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La première quête
Le personnage Jésus marque une coupure dans la pratique religieuse et une continuité dans les concepts utilisés dans l'histoire des religions occidentales et orientales.
Avant lui, personne n'a essayé de concevoir une histoire de la vie de Jésus. Martin Luther n'avait pas même ressenti ce qu'il pourrait gagner à se faire une idée claire de l'ordre des événements rapporté dans les évangiles. À propos de la chronologie de l'expulsion des marchands du temple, qui, chez Jean tombe au début, et dans les Synoptiques survient à la fin, de la vie publique de Jésus, il remarque : « Les Évangiles ne suivent aucun ordre en rapportant les actes et les miracles de Jésus, et, après tout, la matière n'est pas de grande importance. Si une difficulté surgit concernant l'Écriture Sainte que nous ne pouvons résoudre, il suffit de laisser tomber. »
Quand les théologiens lutheriens commencent à considérer la possibilité d'harmoniser les événements, l'état des choses est encore plus mauvais. Andreas Osiander (1498-1552), dans son harmonie des évangiles, (1537) maintient le principe qu'un événement rapporté plus d'une fois dans le évangiles, dans différents contextes, s'est produit plus d'une fois et dans différents contextes. La fille de Jairus a été donc ressuscitée des morts plusieurs fois ; en une occasion, Jésus permet aux démons expulsés hors du corps d'un seul possédé simple d'entrer dans un troupeau de porcs, et dans une autre occasion, ces démons sont expulsés de deux possédés ; de même, il y aurait eu deux expulsions des marchands du temple, et ainsi de suite. La première formulation du problème des évangiles synoptiques comme récits interdépendant a été formulée par Griesbach. La seule vie de Jésus écrite qui présente un intérêt pour l'historien, composée avant la période de Reimarus le fut par un Jésuite en langue persane. L'auteur était le missionnaire indien Hieronymus Xavier, neveu de François Xavier, et conçu pour l'usage d'Akbar, l'empereur des Moghols, qui, dans la dernière partie du seizième siècle, était devenu le empereur le plus puissant de l'Hindustan et avait entrepris de connaître les religions présentes sur son territoire afin d'édicter un édit de tolérance. Au dix-septième siècle, le texte persan est apporté en Europe par un négociant, puis traduit en latin par Louis de Dieu, un théologien réformé. C'est une habile falsification où les omissions sont complétées d'additions prises dans les Apocryphes, inspirée par l'unique but de présenter au prince à l'esprit ouvert un glorieux Jésus, qui ne l'offense en rien.
Humble professeur de langues orientales, son chef d'œuvre de 4000 pages ne fut distribué qu'à ses amis sous une couverture anonyme. Il en édita quelques chapîtres sous forme de tirés à part :
Les « preuves » dites de l'inexistence de Jésus (terme impropre car trop fort, étant donné l'impossibilité logique de prouver une inexistence) sont basées sur les contradictions entre les divers évangiles. Ces contradictions sont bien connues de l'exégèse moderne qu'elle soit confessionnelle ou laïque et largement étudiées en terme de couches rédactionnelles et d'arétalogie. Nombre de récits sur la vie de Jésus ne doivent pas être compris comme historiques au sens où nous comprenons l'histoire de nos jours. Ils sont des motifs tirés du croyable disponible c'est-à-dire du réalisme poétique ; l'élucidation de ce symbolisme donner accès à une vérité anthropologique.
Spécifiquement, consulter l'ouvrage de Serge Bardet, Testimonium Flavianum (CERF) qui envisage la centaine d'interprétations au cours des temps dudit témoignage et montre combien l'interprétation qu'on en donne dépend du courant religieux ou athée dont on se réclame mais révèle la volonté de substituer une interprétation unique à la multiplicité des itnerprétations possibles. Serge Bardet en propose une inédite qui bénéficie de l'accord de la plupart des équipes de chercheurs sérieux (c'est-à-dire d'accord avec la thèse).
