Quôc-ngu

Le (chữ) quốc ngữ (« écriture de la langue nationale ») est une romanisation de la langue vietnamienne possédant le statut d'orthographe officielle. Il a remplacé d'anciennes écritures locales, comme le chữ nôm, système d'idéo-phonogrammes formés à partir des sinogrammes et utilisé entre le IIe siècle avant notre ère et le XXe de notre ère, ainsi que le chữ Hán, « écriture chinoise », (ou chữ nho, « écriture savante »), qui est simplement du chinois classique ; la langue chinoise a en effet été celle de l'administration et du pouvoir pendant la domination chinoise (de 111 avant notre ère à 939 de notre ère).

Table of contents
1 Origines
2 Structure
3 Lettres
4 Diacritiques pour les tons
5 Articles connexes

Origines

C'est un jésuite français, Alexandre de Rhodes (1591-1660), qui a amélioré et systématisé des systèmes de transcription de ses prédecesseurs missionaires dont les travaux servaient principalement à des fins d'évangélisation. Cette transcription devenue très populaire a acquis le statut d'orthographe officielle de la langue en 1918 (en concurrence jusque là avec les deux autres écritures). Elle utilise donc l'alphabet latin, auquel s'ajoutent maints diacritiques servant à noter tant la valeur phonétique de certaines voyelles que les tons de la langue.

Structure

Le quốc ngữ suit les mêmes principes que le pinyin : la transcription est phonologique et non phonétique ; la notation alphabétique d'une langue isolante comme le vietnamien dissimule certains faits inhérents à la structure syllabique de la langue : les phonèmes, en effet, ne sont pas en distribution libre ; chaque élément de la syllabe, attaque, noyau et coda, ne peut être occupé que par certains phonèmes. Présenter le quốc ngữ de manière alphabétique nécessite donc d'indiquer quelles positions chaque phonème peut représenter. Pour plus de détails, consulter l'article « prononciation du vietnamien ».

Lettres

Lorsque un digramme est écrit sur la même ligne qu'une lettre simple, il ne s'agit que d'un allographe contextuel, qui ne possède pas le statut de caractère indépendant (à la manière de notre digramme ge dans geôle, qui ne représente que « g doux » devant a, o et u). Les valeurs phonétiques sont indiquées en API. Quand deux valeurs sont fournies, la première est celle du vietnamien du Nord, la seconde celle du Sud ; comme il existe de nombreuses variations dialectales, ces valeurs sont les plus communes.

Lettre Valeur Position syllabique   Lettre Valeur Position syllabique
attaque noyau coda     attaque noyau coda
a
ɑ   X   ng, ngh ŋ X   X
ă a   X   nh ɲ X   X
â ɐ   X   o ɔ   X  
b ɓ       ô o   X  
c k X   X ơ ɤ   X  
ch c X   X p p X   X
d z X     ph f X    
đ ɗ̺ X     q k X    
e ε   X   r z
X    
ê e   X   s s, ʃ
X    
g, gh ɣ X   X t t X   X
gi z, ʒ       th X    
h ɦ, h       tr c, ʈ
X    
i i   X   u u   X  
k k X     ư ɯ   X  
kh x X     v v X    
l l X     x s X    
m m X   X y i   X  

Les diacritiques utilisés, outre la barre du đ (lettre à ne pas confondre avec un edh ð germanique), concernent principalement les voyelles :

Les usages des langues romanes, particulièrement ceux du portugais, se retrouvent dans l'orthographe (les travaux d'Alexandre de Rhodes, en effet, reprenaient ceux de missionnaires portugais) :

Diacritiques pour les tons

Le vietnamien standard possède six
tons, lesquels sont notés dans l'écriture au moyen de cinq diacritiques (le ton moyen plat n'étant pas représenté). Ces diacritiques s'ajoutent à ceux que portent, le cas échéant, les voyelles.

Les tons du vietnamien sont décrits en détail dans l'article Prononciation du vietnamien.

Nom Type (registe : modulation) Exemple Sens
ngang moyen : traînant gai épine
sắc haut : montant avoir
huyền bas : traînant trà thé
hỏi moyen : tombant-montant hưởng apprécier
ngã haut : montant glottalisé mỹ beauté
nặng bas : tombant glottalisé lại venir

Articles connexes