Pierre Desproges, né le 9 mai 1939 à Pantin, mort le 18 avril 1988 d'un cancer, humoriste français. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris.
Célèbre pour son humour grinçant mis en valeur par une certaine aisance littéraire, Desproges s'est souvent illustré par ses sujets de plaisanterie inhabituels : comme il le disait lui-même, on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui. Ses traits d'humour mirent en valeur ses positions anti-militaires (Il ne faut pas désespérer des imbéciles. Avec un peu d’entraînement, on peut arriver à en faire des militaires) ou politiques (Il y a plus d’humanité dans l’œil d’un chien quand il remue la queue que dans la queue de Le Pen quand il remue son œil), mais il n'hésita pas à s'attaquer aux sujets les plus graves, comme la religion (Dieu a dit : "tu aimeras ton prochain comme toi-même", c'est vrai. Mais Dieu ou pas, j'ai horreur qu'on me tutoie, et puis je préfère moi-même, c'est pas de ma faute), et même sa propre maladie (Plus cancéreux que moi, tumeur !).
Il fut longtemps chroniqueur dans le Tribunal des flagrants délires en compagnie de Claude Villers et de Luis Rego. Il eut aussi une chronique quotidienne sur France Inter intitulée Chronique de la haîne ordinaire. Il anima en compagnie de Thierry Le Luron l'émission hebdomaire les Parasites sur l'antenne.
Sa prestation dans le Petit Rapporteur reste dans l'esprit des amateurs d'humour noir et de cynisme.
Il a assuré aussi sur FR3 une chronique intitulée ''La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède.
Citations
- Il faut toujours faire un choix, comme disait Himmler en quittant Auschwitz pour aller visiter la Hollande, on ne peut pas être à la fois au four et au moulin !
- S'il n'y avait pas la science, malheureux cloportes suintants d'ingratitude aveugle et d'ignorance crasse, s'il n'y avait pas la Science, combien d'entre nous pourraient profiter de leur cancer pendant plus de cinq ans ?
- Peut-on appeler "écrire" n'importe quelle tentative de représentation d'une ébauche de pensée par le biais de symboles graphiques incohérents couchés dans le désordre au mépris total de la grammaire, de la syntaxe, de l'orthographe et du souvenir de mon aïeule Germaine Philippin, institutrice de l'époque missionnaire, qu'une cédille oubliée décourageait aux larmes.
- Je viens de rompre avec Dieu. Je ne l'aime plus. En amour, on est toujours deux. Un qui s'emmerde et un qui est malheureux. Depuis quelque temps, Dieu me semblait très malheureux. Alors, j'ai rompu.
- Les orphelins ne s'imaginent pas l'acharnement à survivre dont sont capables certains octogénaires pour le seul plaisir de raconter leurs congés payés au Tréport en 36 à des gens qui s'en foutent. Ça dort à peine trois heures par nuit, ça consomme cent vingt-cinq grammes de mou par jour, ça ne tient pas plus debout qu'un scénario de Godard, mais ça cause...
- On ne m’ôtera pas de l’idée que, pendant la dernière guerre mondiale de nombreux Juifs ont eu une attitude carrément hostile à l’égard du régime nazi.
- Quand quarante mille Juifs s’entassent au Vel d’Hiv’, il faudrait être armé d’une singulière mauvaise foi pour les taxer de snobisme.
- « Faute avouée est à moitié pardonnée », disait Pie XII à Himmler.
- C'est plus fort que moi : plus la situation est sombre, plus j'en ris. Juif aux années sombres, j'aurais sans doute contrepété aux portes des chambres à gaz, n'eussent été les menaces du fouet. (j'ai horreur qu'on me fouette quand je contrepète.)
- Si on ne parlait que de ce qu'on a vu, est-ce que les curés parleraient de Dieu ? Est-ce que le pape parlerait du stérilet de ma belle-sœur ? Est-ce que Giscard parlerait des pauvres ? Est-ce que les communistes parleraient de liberté ? Est-ce que je parlerais des communistes ?
- Aujourd’hui encore, quand on fait l’inventaire des ustensiles de cuisine que les balaises du Jésus’fan Club n’hésitaient pas à enfoncer sous les ongles des hérétiques, ce n’est pas sans une légitime appréhension qu’on va chez sa manucure.
- L’amour... il y a ceux qui en parlent et il y a ceux qui le font. À partir de quoi il m’apparaît urgent de me taire.
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