Ceci dit, bien qu'elle soit logiquement impossible à démontrer, l'hypothèse d'un Jésus mythique reste explorée (au titre de l'histoire contre-factuelle qui envisage toutes les hypothèses pour sortir des apories nées de l'excès des dogmatismes). C'est l'objet du travail du
Jesus Puzzle[en],
Si les deux premières thèses du Jésus mythique méritent attention parce qu'elles se fondent sur une bonne connaissance de la Bible et de ses langues, la troisième thèse, celle de Bernard Dubourg n'est mentionnée que pour mémoire, en cela que :
Bernard Dubourg est l'auteur d'un ouvrage publié en français en 1989 et intitulé L'Invention de Jésus. Selon Bernard Dubourg, Jésus n'a pas d'existence historique, il n'est qu'un mythe provenant de la kabbale juive. Bernard Dubourg fonde sa thèse sur l'idée selon laquelle le nouveau testament ne serait qu'une traduction de textes hébraïques remontant à plusieurs siècles avant notre ère. Ces textes seraient donc non pas de nature historiques mais de nature uniquement mystiques et symboliques.
Pour Bernard Dubourg, Jésus est la traduction latine de Josué, qui signifie en hébreu « Dieu a sauvé, Dieu sauve, Dieu sauvera ». Selon lui, les anciens textes hébraïques se référant à Josué auraient été traduits en grec au IIIe siècle de notre ère. À partir de cette époque, on serait passé d'une interprétation métaphorique à une interprétation historique des textes, donnant naissance à la version latine connue aujourd'hui sous le nom de Nouveau Testament, et propagée par la suite par les chrétiens dans tout l'Empire romain.
Selon Bernard Dubourg, le christianisme aurait existé plusieurs siècles avant notre ère sous la forme d'une secte juive prônant une nouvelle alliance entre Dieu et les hommes et pour qui l'idée du messie avait un caractère métaphorique et intemporel. Par la suite, le christianisme aurait progressivement glissé vers une conception historique et temporelle du messie, perçu comme pouvant exister dans l'avenir, le présent, et le passé, puis enfin comme ayant réellement existé dans un passé mythique. L'institutionnalisation du christianisme au IIIe siècle de notre ère aurait alors transformé le mythe de Josué en un récit historique : le Nouveau Testament.
L'Invention de Jésus a été publié en deux tomes aux éditions Gallimard.
1778, Hermann Samuel Reimarus initie la première quête
Il demeure inconnu de ses contemporains ; c'est Strauss qui fait connaître son nom en littérature. Le fragment sur les objectifs de Jésus et de ses Disciples est un travail fondamental. Cet essai est non seulement un des plus grands événements dans l'histoire de la critique, il est également un chef-d'œuvre de la littérature générale. Pour la première fois,un esprit vraiment historique, complètement familier avec les sources, avait entrepris la critique de la tradition.
La deuxième quête
Ecole rationaliste
H.E.G. Paulus (1828)École mythologique : D.F. Strauss
La Vie de Jésus [en] examinée d'un point de vue critique par le Dr David Friedrich Strauss est en cours de publication sur l'Internet. Elle est, en effet, du domaine public.
Sa théorie est mythologique : le Christ des évangiles, sauf le pauvre contour de l'histoire personnelle, est la création involontaire de l'espérance messianique du premier christianisme. Il applique avec une rigueur impitoyable sa théorie aux récits évangéliques. Sa théorie quant aux miracles est étroite, et Friedrich-Christian Baur se plaindra que sa critique de l'histoire des évangiles n'avait pas été précédée par la critique textuelle préliminaire essentielle des évangiles eux-mêmes.Ecole Libérale
L'excommunication de Loisy porte un coup d'arrêt à la recherche théologique française sur la Vie de Jésus. La main passe aux rationalistes.
crise modernisteEcole apocalyptique
J. Weiss(1892)
Albert Schweitzer (1902)
Rudolph Bultmann et l'exégèse historico-critique
La troisième quête
à suivreAutour de la 3e quête
Thèses du Jésus mythique
Le livre de Bernard Dubourg est à mettre au nombre des pièges tendus au néophyte autour de la troisième quête par les polygraphes en quête de sensationnel.
Thèse de Maurice Goguel
Thèse de Earl Doherty
Thèse de Bernard Dubourg
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