 7 février 1864, le journal Le Figaro publia quatre pièces appartenant aux Petits poèmes en prose sous le titre "Le Spleen de Paris". Ceci explique l’association étroite des deux titres. Depuis lors, le recueil porte ces deux noms.
La particularité de cet ouvrage réside dans l’absence de suivi entre les différentes pièces. En conséquence, il peut être lu au hasard des pages. On trouvera cependant une certaine récurrence des thèmes: des visions de Paris, le spleen / la mélancolie. De cette constatation découle naturellement l’explication du sous-titre.
Il convient de noter que la dernière pièce est un poème en vers, comme pour illustrer le fait que Baudelaire sut toujours écrire en vers et que ses poèmes en prose ne furent pas synonymes de facilité. Il est en effet aussi difficile d’écrire un texte en prose qu’un poème. Si l’auteur est libéré de la contrainte de la rime, il se doit tout de même de donner un rythme, une structure proche de la poésie à son écriture, de crainte de tomber dans le récit classique. À titre d’exemple, la XXXVIIe pièce "Les bienfaits de la lune" (1863) propose une symétrie entre deux paragraphes: mêmes phrases, même structure grammaticale et continuité dans le deuxième paragraphe de l’idée du premier. De même, la XLVIIIe pièce ''Anywhere out the World" (N’importe où hors du monde) (1867, posthume) est construite principalement autour de quatre semi-anaphores, quatre petites phrases basées sur la même idée et les mêmes mots et intercédant entre chaque paragraphe principal